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Second tour de l'élection présidentielle en forme de transition démocratique

Texte par Dépêche

Dernière modification : 13/03/2011

Les Nigériens ont voté pour le second tour de l'élection présidentielle. Ce scrutin intervient un an après le coup d'État militaire de février 2010 qui avait mis fin à la crise politique provoquée par le président Mamadou Tandja.

AFP - Les camps des candidats du second tour de l'élection présidentielle du Niger se sont chacun dits dimanche confiant de l'emporter, dans l'attente de la publication des résultats, prévue lundi, d'un scrutin qui doit mettre fin à un an de régime militaire.
              
Le vote, qui s'est déroulé sans incident, doit départager l'opposant historique Mahamadou Issoufou, 59 ans, et l'ex-Premier ministre Seïni Oumarou, 60 ans.


"Tout s'est bien passé pour nous. Nous sommes en train d'additionner les résultats envoyés par nos représentants et nous avons un espoir ferme quant à la victoire", a déclaré à l'AFP, Tamboura Issoufou, un porte-parole de M. Oumarou.
              
"Nous sommes toujours très confiants, on est très largement en tête pour les résultats", a de son côté assuré Hassoumi Massaoudou, directeur de campagne de M. Issoufou.
              
A Niamey, l'opposant Issoufou l'emporte à une écrasante majorité, selon des résultats partiels proclamés dimanche par la Commission électorale nationale indépendante (Céni).
              
M. Issoufou totaliserait plus de 75.000 voix contre 27.000 pour son rival, selon les résultats des cinq communes de la capitale publiés à la télévision par le président de la Commission électorale.
              
Niamey est le fief de l'ex-Premier ministre Hama Amadou, arrivé troisième avec 19% au premier tour et qui avait décidé de soutenir M. Issoufou au second.
              
Le président civil succèdera aux putschistes de février 2010 qui avait renversé le président Mamadou Tandja, après dix ans de pouvoir et une grave crise née de sa volonté de se maintenir au-delà de son second et dernier quinquennat légal.
              
Les deux finalistes ont des profils radicalement différents: M. Issoufou a été l'éternel adversaire du chef de l'Etat déchu et détenu depuis un an, alors que M. Oumarou est l'"héritier" autoproclamé de M. Tandja, dont il fut Premier ministre.
              
Arrivé en tête (36%) au premier tour, M. Issoufou part favori grâce au soutien de M. Amadou. M. Oumarou (23%) bénéficie pour sa part du ralliement de l'ex-chef de l'Etat Mahamane Ousmane (8%).
              
Quelque 6,7 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes dans ce pays sahélien, important producteur d'uranium mais pourtant classé parmi les plus pauvres du monde, qui doit également faire face à la menace croissante d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
              
Gousmane Abdourahamane, le président de la Commission électorale nationale indépendante avait affirmé samedi qu'il allait proclamer les résultats globaux provisoires au "plus tard dimanche soir", ajoutant que le taux de participation tournait autour de "35 à 38%".
              
Mais il a finalement indiqué dimanche qu'ils seraient "proclamés lundi".
              
La Céni a fait état d'un taux de participation entre 24 et 35% dans la capitale.
              
Les missions d'observation se sont félicités du déroulement du vote.
              
La mission de l'UA "marque sa satisfaction quant à la bonne conduite du processus électoral et de la transition".
              
Celle de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) considère que le second tour "s'est déroulée dans une atmosphère de calme et de transparence et que les citoyens nigériens ont pu exercer librement leur droit et devoir civique".
              
Le chef de la junte, le général Salou Djibo, avait symboliquement ouvert le vote à Niamey. "Si nous réussissons ce scrutin si honorable, nous aurons accompli ensemble cette démocratie qui servira d'exemple à l'Afrique", a-t-il indiqué

Première publication : 12/03/2011

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