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Afrique

Le Premier ministre Morgan Tsvangirai se résout à de nouvelles élections

Texte par Dépêche

Dernière modification : 11/03/2011

Confronté au "dysfonctionnement" du gouvernement d'union entre son camp et celui de Robert Mugabe, président du pays depuis 1980, le Premier ministre Morgan Tsvangirai a reconnu que des élections sont nécessaires pour "un divorce à l'amiable".

AFP - Le président zimbabwéen Robert Mugabe a déclaré vendredi ne plus vouloir du partage du pouvoir avec l'ex-opposition et menacé de saisir des sociétés étrangères si les sanctions européennes et américaines contre lui et son entourage n'étaient pas levées.

"On ne saurait, a-t-il dit à l'ouverture du congrès annuel de son parti, accepter de continuer l'accord politique global", le gouvernement d'union nationale formé en 2009 sous la pression internationale entre M. Mugabe et son rival Morgan Tsvangirai devenu Premier ministre.

"Nous avons accepté de collaborer (...) pour avoir un compromis nous permettant de faire la part des choses, d'établir la paix, la stabilité politique et maintenant certains traînent les pieds", a souligné M. Mugabe qui prônent la tenue d'élection dès 2011 pour mettre fin au gouvernement d'union.

Selon le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de M. Tsvangirai, la réalité est tout autre: les conditions pour un scrutin "libre et équitable" ne seront pas réunies avant 2012, le temps de mettre en place un processus électoral transparent.

"M. Mugabe et la Zanu-PF ne peuvent gagner des élections libres et équitables au Zimbabwe. Ils le savent. Ils pensent pouvoir faire usage de la force plutôt que des bulletins de vote pour remporter une élection. M. Mugabe et la Zanu-PF sont des perdants et ils le savent", a déclaré à l'AFP le porte-parole du MDC Nelson Chamisa.

Le chef de l'Etat, au pouvoir depuis l'indépendance de cette ancienne colonie britannique en 1980, a également menacé de saisir des entreprises britanniques et américaines si les sanctions en vigueur depuis 2002 à son égard et envers ses proches n'étaient pas levées par l'Union européenne et les Etats-Unis.

"Le temps est venu de nous venger. Une façon d'affirmer notre puissance est d'utiliser la loi d'indigénisation", a estimé M. Mugabe devant plus de 4.000 délégués de l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF).

"La loi nous donne l'autorité pour saisir. Nous pouvons ordonner de prendre 51% (du capital des entreprises étrangères comme la loi l'autorise, ndlr) et si les sanctions persistent, nous prendrons 100%", a prévenu le chef de l'Etat.

Ce raisonnement est "vide de sens", a rétorqué le MDC. "Nous avons besoin d'investissement pour apporter de la croissance, pour créer des emplois", a précisé M. Chamisa.

Durant cette conférence de deux jours à Mutare (est), la Zanu-PF devrait fixer la date des prochaines élections à 2011 comme le souhaite le président et entériner la candidature du plus vieux leader africain, 86 ans, à sa réélection.

Mais pour le MDC, de nombreux analystes et diplomates occidentaux, précipiter la tenue de ce scrutin risquerait de plonger le pays dans le chaos comme en 2008. La défaite électorale de la Zanu-PF avait alors entraîné un déferlement de violences.

Le président Mugabe et son rival avaient formé leur gouvernement d'union pour sortir de la crise. Selon l'accord de partage du pouvoir, la coalition doit prendre fin avec de nouvelles élections, après l'adoption d'une Constitution.

La date des élections n'est pas le seul point de litige au sein du gouvernement de cohabitation. Le Premier ministre vient ainsi de saisir la justice pour faire annuler la nomination par le président de gouverneurs provinciaux.

"Ce qu'à fait (le partage du pouvoir), c'est de révéler ce que nous connaissions déjà. Maintenant nous savons que cette créature, le MDC, n'a ni politique, ni idéologie, ni philosophie", a lancé M. Mugabe devant son parti.

Première publication : 11/03/2011

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