Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

REVUE DE PRESSE

Séisme : "Le Népal dévasté"

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

Népal : "Le toit du monde s'est écroulé"

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCONOMIE

Volkswagen : sortie de route pour le patriarche Ferdinand Piëch

En savoir plus

FOCUS

Hacking et cybersécurité : la France face au terrorisme connecté

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Le Malien Birama Sidibé candidat à la présidence de la Banque africaine de développement

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

La France peut-elle faire pression pour éviter l'exécution de Serge Atlaoui ?

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Migrants en Méditerranée : l'absence de stratégie en Europe mise en cause

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Génocide des Arméniens : déni et mémoire se côtoient cent ans après

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Loi santé : ce qui va changer

En savoir plus

Economie

Le PDG de Nokia descend son entreprise en flamme

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 09/02/2011

Stephen Elop a vivement critiqué la situation de Nokia dans un mémo interne obtenu par le site Engadget. Pour faire face à la concurrence, il préconise une révolution au sein du groupe qui pourrait passer par un rapprochement avec Microsoft.

La maison Nokia brûle. Ce n’est pas un quelconque analyste financier, mais Stephen Elop, le PDG lui-même, qui l’affirme. Dans un étonnant mémo envoyé à ses employés et publié mardi par Engadget, un site américain spécialisé dans les nouvelles technologies, le patron du géant finlandais des télécommunications appelle à une révolution interne. Sans quoi, Nokia n’aurait plus de raison d’être. Et Stephen Elop ne prend pas de gant pour le souligner.

Il compare la situation de l’entreprise à celle d’un employé sur une plateforme pétrolière qui a pris feu. L’homme a "le choix entre attendre et mourir ou effectuer un saut de 30 mètres dans l’eau glacée, il décide de sauter dans l’inconnu". Dans cette histoire, l’employé s’en sort, sauvé des flots par une force extérieure.

En d’autres termes, rien ne va plus chez l’ex-leader incontesté du secteur des smartphones et Stephen Elop suggère de trouver de l’aide ailleurs. L’homme d’affaires canadien, arrivé à la tête de Nokia en septembre dernier, n’est pas avare de critiques à l’égard de ses prédécesseurs. Il évoque des "occasions manquées", un "défaut de collaboration" et un "manque de leadership" au sein de l’entreprise. En bref, "nous avons alimenté le feu naissant sur notre plateforme", conclut-il.

"Incroyable"

Dans sa configuration actuelle, Nokia n’aurait aucune chance de survie. "Apple, avec l’iPhone, domine le segment des smartphones haut de gamme, les téléphones Android [de Google, NDLR] ont pris d’assaut le moyen de game et les marques chinoises grignotent nos parts de marchés dans les pays émergents", analyse Stephen Elop.

Face à cette concurrence, Nokia resterait atone. "Nous n’avons toujours pas de concurrent sérieux à l’iPhone et cette semaine Android a pris notre place en tant que leader du marché en volume de smartphones vendus, c’est incroyable", regrette le PDG de la marque finlandaise.

Il appelle à un changement "majeur" de direction, mais n’en indique pas les contours. Pas étonnant : le ton brutal employé et le timing de la fuite ne sont probablement pas dûs au hasard. Vendredi prochain, Nokia organise son grand raout annuel. Stephen Elop espère sans doute préparer les esprits de ses employés à quelques grandes annonces prévues. Le fait qu’un mémo aussi important se soit retrouvé entre les mains de la presse présente aussi l’avantage de faire monter le buzz autour du rendez-vous de vendredi.

Chute

La presse spécialisée pense d’ailleurs avoir trouvé le lièvre qui se cache dans ce texte. Nokia s’apprêterait à annoncer un partenariat avec Microsoft et ses Windows Phone 7 ou avec Google. Le finlandais construirait les téléphones mais utiliserait les systèmes d’exploitation soit de Microsoft (Windows) soit de Google (Android). Il s’agirait d’une vraie révolution pour le fabricant qui a jusqu’alors utilisé une technologie rachetée en 2008 baptisée Symbian. Le parcours de Stephen Elop, un ancien de Microsoft, plaiderait en outre pour un rapprochement avec le géant de Redmond.

Surtout, les chiffres ne laissent pas beaucoup de marge de manœuvre à Nokia. En deux ans, il a perdu près de 10 % de parts de marché. Dans un secteur où Apple et Google enregistrent des profits en hausse de plus de 50 %, ceux de Nokia chutent. Sur les trois derniers mois de 2010, le groupe finlandais avait fait 745 millions d’euros de profits contre 948 millions d’euros un an plus tôt.

Crédit photo : Micky.!/Flickr

Première publication : 09/02/2011

COMMENTAIRE(S)