Dernière modification : 04/03/2011 

- Libye - Réfugiés - Tunisie


Le camp de Choucha, première étape des travailleurs étrangers fuyant la Libye

Le camp de Choucha, première étape des travailleurs étrangers fuyant la Libye

Le camp de Choucha, à sept kilomètres de la frontière libyenne, accueille depuis douze jours les travailleurs étrangers fuyant l'ouest de la Libye. Ils sont désormais près de 15 000 à y vivre en attendant de rentrer chez eux.

Par Marie VALLA , envoyée spéciale au camp de Choucha (texte)
 

Qu'ils soient Tunisiens, Bangladais, Marocains ou Nigérians, tous racontent la même histoire. Ils ont fui précipitamment le spectre de la guerre civile en Libye pour se réfugier en Tunisie, mettant brutalement fin à une existence laborieuse qui leur permettait tant bien que mal de faire vivre leurs familles restées au pays. Galvanisés par leur propre révolution, des Tunisiens, jeunes comme vieux, affluent depuis plus d'une semaine, au camp de Choucha pour accueillir les réfugiés et leur venir en aide.

Pourtant, le contraste est grand entre les Égyptiens, pour lesquels les autorités se sont moblisées afin d'assurer leur rapatriement, et les Bangladais, dont le gouvernement peine à assurer leur prise en charge. Et personne ne sait combien de leurs compatriotes attendent de passer la frontière.

De la frontière libyenne au camp de Choucha
Deux travailleurs tunisiens passent à pied la frontière entre la Libye et la Tunisie. Toute la journée, des groupes plus ou moins denses de réfugiés, se sont succédé, traînant leurs maigres possessions.
© Marie Valla
Le côté tunisien de la frontière offre le spectacle de la remarquable mobilisation de la société tunisienne. Lycéens bénévoles venus en bus et boy scouts sont là pour accueillir ceux qui sont passés, et distribuer de l’eau et des casse-croûtes.
© Marie Valla
Toute la journée, les bus prennent les Égyptiens évacués à la frontière. Ils sont ensuite directement orientés vers l’aéroport de Djerba à 150 kilomètres, où un pont aérien financé par les autorités du Caire leur permettront de rejoindre leurs familles.
© Marie Valla
Des centaines de Bangladais sont, eux, réduits à marcher le long de la route en direction du camp, formant une colonne de six kilomètres dans la poussière. Au bout du chemin, l’espoir de pouvoir peut-être rentrer chez eux.
© Marie Valla
Le Bangladesh, qui n'a pas de représentation diplomatique en Tunisie, peine à financer et organiser le rapatriement de ses ressortissants ayant fui la Libye. Ils seraient 12 000 à vivre dans le camp, seuls 600 sont partis. Ici, une tentative de recensement. ©Marie Valla
Telecoms sans frontières - une ONG française, et sa dizaine de volontaires - permet aux réfugiés d'appeler le numéro de leur choix sans frais pendant trois minutes. La connection au réseau bangladais est la plus difficile à obtenir.
© Marie Valla
Imaimuddin (centre) est Bangladais. Les intermédiaires libyens de la société de BTP chinoise qui l'employait ont disparu avant de le payer. "On ne veut pas d'argent, on te veut toi", lui a dit sa femme restée au pays. Il ne sait pas quand il la rejoindra.
© Marie Valla
Queen, une Nigériane de 22 ans, est l'une des rares femmes du camp. Elle possédait un petit salon de coiffure à Zouara. Elle a tout quitté après avoir entendu Kadhafi promettre de se battre jusqu'à la dernière goutte de sang. Elle rêve de l'Europe.
© Marie Valla
Julio Pereira, 36 ans, a quitté la Guinée Bissau dans l'espoir de se faire embaucher par un patron pêcheur libyen. Il a dû se rabattre sur le BTP. Les Africains sub-sahariens sont suspectés d'être des mercenaires du régime libyen.
© Marie Valla
Malika, Marocaine de 55 ans, travaillait en Libye depuis 16 ans comme femme de ménage à l'hôpital de Zouara. Elle s'y plaisait, assure-t-elle, jusqu'à ce qu'elle prenne peur en voyant les nouvelles à la télévision.
© Marie Valla
C'est la deuxième fois que le Docteur Fathi Chouk, de Mahdia, vient au camp avec une cargaison d'antibiotiques et de matériels de perfusion. Une initiative individuelle qu'il explique par le nouveau vent de liberté qui souffle sur la Tunisie.
© Marie Valla
Les réfugiés ont fui par peur de ce qui pourrait arriver et non parce qu'ils ont été témoins directs de violences. Pour Wafa, psychologue de Tunis, ceci explique que les quelques enfants du camp ne montrent pas de réels traumatismes.
© Marie Valla
Le camp ne manque ni d'eau ni de nourriture grâce, entre autres, à la générosité des Tunisiens. Mais les efforts manquent parfois de coordination. En raison de l'absence de bébés, les paquets de couches sont distribués comme oreillers de fortune.
© Marie Valla
Le colonel major Mohammed Essoussi veille sur le camp depuis son ouverture il y a 12 jours. Les ONG comme l'Unicef en saluent l'organisation. Il vient pourtant d'apprendre son remplacement. Il laisse un camp prêt à accueillir la prochaine vague de réfugiés.
© M. Valla

    Commentaires (1)

    kadhaffi réveille toi !!

    ttes ces vagues de réfugiés : près de 100 000 réfugiés en Tunisie et des dizaines de milliers en Egypte.. et kadhaffi nie encore ce qui se passe en Libye !
    il est temps d'intervenir!!

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