Dernière modification : 25/02/2011 

- Irak - Nouri al-Maliki - Politique irakienne


Quinze morts à l'occasion d'une "journée de la colère" contre l'impéritie des autorités

Quinze morts à l'occasion d'une "journée de la colère" contre l'impéritie des autorités

Des milliers d'Irakiens sont descendus dans la rue pour protester contre la corruption, le chômage et la médiocrité des services publics irakiens. Des heurts entre la police et les manifestants ont fait 15 morts dans cinq villes du pays.

Par Dépêche (texte)
 

AFP - La "Journée de la colère" contre l'impéritie du gouvernement irakien et la concussion a tourné vendredi à la violence avec la mort par balles de quinze manifestants dans tout le pays lors d'affrontements avec les forces de sécurité.

Selon la police et les hôpitaux, il y a eu cinq morts à Mossoul (nord), deux à Hawija, dans la riche province pétrolière de Kirkouk, cinq à Tikrit et deux à Samarra (centre), et un jeune de 15 ans à Calar, une localité kurde dans la province de Diyala.

Monde arabe : les raisons de la révolte
Cliquez ici pour voir la carte interactive

Cela porte à 19 manifestants et un policier le nombre des tués depuis le début de la contestation il y a trois semaines.

En outre, 134 personnes, dont 21 policiers et soldats, ont été blessées dans une dizaine de villes et quatre bâtiments publics incendiés.

Dans cinq villes, dont la capitale, l'interdiction de circuler était maintenu jusqu'à samedi.

A Bagdad, les forces de sécurité ont utilisé canons à eau et grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants qui leur lançaient des pierres.

Les Bagdadiens ont dû marcher jusqu'à la place Tahrir, dans le centre de la capitale, le commandement militaire ayant interdit toute circulation automobile. Des restrictions ont également été imposées sur les manifestations à travers le pays.

Au milieu d'un important déploiement militaire et policier, quelque 5.000 manifestants étaient rassemblés place Tahrir.

Les forces de sécurité ont bloqué avec de grands blocs de béton l'entrée du pont al-Joumhouriya menant à la zone verte, le secteur ultra-sécurisé qui abrite le siège du gouvernement et l'ambassade des Etats-Unis.

Des manifestants sont parvenus à renverser quatre blocs et ont jeté pierres, chaussures et bouteilles d'eau sur la police anti-émeute et les soldats qui ont réussi à les bloquer.

Le député Sabah al-Saadi, venu à la rencontre des manifestants, a été accueilli par des huées. "Pourquoi les députés touchent-ils des millions de dinars par mois alors que nous, nous n'avons rien?", lui a-t-on lancé.

S'inspirant des révoltes en Tunisie et en Egypte, un mouvement dénommé "la Révolution de la colère irakienne" avait appelé via Facebook à manifester pour "le changement, la liberté et une démocratie véritable".

La majorité des organisateurs insistent sur leurs seules revendications de "réformes". "Il ne s'agit pas de faire tomber le gouvernement", soulignent-ils.

"Je suis venu à pied de Sadr City (quartier misérable dans l'est de Bagdad), ça m'a pris deux heures, mais j'ai décidé de venir parce que je veux que le gouvernement change la situation", a dit Chachef Chenchoun, chômeur de 48 ans.

"Nous n'avons ni électricité, ni eau, mais Abou Isra (surnom du Premier ministre Nouri al-Maliki) s'en lave les mains", se plaint Oum Safaa, mère de famille de 45 ans.

Son amie, Souad Mohammad, 40 ans, renchérit: "J'aurais mieux fait de me couper le doigt plutôt que de le tremper dans l'encre quand j'ai voté".

Les organisateurs avaient épinglé sur eux une feuille sur laquelle on pouvait lire: "Nous sommes des civils, nous sommes pacifiques".

Après la manifestation, M. Maliki, qui la veille avait qualifié les manifestants de "partisans de l'ancien dictateur Saddam Hussein et de terroristes", a remercié les protestataires "qui ont montré un sens des responsabilités et n'ont pas laissé les terroristes mener à bien leurs actions".

Le chef radical chiite Moqtada al-Sadr a demandé à ses partisans de donner au gouvernement un délai de six mois pour faire ses preuves.

Dans le Sud, le gouverneur de Bassora a démissionné à la suite d'une manifestation ayant rassemblé quelque 3.000 personnes.

Pour tenter de calmer la grogne, le gouvernement a récemment multiplié les gestes, augmentant notamment d'un milliard de dollars le montant alloué aux rations alimentaires distribuées à six millions de familles.

 

Commentaires (1)

Ah, USA et UE vont aussi blocquer les avoirs ?

Par soucis d'équité, l'union européenne et mariée au USA, vont certainement dans un soucis d'équité, blocquer les avoir des responsables de la tuerie Irakienne?

AH pardons, ce sont les USA et les soldats de l'Europe qui font du maintien de l'ordre en Irak, et les soldats Irakien ont été formés par les USA et l'UE. Serais se à dire que nous allons nous blocquer nos propres avoir pour protester contre notre mauvaise gestion de la protestation des peuples!

Ah, mais oui, rien à voir, comprenons que le maintiens de l'ordre est bon quand ce sont les USA et l'UE qui le décident et à l'inverse quand c'est un pays autre, ce n'est plus légitime.

Voila donc,c'est dit, la liberté est à géométrie variable, selon qu'elle serve les intérets des pays riches, ou simplement ceux du pouvoir en place!

Bon, tout ça nous amene à dire que les banque te le fric commandera demain dans nos foyers...

Réagir à cet article
To prevent automated spam submissions leave this field empty.

Sur le même sujet

 
 
 
Fermer