AFP - Le secrétaire d'Etat aux Transports, Thierry Mariani, a estimé mardi que les retards de trains à la SNCF relevaient en partie de "problèmes externes" comme les vols de fils de cuivre sur les voies, plaidant à cet égard pour des peines de prison plus sévères prévues par la loi.
Selon une étude menée sur certaines lignes par les cheminots de la CFDT et publiée la semaine passée, seul un train sur trois arrive à l'heure aux heures de pointe, près du tiers des retards (30,65%) étant imputables à la SNCF.
"Pourquoi il y a du retard ? Parce qu'effectivement il y a quelques problèmes à la SNCF, mais il y a aussi des problèmes externes. Par exemple, en ce moment nous sommes en train de moderniser de manière très forte les réseaux de chemins de fer et quand il y a des travaux ça entraîne des retards", a expliqué Thierry Mariani sur Canal+.
"Et puis, on a affaire en ce moment à une vague de vols de fils de cuivre sur les voies et je pense que cela doit être sanctionné de manière très claire", a-t-il affirmé, soulignant : "Le vol de câbles en ce moment, c'est catastrophique".
"Pour qu'une peine soit dissuasive, elle doit être réelle", a-t-il encore ajouté, précisant qu'il allait "demander une rencontre avec le garde des Sceaux".
"Ce genre de vol peut être sanctionné normalement jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende. J'ai eu hier soir (NDLR : lundi soir) le relevé des condamnations pour ce genre de faits : 70 heures de travaux d'intérêts généraux, huit mois d'emprisonnement avec sursis, un mois d'emprisonnement", a-t-il souligné.
Interrogé pour savoir s'il mettait en cause les juges, il a répondu : "Ce n'est pas la faute des juges. Les parlementaires votent des peines qui sont relativement fermes et j'ai simplement énuméré les peines qui avaient été prononcées jusqu'à présent. Franchement, neuf majeurs qui volent du cuivre, qui sont condamnés à huit mois avec sursis, est-ce que vous pensez que c'est dissuasif ? Je pose la question", a-t-il dit.
L'étude de la CFDT pointe, elle, parmi les causes externes des retards, l'engorgement des voies et des gares en cul de sac, la réalisation de travaux, les problèmes de signalisation et, à moindre titre, les actes de malveillance comme les vols de câble, les phénomènes climatiques et les suicides.
"La justice n'est pas laxiste. Elle a pleinement conscience de la gravité du phénomène des vols de métaux", a déclaré à l'AFP Olivier Pedro-José, porte-parole adjoint de la Chancellerie.
"Des réponses proportionnées à la gravité des faits sont apportées", a-t-il ajouté, indiquant que "dans certains cas des peines de prison ferme de plusieurs années ont été prononcées".







