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FRANCE

En visite au Caire, Alain Juppé apporte son soutien à la transition post-Moubarak

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 06/03/2011

Pour son premier voyage depuis sa prise de fonctions à la tête de la diplomatie française, Alain Juppé s'est employé à assurer les autorités égyptiennes de "l'engagement de la France face aux bouleversements extraordinaires" dans le monde arabe.

AFP - Le ministre français des Affaire étrangères Alain Juppé a effectué dimanche une visite au Caire pour assurer l'Egypte du soutien de la France pour réussir la transition et affirmer que Paris n'avait pas manqué de réactivité face aux bouleversements dans le monde arabe.

M. Juppé a déclaré que ce déplacement d'une journée, son premier voyage depuis sa prise de fonctions mardi, marquait "l'engagement de la France face aux bouleversements extraordinaires" dans le monde arabe.

Il a récusé les critiques contre le manque d'anticipation et de réactivité de Paris face à ces événements, assurant que "ces révolutions nous ont tous pris de court".

"Il n'est pas exact de dire que nous avons pris trop de temps à réagir" car "très vite nous nous sommes déclarés disponibles pour accompagner la marche vers la liberté" de ces pays, a-t-il ajouté.

La diplomatie française s'est vu reprocher de ne pas avoir vu venir les révolutions dans le monde arabe et d'avoir entretenu des liens privilégiés avec des dirigeants comme les ex-présidents tunisien Zine El Abidine Ben Ali et égyptien Hosni Moubarak, chassés sous la pression de leurs peuples.

M. Juppé a estimé que l'Egypte, pays le plus peuplé de la région, était "un pays-clé pour l'avenir de tout le monde arabe" et qu'elle "donnait l'exemple, sans être exagérément optimiste, de ce que peut être un processus de libération maîtrisé".

Il a toutefois déclaré que "rien n'est gagné. Nous avons bien sûr confiance, mais le pire n'est pas exclu".

"Lorsque l'on voit ce qui se passe aujourd'hui même en Libye, on voit bien que cette transition peut être douloureuse", a-t-il dit, en dénonçant la "folie criminelle" du régime du colonel Mouammar Kadhafi.

M. Juppé devait aborder le dossier libyen lors d'un entretien prévu au Caire avec le chef de la Ligue arabe Amr Moussa.

Il devait également s'entretenir dans l'après-midi avec le maréchal Hussein Tantaoui, chef du conseil suprême des forces armées, l'institution à qui le président Hosni Moubarak a remis le pouvoir le 11 février en démissionnant.

Il a par ailleurs rencontré en fin de matinée, dans un restaurant proche de la place Tahrir, haut lieu de la révolte anti-Moubarak, un groupe d'une dizaine de membres de la "coalition des jeunes de la révolution".

"Je ne suis pas venu pour me mettre à votre place", leur a-t-il dit, "mais nous soutenons votre combat pour la démocratie".

Il a salué le "sens des responsabilités" de la jeunesse égyptienne, tout en prévenant que "ce qui vous attend va être plus compliqué que ce que vous avez déjà fait", allusion au difficile processus de transition politique qui se met en place sous la direction de l'armée.

Concernant le soutien à des régimes comme ceux de Ben Ali ou de Moubarak, il a estimé que "nous nous sommes peut-être laissés intoxiquer quand on nous disait que les régimes en place étaient le seul rempart contre le terrorisme".

L'écrivain Khaled al-Khamissi, qui participait à la rencontre, a déploré que pendant les années de M. Moubarak au pouvoir la France "ait eu des relations surtout avec le système politique égyptien, en refusant totalement d'avoir de vrais échanges avec la société civile. C'était une véritable catastrophe pour sa politique extérieure".

"Aujourd'hui il y a aura peut-être une nouvelle page, avec un contact avec la société civile égyptienne, a-t-il ajouté.

 

Première publication : 06/03/2011

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