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Economie

Raj Rajaratnam, le roi du délit d'initié sur le banc des accusés

©

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 10/03/2011

Patron déchu d'un fonds d'investissements prospère, Raj Rajaratnam comparaît depuis mardi devant un tribunal de New York pour des délits d'initié. Parmi les victimes de cet ex-golden boy : les plus grands groupes cotés à Wall Street.

Wall Street et la Silicon Valley ont les yeux rivés sur ce procès. Raj Rajaratnam, le patron déchu du "hedge fund" Galleon Group, comparaît depuis mardi pour délit d’initié devant un tribunal de New York. La liste des témoins attendus à la barre confine au "Who’s who" de l'économie américaine. Le PDG de la banque Goldman Sachs y côtoie celui du géant de l’agroalimentaire Procter & Gamble. Les dirigeants du mastodonte de l’informatique IBM et du moteur de recherches Google pourraient également faire leur apparition dans le prétoire.

Tout ce beau monde pour un seul homme ? Raj Rajaratnam est accusé d’avoir commis entre janvier 2006 et juillet 2007 nombre de délits d’initié qui lui auraient rapporté 20,6 millions de dollars. Du jamais vu dans le petit monde des "hedge funds". Pendant cette période, l'homme aurait mis en place, en tant que patron de Galleon Group, un réseau d’informateurs dans la plupart des sociétés en vue, notamment à la Silicon Valley. Il revendait ensuite les informations qu’on lui fournissait sur l’état de telle ou telle entreprise.

Une fortune de 2,6 milliards de dollars

Mais cet Américain d’origine sri-lankaise n’a pas toujours traîné cette sulfureuse réputation de roi du délit d’initié. Né en 1954 à Colombo, au Sri Lanka, Raj Rajaratnam s’est taillé, dans les années 1980, une réputation de brillant analyste financier spécialisé dans le domaine des nouvelles technologies.

En 1992, il décide de voler de ces propres ailes et fonde Galleon Group, un "hedge fund" qui va vite intégrer le club très fermé des 25 fonds d'investissements les plus prospères des États-Unis. Avant que le scandale ne rattrape Raj Rajaratnam, la valeur de Galleon de Group atteignait 7 milliards de dollars. Elle ne serait que de 3 milliards de dollars aujourd’hui. Raj Rajaratnam a largement profité des années 1990 pour se bâtir une fortune que le magazine "Forbes" estime à 2,6 milliards de dollars.

Parallèlement à ces activités professionnelles, le milliardaire garde un œil sur son pays d’origine. Au fil des ans, il dépensera une partie de sa fortune pour aider les Sri-Lankais, notamment après le tsunami de 2004. On lui prête également des sympathies envers la rébellion des Tigres tamouls, à qui il aurait indirectement versé plus de 1 million de dollars dans les années 2000.

20 ans de prison à la clef

Une success-story qui a connu un arrêt brutal le 16 octobre 2009. Ce jour-là, le golden boy de la finance est appréhendé en compagnie de cinq autres dirigeants de Galleon Group. Depuis son arrestation, les autorités américaines ont interpellé une vingtaine de personnes soupçonnées d'avoir pris part aux méfaits de Raj Rajaratnam. Si ce dernier a toujours clamé son innocence, 11 personnes ont reconnu avoir tiré profit de ce grand marchandage illégal d’informations.

Le procès de celui que les procureurs ont qualifié de "symbole de la culture de l’avarice et de la corruption" doit durer deux mois et demi. Raj Rajaratnam encourt une peine de 20 ans de prison.

Première publication : 10/03/2011

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