Dernière modification : 08/03/2011 

- Design


Le mobilier interdit

La manufacture Henryot exporte ses sièges dans le monde entier et ose le mobilier érotique. Découvrez un fabricant de meubles hors pair.

Par Electron Libre

L'Opéra Garnier à Paris peut nourrir certains fantasmes. C'est ici qu'a été présenté pour la première fois la reproduction d'un mobilier unique du 18ème siècle. Un fauteuil et un guéridon ornés de sculptures pour le moins évocatrices, inspirés du cabinet secret de jeux érotiques de la tzarine Catherine II de Russie.

"La tzarine qui a vécu il a plus de 200 ans a créé dans son château favori 3, 4 pièces entièrement décorées de haut en bas avec des objets, des statues, des peintures, et ce fameux mobilier que les soldats allemands ont trouvé quand ils ont occupé le château en 1941." Raconte Peter Woditsch, l'auteur de l'ouvrage "Le secret perdu de Catherine La Grande".

Mais ce mobilier érotique a finalement été perdu et la Russie a toujours nié son existence. Pourtant, à partir d'une photo prise par la Wehrmacht, un fabricant de siège français a eu l'idée de recréer ces pièces exceptionnelles.

"Je ne souhaite pas que ce mobilier soit galvaudé. Je souhaite que ce mobilier reste quelque chose d'intime, quelque chose de secret. Donc 12 privilégiés dans le monde pourront acquérir ce guéridon et ce fauteuil." Explique Dominique Roitel, le PDG de Henryot & Compagnie.

Une série très limitée. Il faut dire que les sculptures représentent des centaines d'heures de fabrication.

"Je suis la 5e génération de menuisier en chaises et ébéniste. Mon arrière-arrière grand-père connaissait très bien l'art statuaire dans le style Henri 2. Cet art, nous l'avions perdu et je voulais retrouver l'art statuaire dans ma manufacture." Ajoute Dominique Roitel.

Une manufacture basée à Liffol le Grand, dans les Vosges. C'est ici que sont réalisés des sièges qui se retrouveront dans des endroits publics ou privés à travers le monde. Avant de faire dans la provocation, l'entreprise est surtout réputée pour fournir la Mobilier National et les grands hôtels.

"On a du Louis XV qui est ici, ce fauteuil, on a une bergère à oreille là-bas qui est Louis XVI. La manufacture fait de la production très haut de gamme au niveau siège. Les différents clients sont le Georges V, le Royal Monceau, de grands palaces à Paris ou même à l'étranger." Explique Lionel Beaux, le responsable de la production.

Depuis 1867, le savoir-faire se transmet de génération en génération. Dans les ateliers, une cinquantaine d'ouvriers réalisent chaque pièce à la main, du débit à la finition, en passant par toutes les étapes de menuiserie et de sculptures. Grâce à cette tradition locale, la manufacture s'est assurée la collaboration des plus grands décorateurs.

"Ici on a la chaise Pinto, ici on a une chaise Putman. Ici on a le fauteuil rocking-chair dessiné par Starck pour le restaurant Kong à Paris." Ajoute Lionel Beaux.

Preuve que le mobilier de style a réussi son ancrage dans le 21e siècle. D'ailleurs, ici on n'hésite pas à combiner l'ancien et le moderne, comme cette bergère high tech ou encore ce bureau avec un ordinateur intégré.

Adresse :
www.henryot-cie.fr
 


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