- Espionnage - Industrie automobile - Renault
La classe politique française souhaite connaître le fin mot de l'affaire Renault
Le PDG du groupe automobile français, Carlos Ghosn, a publiquement présenté, lundi, ses excuses aux trois cadres accusés à tort d'espionnage. Les responsables politiques estiment quant à eux que les responsables du scandale doivent être identifiés.
REUTERS - Les excuses de Renault à ses cadres injustement accusés d'espionnage ne mettent pas un terme à l'affaire, disent mardi le gouvernement et l'opposition en maintenant la pression sur le groupe automobile français.
Pour le ministre de l'Industrie, Eric Besson, les vrais responsables restent à identifier.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, estime pour sa part que le PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, devrait assumer les conséquences de son erreur d'appréciation.
Le porte-parole du gouvernement, François Baroin, est moins direct mais appelle lui aussi le constructeur à tirer les leçons d'une affaire embarrassante.
Le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, a confirmé lundi que l'hypothèse de l'espionnage du profit d'une puissance étrangère sur le programme de véhicules électrique du Renault était désormais abandonnée au profit de la piste d'une escroquerie au renseignement au détriment du groupe.
Les dirigeants de Renault ont immédiatement fait amende honorable en présentant aux cadres incriminés leurs excuses et leurs "vifs regrets".
Pour Eric Besson, c'est une première étape.
"Les excuses de Renault étaient indispensables", a-t-il dit sur RTL. "Pour le reste il y une enquête judiciaire qui se poursuit. Qui sont les vrais coupables et responsables, ni vous ni moi ne le savons en ce moment."
"Deuxièmement, il y a un audit interne qui a été diligenté et va permettre de connaître les responsabilités exactes dans l'entreprise", a ajouté le ministre de l'Industrie.
Pas de démission
Carlos Ghosn a présenté plusieurs mesures pour tenter de restaurer l'image du groupe.
Le patron le mieux payé des entreprises du CAC 40 en 2009 avec plus de neuf millions d'euros annuels entend renoncer à la part variable de son salaire de 2010 et à ses stock-options pour 2011. Il veut aussi engager des procédures disciplinaires contre trois membres de la sécurité de Renault et réformer la gouvernance.
En revanche, il a dit avoir refusé la démission que lui avait proposée son numéro deux, Patrick Pélata.
Ces mesures, présentées lundi après-midi à un Conseil d'administration exceptionnel, ont été votées à l'unanimité des 19 membres du Conseil, qui compte notamment trois administrateurs élus par les salariés et deux administrateurs représentant l'État, l'un des deux principaux actionnaires de Renault avec 15,01% du capital contre 15% pour le partenaire japonais Nissan.
Eric Besson en prend acte mais veut connaître le fin mot de l'histoire.
"Ce qu'a dit Carlos Ghosn, c'était très important, c'est une étape indispensable, et il y a bien fait également de renoncer à une partie de sa rémunération, mais ce n'est pas la fin de cette histoire," a-t-il dit.
Martine Aubry estime pour sa part que des conséquences sur le plan personnel sont indispensables.
"Quand un salarié fait une faute dans une entreprise, il n'a pas à s'excuser, il est dehors", a dit la dirigeante socialiste sur France Info. "Carlos Ghosn devrait tirer un peu plus de conséquences".
"Barbouzes de 3e division"
Le porte-parole du gouvernement a évoqué lui aussi la nécessité pour Renault de tirer les leçons de l'affaire.
"Chacun peut porter un jugement sur cette affaire-là", a dit François Baroin sur LCI.
"Il faudra tirer en tout cas, si ce n'est la démission - ce n'est pas le sujet aujourd'hui - toutes les conséquences de l'amateurisme invraisemblable et de l'indignité et de la charge contre des hommes qui sont aujourd'hui réhabilités au 20h00 de TF1", a-t-il ajouté.
"On ne pourra pas laisser ça sans suite. Je trouve anormal qu'une immense entreprise comme celle-ci ait basculé dans un amateurisme et une affaire de Bibi-Fricotin et de barbouzes de 3e division."
Les cadres licenciés, Bertrand Rochette, Matthieu Tenenbaum et Michel Balthazard, ont toujours protesté de leur innocence et ont porté plainte pour dénonciation calomnieuse ou diffamation.
Le principal suspect de l'escroquerie, Dominique Gevrey, un des responsables de la sécurité de Renault, a été mis en examen dimanche pour "escroquerie en bande organisée" et placé en détention.
























Commentaires (3)
excuse
Monsieur a présenté ses excuses et propose un dédommagement.
Quel péteux, et le tord qu'il a fait à ses trois hommes, tout se que les journaux ont raconté, comment compte t'il l'éffacé ???
la gabegie du PS encore et encore
Pourquoi Martine Aubry ramène sa fraise une fois de plus sur un sujet d'actualité. Pour tirer la couverture comme d'habitude. Même si les français ont la mémoire courte comme disait De Gaule, que l'on se souvienne des dirigeants que les Socialistes ont mis en place après les nationalisations, gens influents au PS mais totalement incompétent. qui a coûté une fortune aux français, qu'ils ne sont pas prêts de finir de payer, leurs enfants et petits enfants non plus. L'affaire est entre les mains de la justice, qu'on la laisse faire son travail, Après on verra.
Pour une fois que l'on a un PDG chez Renault qui fait gagner de l'argent, qui gère 2 entreprises (Renault et nissan) d'une main de maitre, il faudrait s'en débarrasser parce qu'il n'est pas dans les petits papiers du PS, STOP A LA C...ERIE.
des sanctions personnelles
heureusement que les autorités politiques réagissent au fait que en dehors des responsables de la sécurité AUCUN haut dirigeant de Renault n'est inquiété, si ce n'est par le fait de renoncer à son bonus, quelle honte, ils sont managers et responsables, les patrons des RH, de la communication désastreuse, la direction générale : c'est un comble que ces personnes là ne soient pas sanctionnées voire pour certaines virées, il faut dire que dans des entreprises comme Renault à ce niveau là c'est tellement copinage et cie que les têtes ne tombent que très rarement, c'est scandaleux !
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