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Asie - pacifique

Le niveau de radioactivité sur le site de Fukushima inquiète les autorités

©

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 15/03/2011

Deux nouvelles explosions sont survenues dans la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, où le personnel a été évacué. Un niveau de radioactivité légèrement supérieur à la normale a été relevé sur le site ainsi qu'à Tokyo.

AFP - La crise nucléaire s'est aggravée mardi au Japon après une nouvelle explosion et un incendie à la centrale de Fukushima 1, où les accidents se succèdent depuis le violent séisme de vendredi qui a probablement fait plus de 10.000 morts.

"Le niveau de radioactivité a considérablement augmenté" sur le site de la centrale, a déclaré le Premier ministre japonais, Naoto Kan, à la télévision.

Des dégâts estimés entre 15 et 35 milliards de dollars

Il a appelé les personnes habitant dans un rayon de 30 kilomètres à rester calfeutrées "à la maison ou au bureau".

Cette mesure s'ajoute à l'évacuation, ordonnée samedi, des plus de 200.000 personnes résidant à proximité de cette centrale située au bord de la mer.

Un niveau de radioactivité légèrement supérieur à la normale a également été relevé à la mi-journée à Tokyo, situé à environ 250 km. Les autorités n'ont jusqu'à présent pas appelé les 35 millions d'habitants de la plus importante agglomération du monde à prendre des mesures de précaution particulières.

Peu après 06H00 (23H00 GMT lundi), une "grosse explosion" s'est produite dans le bâtiment qui abrite le réacteur 2, a annoncé Tokyo Electric Power (Tepco), qui gère la centrale.

Une autre explosion d'hydrogène a ensuite déclenché un incendie dans le réacteur 4, qui était à l'arrêt pour maintenance lorsque le séisme s'est produit.

Contrairement aux précédentes explosions sur les réacteurs 1 et 3, celle du réacteur 2 n'a pas été visible de l'extérieur et n'a pas endommagé le bâtiment externe.

Ces explosions sont la conséquence des opérations d'urgence lancées après la panne des systèmes de refroidissement des réacteurs provoquée par le tsunami ayant suivi le séisme de magnitude 9, le plus fort jamais enregistré au Japon.

Depuis, la centrale, construite dans les années 1970, a été totalement mise à l'arrêt et Tepco injecte de l'eau de mer pour refroidir les réacteurs, un processus qui conduit à des rejets radioactifs.

"Contrairement à ce qui c'est passé jusqu'ici, il ne fait pas de doute que les niveaux atteints peuvent affecter la santé des êtres humains", a indiqué le porte-parole du gouvernement, Yukio Edano.

Des niveaux entre 30 et 400 millisieverts ont été relevés autour des réacteurs, a-t-il précisé. A partir d'une dose de 100 millisieverts reçue par le corps humain, les observations médicales font état d'une augmentation du nombre des cancers.

Dans un centre d'accueil, une jeune mère évacuée ne cachait pas son inquiétude: "je ne veux pas que mon bébé soit exposé à des radiations. Je veux l'éviter par n'importe quel moyen".

Lundi, le gouvernement a affirmé exclure "la possibilité d'un Tchernobyl", en référence à l'accident, le pire de l'histoire du nucléaire civil, survenu en 1986 dans la centrale ukrainienne.

Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano avait également jugé très improbable que la situation dégénère en un nouveau Tchernobyl.

Le Japon a cependant demandé l'aide de l'AIEA et des Etats-Unis. La Commission européenne a demandé la convocation d'une réunion extraordinaire de l'AIEA la semaine prochaine à Vienne sur cet accident.

Par précaution, plusieurs pays étrangers ont déconseillé les voyages au Japon et conseillé à leurs ressortissants expatriés à Tokyo de partir vers le sud de l'archipel ou à l'étranger.

"Le cauchemard japonais continue"
L'autre priorité des autorités japonaises est de porter secours aux plus de 500.000 personnes évacuées, dont beaucoup ont trouvé refuge dans des centres d'accueil.

Les 100.000 soldats mobilisés et les secouristes étrangers tentaient de répondre aux énormes besoins en eau potable et en vivres et à remettre en route les infrastructures (routes, téléphone...).

"Nous manquons cruellement d'eau. Nous avons aussi besoin de couvertures" car les nuits sont fraîches, a témoigné un responsable de l'hôpital de Kesennuma.

Les sauveteurs continuaient aussi, sans grand espoir, à rechercher d'éventuels survivants alors que 2.414 décès avaient été confirmés lundi par la police, un bilan appelé à s'alourdir au fur et à mesure de la découverte de nouveaux corps.

Quatre jours après le séisme, les investisseurs restaient extrêmement nerveux. Après avoir plongé de 6,18% lundi, l'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo s'effondrait de 14% en début d'après-midi.

De nombreuses entreprises, dont Toyota, ont continué à suspendre partiellement leur production tandis que la compagnie électrique Tepco, qui dessert l'Est du Japon, a planifié des coupures de courant en raison de l'arrêt de onze réacteurs nucléaires.

La situation au Japon a ravivé le débat sur le nucléaire civil dans de nombreux pays, dont l'Allemagne où plus de 100.000 personnes ont pris part lundi à des manifestations anti-nucléaires dans 450 villes.

Berlin a décidé un moratoire de trois mois sur l'allongement de vie de ses réacteurs. La Suisse a suspendu ses projets de renouvellement de centrales tandis que l'Inde va vérifier la sécurité de tous ses réacteurs.

En revanche, Vladimir Poutine, le Premier ministre russe, a annoncé que Moscou ne comptait pas remettre en cause ses projets nucléaires, tout comme le président français Nicolas Sarkozy.

Première publication : 15/03/2011

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