Dernière modification : 25/02/2011 

- Kosovo - ONU - Trafic d'organes


Pour la justice serbe, la mauvaise volonté de l'ONU entrave l'enquête sur le trafic d'organes au Kosovo

Pour la justice serbe, la mauvaise volonté de l'ONU entrave l'enquête sur le trafic d'organes au Kosovo

Pour l'adjoint du procureur de la République de Serbie (photo), les Nations unies auraient dissimulé plusieurs éléments de l'enquête portant sur un trafic d’organes présumé à la fin de la guerre du Kosovo, en 1999. Entretien.

Par Laurent ROUY , correspondant à Belgrade (texte)
 

 
Selon Bruno Vekaric, adjoint du procureur de la République de Serbie chargé d’enquêter sur les crimes de guerre, l’ONU aurait en partie dissimulé la vérité à propos de son enquête sur les allégations de trafic d’organes par l’Armée de libération du Kosovo (UCK) à la fin de la guerre du Kosovo (1999). Pour preuve, l’échange de lettres entre le bureau du procureur serbe et la mission des Nations unies au Kosovo (Minuk) obtenues par FRANCE 24.

Les propos de Bruno Vekaric font suite à la publication par FRANCE 24 d'un document confidentiel de l'ONU montrant qu’une enquête avait été ouverte dès 2003 par les Nations unies sur les crimes commis par l’UCK juste après la guerre. Mais le résultat des recherches, qui fait état d’un trafic d’organes prélevés sur des victimes serbes, n’a jamais été communiqué à Eulex, la mission de police et de justice de l’Union européenne au Kosovo.

Ces allégations ont récemment fait l’objet d’un rapport du Conseil de l’Europe de décembre 2010 dirigé par le député suisse Dick Marty.

 

 

FRANCE 24 - Vous enquêtez sur le trafic d’organes au Kosovo depuis 2008. Où en sont vos investigations ?

Bruno Vekaric - Nous avons beaucoup avancé, même si je ne peux pas vous communiquer les détails de nos travaux. Je peux simplement dire que nous pourrions facilement collaborer à une enquête internationale. Même si nous ne sommes pas encore en mesure de désigner des coupables, nous pouvons démontrer que ces crimes ont eu lieu sur le sol albanais.

 

Lettre du procureur serbe pour les crimes de guerre à la Minuk (avril 2008)

Lettre de la Minuk niant l'existence d'une enquête sur un trafic d'organes

  

Lettre du procureur serbe pour les crimes de guerre à la Minuk (novembre 2008)

 

 

F24 - Comment s’est déroulée la coopération avec les Nations unies et les autorités albanaises ?

B. V. - Pendant six mois, en 2008, la mission des Nations unies au Kosovo, la Minuk, nous a caché l’existence de documents que nous avions pu obtenir de façon informelle par un journaliste. Nous avons alors demandé de les obtenir officiellement, mais les Nations unies nous ont assuré ne rien savoir sur un supposé trafic d’organes. Nous avons alors envoyé une seconde lettre, accompagnée de la photocopie des documents que nous possédions. Le bureau des Nations unies de Pristina n’a pas répondu, et nous avons finalement reçu les documents officiels directement depuis le siège de l’ONU à New York.

Nous avons également pu disposer d’éléments prouvant que nos collègues albanais ont menti sur la nature des indices trouvés à la Maison jaune [la clinique secrète présumée, en territoire albanais, où le prélèvement des organes aurait eu lieu, NDLR].

Enfin, nous avons dû faire face à l’obstruction des autorités albanaises. Alors que le procureur albanais Ina Rama nous avait promis son aide, le ministère de la Justice de Tirana a précipitamment annulé toute coopération.

Aussi nous posons-nous un certain nombre de questions. Certaines personnes essaieraient-elles d’entraver l’enquête ? Les Nations unies ont-elles vraiment transmis à l’Eulex tous les documents dont elles disposent ? Les conditions d’une enquête équitable sont-elles réunies en Albanie et au Kosovo ?

F24 - Quel rôle ont joué les autres institutions ?

B. V. - Nous entretenons de bonnes relations avec le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye, qui nous a donné accès à sa base de données.

Quant à l’Eulex, je ne doute pas de sa bonne volonté. Aujourd’hui, elle enquête sur les camps de prisonniers clandestins qui s’étaient établis à l’époque dans le nord de l’Albanie. Mais pourquoi se penche-t-elle seulement maintenant sur la question ? Cela fait un moment que nous connaissons l’existence de ces camps, et nous avons établi que c’est là qu’étaient sélectionnées les victimes. Il est évident qu’à une certaine époque ces crimes étaient tabous.

 

F24 - De nombreux pays, dont les États-Unis, souhaitent que l’enquête sur le trafic d’organes présumé soit confiée à l’Eulex, dont le gouvernement serbe conteste pourtant la légitimité. Quelle est, selon vous, l’institution la plus à même de diriger l’enquête ?

B. V. - Nous soutenons la création d’un nouveau tribunal qui ne serait pas basé dans la région mais qui puisse collaborer avec l’Eulex. Ce serait le meilleur moyen de mettre les enquêteurs à l’abri des pressions et de garantir la protection des témoins kosovars. Il ne serait pas raisonnable de laisser l’enquête uniquement aux mains d’Eulex, de la justice albanaise et de la justice serbe. Mais il faudrait, pour cela, que les Nations unies fassent davantage preuve de bonne volonté. Et, pour l’instant, ce n’est pas le cas.

 

F24 - Pensez-vous que la protection des témoins puisse être assurée au Kosovo ?

B. V. - En ce qui concerne la protection des témoins, nous avons eu une mauvaise expérience lors du premier procès de Ramush Haradinaj [ancien leader de la guérilla de l’UCK et ex-Premier ministre du Kosovo] au TPI. Des personnes devant témoigner à charge durant le procès ont été tuées. D’autres, une fois à la barre, ont radicalement changé le sens de leur déposition. Ramush Haradinaj a finalement été libéré, et les meurtres des témoins n’ont jamais été élucidés [Haradinaj comparaît de nouveau à La Haye car le procureur du TPI a fait appel].

 

F24 - Cette affaire a-t-elle pris, selon vous, une tournure politique ?

B. V. - Il existe un réel conflit politique autour de ces crimes. Certains dirigeants dans la région, et dans le reste du monde, ont peur que leur élucidation ne ralentisse la reconnaissance par la communauté internationale de l’indépendance du Kosovo [l’indépendance du Kosovo est reconnue par 75 pays, dont les États-Unis et 22 membres de l’UE, mais pas par la Serbie et la Russie]. Mais un crime reste un crime.

Plus la sphère politique se mêlera de cette affaire, plus cela nuira à l’enquête. Les faits évoqués vont à l’encontre des valeurs de la civilisation. La cause politique ne peut pas légitimer le silence qui a longtemps prévalu dans cette affaire. Il est à craindre, en outre, que les pressions exercées par le gouvernement du Kosovo ne finissent par compromettre le travail de l’Eulex.

 

Commentaires (6)

n'est rien de plus que une

n'est rien de plus que une propagande de + contre des Albanais. vous croyez vraiment que le monde tolère de tels crimes ?????ha ha

jugement

malgre tous les crimes comis par les serbes les criminels courent toujours!!
qui les juge??? peut etre c'etait avec leur accord!!!

onu

evidemmenent que l'onu n'a pas reagi! vous pensez qu'ils ne savaient pas tt ce qui se passait? mais non ils sont trop occupes a courir apres les terroristes?les islamistes comme ils disent!
mais qui sont les terroristes en fin de compte??
revenons en arriere un peu
les serbes que n'ont ils pas fait?
partout en europe combien n'a t on pas vu des prises d'otages un p[eu partout meme ds les ecoles,non biuen sur ceux la ils les quqlifient de malades ,des gens a soigner ,des gens qui ont besoin de psy ,mais en fin de compte c'est l'europe e les usa qui ont besoin de psy a force de voir des islamistes partout au point qu'ils n'en dorment plus et ne voient plus ce qui se passe en realite ds leur propre pays
arretez de vous occuper des interets que vous pouvez tirer ailleurs regardez de quoi souffre votre peuple!!
si on entend pas des meutres ds les familles,on entend des viols et je ne sais pas quoi!!pourquoi vous ne parlez pas de tt ca a la une!!
vous vous melez de la vie des autres !!
lavez votre linge sale qui pue d'abord chers europeens et americains!

onu

evidemmenent que l'onu n'a pas reagi! vous pensez qu'ils ne savaient pas tt ce qui se passait? mais non ils sont trop occupes a courir apres les terroristes?les islamistes comme ils disent!
mais qui sont les terroristes en fin de compte??
revenons en arriere un peu
les serbes que n'ont ils pas fait?
partout en europe combien n'a t on pas vu des prises d'otages un p[eu partout meme ds les ecoles,non biuen sur ceux la ils les quqlifient de malades ,des gens a soigner ,des gens qui ont besoin de psy ,mais en fin de compte c'est l'europe e les usa qui ont besoin de psy a force de voir des islamistes partout au point qu'ils n'en dorment plus et ne voient plus ce qui se passe en realite ds leur propre pays
arretez de vous occuper des interets que vous pouvez tirer ailleurs regardez de quoi souffre votre peuple!!
si on entend pas des meutres ds les familles,on entend des viols et je ne sais pas quoi!!pourquoi vous ne parlez pas de tt ca a la une!!
vous vous melez de la vie des autres !!
lavez votre linge sale qui pue d'abord chers europeens et americains!

ça ne m'étonne pas

l'ONU a rarement été de bonne volonté. C'est le cas de l'ONUCI en Côte d'Ivoire qui se bat au côté des rebelles d'Allassane Ouattara pour décimer les forces de sécurité

evidament

evidament pendant tou ce temps de guerre il y eu des trafic des organes au sol albanais je dirai même plus, des masacres et carrement des femme encente tué avec le bébé dans ventre mais tous sa c est vennu pas les extremiste serbe qui ont pas de coeur et qu il savent faire la guerre que avec des civile femme et enfants si non c est pas les albanais qui sont allez cher eux faire la guerre mais c est eux qui son vennu au kosovo

Réagir à cet article
To prevent automated spam submissions leave this field empty.

Sur le même sujet

 
 
 
Fermer