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FRANCE

Un sondage donne Marine Le Pen en tête du premier tour de la présidentielle

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 06/03/2011

La présidente du Front national (FN) arriverait en tête du premier tour de la présidentielle de 2012, devant Nicolas Sarkozy et le candidat socialiste, selon un sondage Harris Interactive à paraître dimanche pour "Le Parisien".

AFP - La stratégie de Nicolas Sarkozy pour 2012, avec l'accent mis sur l'identité, les racines, notamment, chrétiennes de la France et l'immigration, semble pour l'instant peu payante face à une Marine Le Pen qui s'est appropriée la défense de la laïcité contre "l'islamisation" de la France.
              
Selon un sondage Harris interactive pour Le Parisien, à paraître dimanche, la présidente du Front national arriverait en tête au 1er tour de la présidentielle de 2012, avec 23% des intentions de vote, devant Nicolas Sarkozy et Martine Aubry (chacun à 21%).
              
Le sondage fait écho aux affirmations d'un proche de Marine Le Pen qui confiait il y a peu que "les trois pôles du paysage politique français, FN, UMP et PS se valent". A l'UMP et au PS, "ils ont du souci à se faire", jubilait-on, en revendiquant "30.000" encartés FN, "un chiffre qui gonfle tous les jours".
              
Certes, les sondages comportent toujours une marge d'erreur mais l'alarme est sonnée car c'est la première fois que la chef de file de l'extrême droite est donnée vainqueur du 1er tour de 2012, et que se dessine la perspective d'un nouveau 21-avril, à l'endroit ou à l'envers.
              
A gauche, on accuse le président de jouer avec feu. "C'est inquiétant, on sait qui a propagé l'incendie, c'est Nicolas Sarkozy", a affirmé le porte-parole du PS Benoît Hamon.
              
La patronne des socialistes, Martine Aubry, a épinglé la responsabilité du président qui "fait peur" aux Français en parlant comme il le fait de "l’identité nationale", "des Roms" ou des "immigrés", dans le sillage de son discours de Grenoble en juillet 2010.
              
En cause: le débat sur la laïcité, avec la place de l'islam en France, lancé par l'UMP de Jean-François Copé, à l'instigation de Nicolas Sarkozy qui espère ainsi récupérer tout ou partie des voix qu'il avait réussi à arracher au Front national en 2007.
              
Mais à droite aussi, des voix s'élèvent, celles de François Fillon, d'Alain Juppé ou d'Hervé de Charette, pour s'alarmer du lien fait entre laïcité et islam.
              
Henri Guaino, le conseiller spécial du président, lui aussi prudent sur le débat islam/laïcité, estime qu'il faut prendre le sondage avec précaution car "on est loin de l'échéance".
              
"Mais pourquoi est-ce que ce serait notre faute et pas celle des socialistes?", s'insurge auprès de l'AFP M. Guaino.
              
"Qu'il y ait un engouement pour Marine Le Pen, oui. Il ne faut pas prendre cela à la légère. Mais attention à ne pas surinterpréter ce sondage. Les Français expriment leur énervement, leurs inquiétudes. Ca ne veut pas dire qu'ils vont voter comme cela" en 2012, soutient-il.
              
Nicolas Sarkozy, pas encore candidat pour 2012 mais qui le sera selon toute probabilité, a déjà esquissé les grands thèmes de sa future campagne: outre le "travailler mieux" qui succède au "travailler plus pour gagner plus" de 2007, il a déjà décidé de mettre l'accent sur "l'identité", "les racines" et "l"héritage" de la France, comme vendredi, au Puy-en-Velay (Haute-Loire).
              
Il a surtout pris soin de ne pas employer les expressions "racines chrétiennes" ou d'accoler le qualificatif "nationale" quand il parle d'identité. "J'ai dû renoncer aux mots "identité nationale", ils n'avaient pas été compris, ils ont été le prétexte à trop de malentendus", avait-il dit à la télévision, en novembre dernier.
              
Selon le politologue Stéphane Rozès (Cpa), dans son entourage, "deux lignes s'opposent: une ligne républicaine représentée par Henri Guaino et une ligne nationaliste, représentée par Patrick Buisson".
              
Mais pour le moment, "dans la droite ligne du discours de Grenoble, c'est la ligne nationaliste qui l'emporte", analyse-t-il.
 

Première publication : 05/03/2011

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