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Economie

Wael Ghonim révèle être l'administrateur d'un influent groupe Facebook anti-Moubarak

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 08/02/2011

Libéré lundi, le représentant de Google au Moyen-Orient et en Afrique du Nord a reconnu être l’administrateur du groupe Facebook baptisé "We Are All Khaled Said". Les manifestants lui demandent désormais de prendre la tête de la contestation.

À l’écran, Wael Ghonim s'effondre en larmes. Lundi soir sur la chaîne de télévision privée égyptienne Dream TV, le représentant de Google pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord raconte les 12 jours qu'il a passés dans les geôles égyptiennes depuis son arrestation, le 28 janvier. Interrogé par la journaliste, il répète encore et toujours : "Je ne suis pas un traître", "Je peux tout supporter mais pas qu’on m’accuse de trahir l’Égypte".

Pour la première fois pendant l'émission, Wael Ghonim a aussi et surtout reconnu être "El Shaheed", l’administrateur anonyme du très influent groupe Facebook "We Are All Khaled Said" ("Nous sommes tous des Khaled Said"). Créé après qu'un blogueur a été battu à mort par la police en juin 2010, le mouvement est devenu l’un des acteurs les plus actifs de la contestation égyptienne.

La vidéo sous-titrée en anglais de l'entretien sur Dream TV

Dans la rue, les anti-Moubarak ont accueilli la libération de celui qui s’est également occupé de créer le site internet de Mohamed El-Baradei, l’ex-patron de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) - et aujourd’hui l’une des principales figures de l’opposition à Hosni Moubarak - avec joie. Sa disparition avait engendré un vaste mouvement de soutien en ligne. Certains avaient même fait de sa libération un préalable à tout dialogue avec le pouvoir.

Sur Facebook, un groupe, qui revendique mardi matin plus de 100 000 membres, demande maintenant à Wael Ghonim d'accepter de devenir le porte-parole du mouvement de contestation du régime d’Hosni Moubarak... Un costume que cet employé de Google ne semble pas prêt à endosser. "Je n’ai fait que la partie facile du travail : écrire sur Internet. Les vrais héros de ce mouvement sont ceux qui ont eu le courage de descendre dans la rue", a-t-il expliqué à Dream TV.

Sur les conditions de sa détention, Wael Ghonim assure "qu’il a été traité avec beaucoup de respect" et qu’il "n’a subi aucune maltraitance".

Peu après sa libération, celui-ci a également fait son grand retour sur Twitter. "La liberté est une bénédiction pour laquelle il faut se battre", a-t-il d’abord écrit avant de remercier Google d’avoir " tant entrepris pour le rechercher".

Première publication : 08/02/2011

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