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Afrique

Le chef de la diplomatie démissionne après des déclarations inopportunes

Texte par Dépêche

Dernière modification : 13/02/2011

Le ministre tunisien des Affaires étrangères, Ahmed Ounaïes, n'a pas pu reprendre ses fonctions. Le chef de la diplomatie du gouvernement tunisien était critiqué pour ses propos après sa rencontre avec son homologue française Michèle Alliot-Marie.

AFP - Le chef de la diplomatie tunisienne Ahmed Ounaïes a présenté dimanche sa démission à la veille de la visite en Tunisie de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton et alors que des milliers de clandestins tunisiens sont arrivés en Italie, a indiqué l'agence TAP.

"Dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, Ahmed Ounaïes a présenté aujourd'hui sa démission du gouvernement de transition", indique l'agence officielle.

Cet ancien ambassadeur à la retraite, âgé de 75 ans et qui a servi sous les présidence de Habib Bourguiba et de Zine El Abidine Ben Ali, avait été nommé secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères dans le premier gouvernement d'union nationale, le 17 janvier. Il était devenu ministre dans le gouvernement de transition remanié le 27 janvier par le Premier ministre Mohamed Ghannouchi.

Mais depuis une visite en France le 4 février, il n'avait quasiment pas repris ses fonctions, selon des sources diplomatiques.

Cet indépendant avait été chahuté le 7 février par des fonctionnaires des Affaires étrangères qui manifestaient devant et dans l'enceinte de son ministère en réclamant son départ immédiat après ses propos tenus à Paris. Il avait alors pris ses affaires et quitté son bureau.

En visite à Paris dont le ralliement tardif à la révolution populaire a fait grincer des dents à Tunis, M. Ounaïes n'avait pas tari d'éloges sur son homologue Michèle Alliot-Marie. "J'aime écouter Mme Alliot-Marie en toutes circonstances et dans toutes les tribunes", avait-il affirmé.

Il avait salué en elle "avant tout une amie de la Tunisie", alors que "MAM" était sommée au même moment de s'expliquer en France pour avoir bénéficié des largesses d'un grand patron tunisien lié en affaires au clan Ben Ali et pour avoir proposé au régime vacillant le "savoir-faire" des policiers français, alors que la répression battait son plein.

Il avait aussi été épinglé pour "déni de révolution" après des déclarations à la télévision privée tunisienne Nesma. Une caricature, le lendemain, à la Une du quotidien le Temps, le montrait, sous le titre "Le fou d'Alliot-Marie", entouré de petits coeurs, assis à côté de "MAM".

Sa démission intervient à la veille de la visite à Tunis de la chef de la diplomatie européenne et alors que l'Italie s'apprête à demander le déploiement de policiers italiens en Tunisie pour tenter d'empêcher les nombreux départs d'immigrants clandestins depuis ce pays.

Rome, qui craint une crise humanitaire, a déjà demandé à l'Union européenne de prendre rapidement une décision définitive, d'ici une dizaine de jours, sur le déploiement d'une mission Frontex pour patrouiller au large de la Tunisie.

Son départ représente aussi un nouveau couac pour le gouvernement de transition qui, selon hommes politiques et observateurs, navigue toujours à vue, un mois après la chute de Ben Ali, multipliant hésitations, erreurs de jugement et retours en arrière.

Première publication : 13/02/2011

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