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Culture

La projection à l'ONU du film "Miral" fait bondir Israël

Texte par Priscille LAFITTE

Dernière modification : 15/03/2011

La projection dans la salle de l’Assemblée générale de l’ONU d'un film de l’Américain Julian Schnabel émeut Israël. Les Nations unies se défendent d’utiliser l'œuvre, qui a pour toile de fond le conflit israélo-palestinien, à des fins politiques.

Quand la salle de l'Assemblée générale des Nations unies se transforme en salle de cinéma et qu’elle projette un film sur le Proche-Orient, les acteurs du conflit israélo-palestinien y regardent de près... La délégation israélienne auprès de l’ONU s’émeut en effet de la projection, ce lundi soir, du film "Miral" réalisé par le cinéaste américain de confession juive Julian Schnabel dans une enceinte aussi symbolique.

Un long-métrage politiquement biaisé et partial, juge ainsi la délégation israélienne. "Miral" raconte l’histoire d’une jeune Palestinienne recueillie dans un orphelinat à Jérusalem, qui traverse le conflit israélo-palestinien jusqu’aux accords d’Oslo de 1993. Le film est inspiré d’un livre autobiographique rédigé par l’Italo-Palestinienne Rula Jebreal.

"Nous ne connaissons pas d'autre film avec un tel contenu politique controversé qui ait reçu une telle adhésion du président de l'Assemblée générale, écrit ainsi Haïm Waxman, le patron de la représentation israélienne auprès des Nations unies, dans un communiqué de presse. Il s'agit clairement d'une décision politique de l'ONU, d'une décision qui relève d'un mauvais jugement et d'un manque d'équilibre", poursuit le document.

Les responsables israéliens accusent notamment Joseph Deiss, le président de l’Assemblée générale des Nations unies, d’avoir appuyé le déroulement de cette projection, mais aussi l'Assemblée de traiter le conflit israélo-palestinien de façon “excessive et obsessionnelle”. 

Des accusations que Jean-Victor Nkolo, le porte-parole de l'Assemblée générale, joint par France24.com, rejette en bloc. "Il y a eu plusieurs films projetés ces derniers mois. Des films sur l’eau, des films sur les enfants-soldats en Ouganda, des films sur les attentats-suicides. Ils peuvent aussi être considérés comme des films politiques !", s’étonne celui-ci avant de poursuivre : "Il est difficile de dire ce qu’est un film à contenu politique. Nous parlons d’une œuvre d’art tournée par un grand réalisateur américain, Julian Schnabel, dont la mère était présidente du mouvement Hadassah, qui a contribué à la création de l’État israélien en 1948. Je ne pense pas que Julian Schnabel puisse être vu accusé d'être anti-israélien".

Al Pacino et Sean Penn assisteront à la projection

Jean-Victor Nkolo veut, au contraire, croire aux vertus du film "Miral" : "Nous sommes sensibles à l’opinion exprimée par la délégation israélienne, qui plus en raison du récent meurtre d’une famille israélienne en Cisjordanie (dans la nuit du 11 au 12 mars, NDLR). Nous déplorons cet attentat. C’est précisément sur la question des enfants dans ce conflit que porte ce film. Cela peut amener à un dialogue".

Entretien réalisé en mai 2010

Rula Jebreal affirme, elle, avoir décrit son enfance à Jérusalem dans le seul but d’inciter la société palestinienne à envoyer ses filles à l’école. "Plus on éduquera les filles, plus Israël sera en sécurité, et plus on sera tous en sécurité", revendiquait-elle sur FRANCE 24, au mois de mai dernier (voir vidéo ci-contre).

De leur côté, les frères Weinstein, patrons de la Weinstein Company, l'entreprise qui distribue l'œuvre aux États-Unis, revendiquent leur judéité et affirment qu'ils n'auraient jamais distribué "un film qui serait défavorable à Israël ou au judaïsme". "'Miral' raconte l’histoire d’une jeune Palestienne, assurent-ils, ça n’en fait pas un film polémique". Julian Schnabel enfonce le clou dans une tribune publiée samedi par le Daily Beast : "Tant que l’histoire palestinienne n’est pas comprise et reconnue par Israël et par ses alliés américains, il n’y aura pas de paix en Terre Sainte.”

Ce lundi soir, la projection de "Miral" aura lieu en présence de l’équipe du film et de plusieurs personnalités du monde du cinéma comme Al Pacino ou Sean Penn. "Les États membres de l’ONU [y] sont naturellement invités. C’est ouvert à tout le monde, il suffit de venir retirer un ticket dans la limite des places disponibles", explique encore le porte-parole de l’Assemblée générale. Qui promet toutefois qu' aucun acteur du conflit israélo-palestinien ne participera au débat organisé à la suite de la projection.

Première publication : 14/03/2011

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