Dernière modification : 15/03/2011 

- Espionnage - Industrie automobile - Renault


Carlos Ghosn, l'indéboulonnable patron de Renault

Carlos Ghosn, l'indéboulonnable patron de Renault

Désavoué par la fausse affaire d'espionnage qui a ébranlé Renault, le PDG du groupe automobile français a peu de chances de se faire débarquer. Le système qui l'a mis en place pourrait en revanche subir quelques ajustements...

Par Sébastian SEIBT (texte)
 

La mine contrite, Carlos Ghosn, le PDG de Renault, a admis, lors du journal télévisé de TF1, lundi soir, qu’il s’était trompé. En clair, il n’y a jamais eu d’affaire d’espionnage au sein du groupe mais plutôt une escroquerie. Les trois cadres, licenciés après avoir été injustement accusés de jouer les mouchards, vont être dédommagés et pourront retrouver leur poste. Parole de patron le mieux rémunéré du CAC 40.

Le mea culpa n'a pas pour autant mis un terme au feuilleton industrialo-judiciaire. Ce mardi, la classe politique française a bien fait comprendre au numéro un de Renault que l'affaire est loin d'être classée. Le ministre de l’Industrie, Éric Besson, veut que les responsables soient identifiés, tandis que le porte-parole du gouvernement, François Baroin, demande que la holding "tire les leçons d’une affaire embarrassante".

Quelles sont les scénarios possibles pour le groupe automobile ? L’historien Jean-Louis Loubet, auteur de "Renault, histoire d’une entreprise", et Pierre Alanche, ancien salarié du groupe et auteur de "Renault, côté cour", décryptent pour France24.com les conséquences de ce scandale.

Limoger Carlos Ghosn ? Impensable. La secrétaire nationale du Parti socialiste (PS), Martine Aubry, a beau avoir demandé, mardi, au PDG de Renault d’"assumer les conséquences de son erreur d’appréciation", une démission de Carlos Ghosn n’est pas à l’ordre du jour. "Aucun des membres du conseil d’administration de lundi n’a évoqué la possibilité d’un départ" du patron du groupe, rappelle Jean-Louis Loubet.

Mieux, Carlos Ghosn est, pour l’instant, intouchable. Il préside les conseils d’administration de Renault et de Nissan, occupe le poste de directeur général des deux constructeurs et tient les rênes de RNBV, une petite société de droit néerlandais qui permet notamment de coordonner l’action des deux entités de l’alliance Renault-Nissan. Le mettre à la porte de Renault ne changerait pas grand-chose. L'homme tire toutes les ficelles de ce géant mondialisé. "Carlos Ghosn est devenu incontrôlable, juge Pierre Alanche. On est obligé de le conserver, il est le ciment de l’alliance Renault-Nissan."

Sacrifier son numéro deux ? Improbable. Peu avant l’intervention de Carlos Ghosn, le numéro deux de Renault, Patrick Pelata, s'était dit prêt à assumer personnellement les conséquences de l'affaire. Lundi, il a d’ailleurs présenté sa démission à son patron... qui l’a refusée. "Patrick Pelata a le soutien de tous les syndicats de l’entreprise", juge Pierre Alanche, lui-même ancien représentant CFDT chez Renault.

Si Carlos Ghosn représente l’ouverture à la mondialisation du groupe, Patrick Pelata est devenu le symbole du Renault historique. Ce dirigeant, qui a gravi tous les échelons du groupe depuis 1984, est "l’un des derniers représentants de la fibre sociale à laquelle reste attachée une partie des salariés", explique Jean-Louis Loubet. Difficile de sacrifier un tel symbole au moment où le groupe traverse l’une des pires crises de son histoire.

L’État impuissant. "Qu’est-ce que vous voulez faire avec 15 % des voix au conseil d’administration ?" regrette Jean-Louis Loubet. D’autant plus que l’État est uniquement actionnaire minoritaire de Renault, l’une des nombreuses entités d’un groupe mondialisé. Les prises de position d’Éric Besson et de François Baroin ne seraient donc que des belles paroles ? Pierre Alanche rappelle que le représentant de l’État au conseil d’administration de Renault n’a pas demandé lundi un changement de direction.

"Depuis la privatisation de Renault [en 1996], l’État se contente de vérifier que les comptes sont en règle et n’intervient absolument pas sur les décisions stratégiques du groupe", raconte Pierre Alanche pour qui cette affaire "révèle au grand jour qu’il y a des tensions entre l’État et Carlos Ghosn".

Refonder Renault ? "Le licenciement injustifié de trois salariés a dû être un choc énorme pour le personnel de Renault qui a pu estimer que le contrat de confiance avec la direction était rompu", juge Jean-Louis Loubet. L’urgence serait donc de revoir ce que Pierre Alanche appelle les "mécanismes de gouvernance" de Renault. "Jusqu’à présent, Carlos Ghosn régnait en despote éclairé et il faut rendre le groupe moins dépendant d’un seul homme", juge Pierre Alanche.

Selon cet ancien salarié du groupe, un véritable "système Carlos Ghosn" s’est mis en place. "Les différentes directions du groupe veulent toutes gagner la reconnaissance de Carlos Ghosn et il y a une véritable course entre elles pour être bien vu du grand chef", raconte Pierre Alanche. C’est pour cette raison, estime-t-il, que l’escroquerie a pu passer inaperçu. Il craint, maintenant, que ces dysfonctionnements aient pu affecter des décisions autrement plus stratégiques comme le positionnement sur le marché des voitures électriques.

Commentaires (8)

renault

c'est uneHONTE desavoir que le P D G d'une grande entreprise française cela puisse existé ;pour moi c'est a lui d'être ejecté de son siège ??? et reprendre les deux pauvres cadres que le p d g a limogé !! j'ai ma petite idée ;il a voulu faire parler de renault ;car il n'a plus les ventes d'il y'a 20 ans !!! espérait -il avoir un coup de pouce du gouvernement pour remédiér a ça ?? mais hélàs il faut aller a l'étranger pour payer moins chère ce qui est notre monopole .pour commencer il aurait mieux de baisser les prix que d'accuser des innocents ; je pense et presque certaine que ces chutes de vente vons se faire ressentir ; mais qui va payer le plus c"est l'ouvrier qui risque de se retrouve au chômage pour un salop

pauvre cèdre

La privatisation de la RNUR a été très suspecte.
De Gaulle a "usé" de cette entreprise dans des marchés de dupes avec l'URSS ... des prix favorables sur des "lada" ... [ qui ainsi que le disait le PDG de Renault sont différentes du "SIDA" parce qu'on ne peut les trasmettre ... ]contre des usines livrées "clefs en main" par la RNUR qui les construisait sur place.Ses successeurs ont continué cette politique avec les pays balkaniques, en Amérique du sud etc
Qui dirigeait le pays en 1995 ? et en 2005 ?
Choisir un gugusse formé chez Michelin-Citroën ... personne n'y perçoit de conflit d'intérêt ?
La mise sous tutelle de Renault par Carlos Nissan ne constitue-t-elle pas un coup fabuleux ... que cette histoire d'espionnage à la corne-cul viendrait couronner?

politique renault

ancien commercial lapolitique renault benefice le reste passe apres beaucoup de delation avec la benedicion du drh stress permanent de tout le personnel 4ans au ce trop de salade demission pour la delation nous ne sommes plus en 39 45 au sujet des 3 cadres surtout ne reitegrerpas renault vous serez toujours dans le collimateur ce que ma propose mon avocat a mon sujet a plus petite echelle bon courage

Dictateur...

Carlos Ghosn règne en despote, ce tyran a foutu la vie de trois en l’air, ce type est inqualifiable il ne mérite pas du tout cette place. Mais, comme ce gaillard doit-être très copain avec le gouvernement il se permet tout. C’est bien le reflet de notre politique….

renault

qu'il demissionne ce patron il n'est pas clair j'ai lu sur Metro un resumé de l'histoire c'est pour le moins bizarre ex militaire, ex garde corps qui s'enfuyait en Guinée celui qui aurait été celui qui a monté l'histoire curieux tout cela, comme quoi un simple ouvrier se fait virer pour peu de chose, voir pour rien et ce monsieur resterait PDG de renault pas juste encore une fois j'espère que les cadres licenciés vont remporter le pactole

pour quoi devrait-il partir

pour quoi devrait-il partir de renault? il est là pour faire avancer l´entreprise... s´il a comis des fautes en licenciant, on peut toujours reparer ces fautes. il vaut mieux se séparer de personnes supposées dangereuses et se rendre compe que l´on s´est trompé que de laisser des espions en poste....
maintenant que l´histoire d´espionage s´est averée non fondée
le pdg doizt s´excuser , dédomager, et proposer aux cadres conceré de reprendre le boulot...
et la vie continue.....

l'erreur irréparable de C.Ghosn

Cette affaire est lamentable à croire que La direction de Renault évolue dans la paranoia. Les cadres licenciés seront des victimes à vie et aucune compensation ne pourra effacer le traumatisme psychique subit. Messieurs les dirigeants oeuvrez pour retrouver l'estime de vous même afin de pouvoir protéger ceux qui sont sous vos ordres. C'est la seule façon de les protéger durablement.

affaire renault et son pdg

pourquoi lePDG de RENAULT est il sceptique à l'heure actuelle alors qu'il confirmait l'espionnage au départ?quelles seront les conséquences de son départ à RENAULT? est indispensable ou nécessaire?

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