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Afrique

500 Français "qui ont tout laissé derrière eux" ont été rapatriés

Texte par Dépêche

Dernière modification : 23/02/2011

Deux des trois vols militaires affrétés par la France ont rapatrié quelque 500 ressortissants français présents en Libye. Une quarantaine de bénévoles de la Croix Rouge ainsi qu'une cellule d'urgence médico-psychologique les attendaient à l'aéroport.

AFP - Stressés, les yeux fatigués, les Français rapatriés dans la nuit de Tripoli ont raconté la tension, l'attente et la peur dans la capitale libyenne où ils ont "tout laissé derrière eux", mercredi à l'aéroport de Roissy.

Débarqués, dans le froid, de deux vols militaires affrétés mardi, les quelques 500 rapatriés ont été accueillis à leur descente d'avion par une quarantaine de bénévoles de la Croix Rouge ainsi qu'une cellule d'urgence médico-psychologique.

"ils étaient extrêmement fatigués"

"Nous sommes soulagés", souffle une jeune maman avec sa fille dans les bras. Elle n'en dira pas plus.

Visiblement nerveuses, plusieurs familles refusent de répondre aux journalistes.

Environ 750 Français vivent en Libye en temps normal. Selon les estimations du ministère des Affaires étrangères, ils étaient autour de 500 quand la crise a éclaté.

Fanny, son fils de deux ans et demi dans les bras, explique qu'elle "n'a rien vu". "On est restés cloîtrés chez nous, dans un quartier calme pendant une semaine", explique-t-elle.

"On a eu peur pendant trois jours sans vraiment savoir pourquoi puisqu'on n'avait plus ni internet, ni téléphone", ajoute cette jeune enseignante.

"J'étais employée par les Libyens, j'étais prof, je laisse mes étudiants derrière moi", souffle-t-elle. Elle raconte avoir "fait des provisions dimanche en voyant les Libyens acheter en grand quantité".

"Mes étudiants m'expliquaient qu'il y avait des gens pour Kadhafi le jour et qu'ils étaient contre lui la nuit", raconte l'enseignante qui aura attendu 24 heures à l'aéroport avant de pouvoir rentrer.

Mahir Korucu, ingénieur chez SNCF Géodis, n'a "pas eu peur" car "il n'y avait pas de danger pour les +expats+". Il décrit une ambiance tendue, avec "personne dans les rues" et des "grosses mitrailleuses montées sur des 4x4".

"D'habitude on voyait la police, et là c'était l'armée avec des tanks qui était partout", témoigne le jeune homme qui vivait à Tripoli depuis deux ans: "on sentait que cela allait empirer".

"Je n'ai rien vu à part des milices armées de kalachnikov contrôlant les accès à l'aéroport", rapporte Jean-Pierre, cadre d'une entreprise dont il ne souhaite pas donner le nom. Et à l'aéroport, "c'était très compliqué, il y avait des milliers de personnes qui attendaient, c'étaient très long".

Il avoue avoir eu "un petit peu peur" en attendant le "feu vert pour rentrer". "La situation était dangereuse, on ne savait pas ce qui allait se passer".

Sa femme, Françoise, et leur deux enfants adolescents étaient rentrés lundi avec leur chien sur un vol commercial. "C'est la grande inconnue maintenant, on ne sait pas ce que nous allons faire", souligne Françoise.
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"Cela fait huit ans que nous étions en Libye, on a toute notre vie là-bas", renchérit son mari qui pense pourtant que "le carnage (300 morts selon un premier bilan officiel, ndlr) va continuer".

La famille espère "éventuellement y retourner". "On a rien en France, je suis rentré avec une valise", sourit Jean-Pierre.

Fanny a également tout laissé derrière elle: "l'appartement, nos salaires, nos affaires, tout", lance-t-elle en expliquant que "la solution de replis est d'aller vivre chez (ses) parents".

Première publication : 23/02/2011

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