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Culture

Le film "Shoah" de Claude Lanzmann en passe d'être diffusé dans le monde musulman

Texte par Dépêche

Dernière modification : 07/03/2011

Plus de 15 ans après sa sortie en salles, le célèbre documentaire consacré à l'Holocauste, a été traduit en arabe, en farsi et en turc afin d'être diffusé dans plusieurs pays musulmans. Dès ce lundi, le film sera retransmis en Iran et en Afghanistan.

AFP - "Shoah" de Claude Lanzmann, la plus grosse somme de témoignages filmés sur le génocide des juifs d'Europe, traduite en arabe, en farsi et en turc plus de 15 ans après sa sortie, va être diffusée pour la première fois dans le monde arabo-musulman.

L'Iran et l'Afghanistan, via des chaînes satellitaires basées à Los Angeles, seront lundi les premiers pays destinataires de ce programme en version originale sous-titrée - pour respecter les nombreuses langues parlées dans le film.

"Il est évident que si les autorités iraniennes veulent couper la diffusion, elles sont en mesure de le faire", indiquait jeudi à l'AFP Anne-Marie Revcolevschi, présidente du projet Aladin à l'origine de cette initiative. "Ce sera un véritable test pour la liberté d'expression".

Présenter "Shoah" à un public arabo-musulman répond à une volonté d'information et d'éducation sur l'Holocauste, la mission que s'est donnée le projet Aladin: "faire comprendre la Shoah, comme événement universel dont la portée s'étend bien au-delà du sort des juifs", résume Mme Revcolevschi.

"Aladin a commencé sur un constat : le manque total de sources d'information disponibles dans le monde arabo-musulman, alors que ces pays étaient confrontés au négationnisme", explique-t-elle.

Aladin, fondé en 2009 dans l'ombre de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, dont Mme Revcolevschi était la directrice générale, est une association autonome depuis 2010. Le projet s'est d'abord consacré à la traduction dans ces mêmes trois langues - arabe, farsi et turc - de quatre ouvrages essentiels à la mémoire, dont "Le Journal d'Anne Frank" et "Si c'est un homme" de Primo Levi.

Ces traductions ont été mises en libre service sur le site de la bibliothèque numérique AladinLibrary dès 2009 et ont généré à ce jour 19.500 téléchargements gratuits.

"Mais nous savons bien que pour toucher un maximum de gens, il est indispensable d'en passer par l'image, le cinéma et surtout la télévision", reprend Mme Revcolevschi, qui rappelle que le but ultime est de parvenir à faire "enseigner" l'Holocauste dans ces pays.

"Le choix du film a suscité beaucoup de débats entre nous, certains songeant à une grande fiction comme 'Le Pianiste', 'La Liste de Schindler', ou plus récemment 'La Rafle'... mais pour nos historiens, le témoignage imparable, c'est le film de Claude Lanzmann: ni documentaire, ni fiction, c'est une pièce à conviction de neuf heures", insiste-t-elle.

Diffusé par tranches de 50 minutes, cinq fois par semaine, impossible de savoir quel public le film, terminé en 1985, pourra toucher. "Mais on ne cherche pas à faire de l'audience. On parie simplement sur le fait qu'un téléspectateur éclairé, quelle que soit sa langue, est capable d'écouter et de comprendre". Comme l'ont fait déjà les Chinois ou les Japonais, tout aussi éloignés du sort des juifs d'Europe.

"Par respect pour eux, nous ne voyons pas pourquoi il en irait différemment des Iraniens ou des Afghans: nous considérons qu'ils ont la même capacité d'écoute".

L'étape suivante sera Istanbul en avril, avec Claude Lanzmann pour présenter la version turque dans le cadre du festival de cinéma, à l'université et à la télévision nationale.

L'Egypte, prévue dans la même vague, "devrait attendre encore un peu", glisse la présidente d'Aladin. "Nous ne nous sommes jamais lancés nulle part sans nous assurer préalablement que notre message pouvait passer. L'idée n'est pas de se faire plaisir", ajoute-t-elle.

Première publication : 07/03/2011

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