10 mars 2011 - 15H03  

Loi hongroise sur les médias: le Parlement européen toujours pas satisfait
Le Parlement européen a appelé jeudi le gouvernement hongrois à suspendre et "réexaminer d'urgence" sa loi controversée sur les médias, malgré les amendements qui viennent de lui être apportés sous la pression de l'Union européenne.
Le Parlement européen a appelé jeudi le gouvernement hongrois à suspendre et "réexaminer d'urgence" sa loi controversée sur les médias, malgré les amendements qui viennent de lui être apportés sous la pression de l'Union européenne.

AFP - Le Parlement européen a appelé jeudi le gouvernement hongrois à suspendre et "réexaminer d'urgence" sa loi controversée sur les médias, malgré les amendements qui viennent de lui être apportés sous la pression de l'Union européenne.

La loi hongroise "devrait être suspendue et faire d'urgence l'objet d'un réexamen", en raison des "doutes sérieux exprimés par l'OSCE" concernant notamment les instances de supervision des médias, ont affirmé les parlementaires dans une résolution adoptée à Strasbourg.

Les autorités hongroises doivent "rétablir l'indépendance de la gouvernance des médias et mettre un terme aux interférences étatiques", ajoute le texte.

Les élus se sont montrés très divisés sur cette question: la résolution, présentée par les socialistes, les libéraux, les écologistes et l'extrême gauche, a été adoptée sans les voix du PPE (conservateur), le principal groupe du Parlement, qui voulait au contraire soutenir le gouvernement conservateur de Viktor Orban.

Les modifications récemment apportées à la législation controversée "sont insuffisantes", a martelé le socialiste autrichien Hannes Swoboda, qui a dit se baser sur les avis en ce sens de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et du Conseil de l'Europe. "Nous n'abandonnerons pas notre combat pour la liberté des médias", a-t-il ajouté.

A l'inverse, le chef de file du groupe PPE, Joseph Daul, a plaidé que "le Parlement hongrois a adopté toutes les modifications demandées par la Commission européenne", et qu'ainsi "la version amendée est conforme au droit européen".

Le 16 février, la vice-présidente de la Commission européenne Neelie Kroes s'était déclarée dans un communiqué "très satisfaite" des modifications proposées par Budapest.

La controverse sur cette loi a empoisonné le début de la présidence hongroise de l'UE, qui a commencé le 1er janvier, alors même qu'entrait en vigueur le texte. Les partenaires européens de Budapest avaient dit craindre que la législation ne soit utilisée pour museler la presse.

Budapest a finalement accepté de la modifier: lundi, le parlement hongrois a amendé le texte sur des points comme l'enregistrement des médias et l'exigence d'une couverture équilibrée. Il n'a en revanche rien changé concernant le Conseil des médias, un organisme chargé de superviser toutes les couvertures et entièrement composé de proches du parti du M. Orban.

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