Dernière modification : 17/03/2011 

- Élection présidentielle - Nicolas Sarkozy - Sondages


Marine LE PEN, Présidente du Front National (partie 2)

Dans cette deuxième partie, Marine lE PEN, présidente du Front National revient sur sa percée dans les sondages et s'exprime sur les thèmes qui lui semblent majeurs à 14 mois de la prochaine échéance présidentielle.

Roselyne FEBVRE.- Retour sur le plateau de « Politique » avec Marine Le Pen. On parle de politique intérieure cette fois et de cette percée impressionnante que vous faites dans les sondages. Vous arrivez souvent en tête, parfois même devant Dominique Strauss-Kahn, devant Nicolas Sarkozy. Alors, les sondages varient un petit peu. Là, dans le dernier, vous êtes en deuxième, DSK est devant. Enfin, bref, toujours est-il que le Front national monte. Vous faites confiance aux sondages ?
Marine LE PEN.- Vous savez, moi, je reste très calme quand je regarde les sondages. C'est un outil de mesure, non pas tant d'ailleurs de l'opinion à un moment donné mais des dynamiques qui sont en train de se créer. Incontestablement il existe une dynamique qui porte le projet du Front national et je n'ai donc pas été extrêmement étonnée de voir des sondages me positionnant en réalité au second tour. Bon, ça m'encourage plus qu'autre chose, ça me pousse à continuer à travailler...
Roselyne FEBVRE.- Ça vous donne la niaque ?
Marine LE PEN.- ... et à exprimer mon projet parce que je crois qu'il y a beaucoup de Français qui ont encore du Front national une vision complètement caricaturale, donc je veux leur exposer quelles sont nos solutions en matière de recherche, en matière d'école et pas uniquement sur l'immigration et l'insécurité où on a cherché à nous cantonner.
Roselyne FEBVRE.- N'avez-vous pas l'impression que cette percée dans ces sondages est plus due aux défauts des autres qu'à vos propres qualités ?
Marine LE PEN.- Non, je ne crois pas parce que je crois que, à l'analyse, nous ne sommes plus face à un vote uniquement protestataire, nous sommes véritablement face à un vote d'adhésion. Et moi, c'est ça que je dis aux Français. Je leur dis : « Offrez-vous le choix au second tour. Parce que si vous choisissez Sarkozy contre Strauss-Kahn ou Strauss-Kahn contre Sarkozy, vous choisissez deux frères jumeaux, deux frères siamois. Ils ont la même politique, ils défendent les mêmes grandes options alors que moi, je porte un projet qui est véritablement alternatif. Offrez-vous la possibilité de choisir entre deux projets politiques. »
Roselyne FEBVRE.- Vous faites un hold-up sur les idées républicaines. Vous voulez être acceptée et être sur un terrain d'égalité avec les autres partis : UMP, Parti socialiste.
Marine LE PEN.- Je n'ai pas de brevet de républicanisme à donner.
Roselyne FEBVRE.- Non mais à prendre peut-être.
Marine LE PEN.- Non mais j'entends bien les éléments de langage qui sont diffusés par les communicants de l'Elysée, alors tout le monde répète en boucle : « Le Front national n'a pas de solution, le Front national n'a pas de solution. » C'est pour cacher le fait qu'eux-mêmes n'en ont pas et que nous, nous en avons. Et puis après on dit : « Le Front national n'est pas un parti républicain. » Mais nous nous sommes présentés depuis 40 ans à toutes les élections.
Roselyne FEBVRE.- Non mais justement, vous travaillez à ça.
Marine LE PEN.- Nous sommes les seuls en réalité à défendre les principes républicains d'égalité contre leur discrimination positive qu'ils ont imposée aux Français, de libertés individuelles, de défense de la laïcité et ce choix-là national - parce que moi, je porte un projet national - de protectionnisme raisonné, économique et social, de maîtrise très ferme d'une immigration qui, aujourd'hui, continue à être de plus en plus importante. Et, en face, vous avez le projet mondialiste. Alors Strauss-Kahn ou Sarkozy, ça ne changera rien, ce sont les mêmes.
Roselyne FEBVRE.- Qui est votre adversaire idéal ? Vous avez envie d'affronter qui ? Si l'on en croit les sondages, qui aimeriez-vous affronter au deuxième tour ?
Marine LE PEN.- De toute façon ce n'est pas moi qui décide. Il y a une sorte de primaire ultralibérale qui est en train de se jouer entre Sarkozy et Strauss-Kahn. Strauss-Kahn semble être en train de la gagner. Tant mieux. Il est très représentatif de tout ce que je combats. La politique qu'il mène au FMI est une politique d'écrasement des peuples...
Roselyne FEBVRE.- Donc c'est lui que vous avez envie d'affronter ?
Marine LE PEN.- ... avec des conséquences sociales dramatiques. Je vous signale que, là où le FMI est intervenu, les retraites ont baissé de 7 % à 15 %. Baisse des allocations familiales, baisses des indemnités chômage, baisse des salaires des fonctionnaires...
Roselyne FEBVRE.- Dites donc, vous faites du Mélenchon là !
Marine LE PEN.- Pardon ?
Roselyne FEBVRE.- Vous tenez le discours de Mélenchon.
Marine LE PEN.- Non, je ne fais pas du Mélenchon, je suis là pour protéger le peuple français. Je crois que le peuple français n'a pas à être sacrifié sur l'autel d'une gouvernance mondiale qui a démontré encore une fois que, partout où elle intervenait, elle apportait le malheur et le chaos. Et c'est exactement ce qu'il s'est passé dans les pays du Maghreb. Parce que qu'est-ce qui a été à l'origine des révoltes ? Pourquoi ils se sont révoltés ? Ils se sont révoltés pour avoir la liberté de dire qu'ils ont faim.
Roselyne FEBVRE.- Oui, la révolte du pain.
Marine LE PEN.- Face à l'augmentation du prix des produits alimentaires, qui est la conséquence de la...
Roselyne FEBVRE.- Plus pour le pain que pour la liberté ?
Marine LE PEN.- Au départ pour le pain, oui. Pour avoir la liberté de dire qu'ils ont faim. C'est ce que je vous dis. Or, encore une fois, la gouvernance mondiale, l'OMC, le FMI portent une très lourde responsabilité dans cette situation et il va falloir réfléchir demain au changement radical du système monétaire international.
Roselyne FEBVRE.- Je voudrais qu'on en vienne au Front national. On lisait dans Marianne un dossier très intéressant qui vous était consacré et surtout qui explique dans un des papiers qu'il existe au Front national une équipe secrète qui comprend des hauts fonctionnaires, des énarques, des polytechniciens, des économistes issus de tous bords. Alors on trouve des ex-Verts, des ex-écolos, des gens de la gauche républicaine, des mitterrandistes, des chevènementistes, même des sarkozystes. On apprend même qu'un haut fonctionnaire du ministère de l'Intérieur vous aurait donné - vous les avis mis sur votre site - les chiffres de l'immigration de janvier 2011. Et même des gens de chez Borloo. Alors qu'est-ce qu'il se passe ? Il y a des gens qui vous aident en sous-main ?
Marine LE PEN.- Il se passe le grand rassemblement du peuple français.
Roselyne FEBVRE.- Oui non mais...
Marine LE PEN.- Au-delà des partis. La fracture gauche/droite n'existe plus. Il y a des gens qui sont conscients que le mondialisme, la globalisation...
Roselyne FEBVRE.- Non mais répondez-moi là-dessus. C'est vrai, tout ça ?
Marine LE PEN.- Oui, c'est vrai. Cette équipe, d'ailleurs, n'est secrète que parce que nous ne sommes pas en démocratie. Si, demain, un haut fonctionnaire du ministère de l'Intérieur disait clairement que... Eh bien probablement le pouvoir sarkozyste viendrait...
Roselyne FEBVRE.- Pourquoi ils vous donnent ces chiffres ?
Marine LE PEN.- Mais parce que ce sont des hauts fonctionnaires qui se rendent compte que le gouvernement fait l'inverse de ce qu'il a promis et qui viennent m'apporter les chiffres de l'immigration en me disant : « Le peuple français a le droit de savoir qu'au mois de janvier 2011 notamment, l'immigration légale a augmenté de 42 % par rapport au mois de janvier 2010 et que, si on continue comme ça, si on fait une projection sur 2011, c'est 300.000 immigrés légaux supplémentaires que nous allons accueillir dans notre pays. » Nous ne le pouvons plus, ils en sont conscients.
Roselyne FEBVRE.- Combien peut-on en accueillir selon vous ? Zéro ?
Marine LE PEN.- Moratoire sur l'immigration. Dix mille parce qu'on ne peut pas aller en deçà. Un certain nombre de secteurs requièrent peut-être une immigration de compétences que nous n'avons pas. Mais pas au-delà de dix mille. Nous ne pouvons plus. Nous sommes à saturation. Toute cette immigration pèse considérablement sur notre déficit, sur notre système de protection sociale. Nous avons cinq millions de chômeurs en France. Qu'est-ce qu'on fait ? On importe encore des chômeurs ? Cette politique est folle et je me pose la question de savoir s'il ne s'agit pas d'une volonté de substitution de la population française.
Roselyne FEBVRE.- Ces personnalités de la gauche, du centre qui viennent travailler avec vous, visiblement le soir chez vous, dans des réunions, qu'est-ce qui les séduit ? Pourquoi ils ne sont pas allés voir votre père il y a un an, il y a deux ans, il y a trois ans, il y a dix ans ? Pourquoi vous ?
Marine LE PEN.- Je ne sais pas. Peut-être parce qu'ils sont sensibles aux propositions économiques et à la sensibilité sociale qui est la mienne. Peut-être parce qu'ils sont sensibles au fait que je suis la seule candidate qui réclame le retour d'un Etat fort, d'un Etat stratège qui soit capable de lutter contre la privatisation généralisée et la vente à la découpe que le gouvernement Sarkozy est en train de faire. Parlons du nucléaire, tiens ! Moi, je suis pour que l'Etat...
Roselyne FEBVRE.- Nous en avons déjà parlé.
Marine LE PEN.- Non mais c'est pas ça. C'est que je vous signale que M. Cohn-Bendit ainsi que toute une série de gens de droite et de gauche ont plaidé pour la privatisation du nucléaire. Voilà une folie. Voilà une folie ! Parce que le nucléaire est un domaine stratégique, que ce soit en matière d'indépendance ou en matière de sécurité. On ne peut pas transférer le nucléaire au privé. Il faut que l'Etat soit garant de la sécurité de nos compatriotes. Pourquoi ? Parce que le privé, il veut la rentabilité. Et le danger...
Roselyne FEBVRE.- Il faut taxer les grandes sociétés ?
Marine LE PEN.- Attendez. Le danger, c'est que, à force de rechercher la rentabilité, on diminue les investissements nécessaires à la sécurité pour réaliser le plus grand bénéfice possible. Voilà une prise de position claire qui, effectivement, touche et attire toute une série de gens de gauche qui voient que le Parti socialiste est devenu ultralibéral, qu'il s'est soumis à la mondialisation et aux grands intérêts privés.
Roselyne FEBVRE.- Vous faites ce qu'ont souvent fait Clinton et Blair : ce qu'on appelle la triangulation, la politique de l'adversaire. Alors un coup vous allez chercher Jaurès, un coup vous êtes très à droite, un coup vous êtes au centre et là, vous dites : « Il faut taxer les bénéfices des grandes sociétés du CAC 40. »
Marine LE PEN.- Madame, je ne fais aucune triangulation. J'ai un programme qui est cohérent. Je dis qu'il ne peut exister de politique sociale dans notre pays que si nous avons des frontières et un cadre national, que la mondialisation est la mort assurée de notre système de protection sociale. Voilà ce que je dis. Je suis logique. Je dis que nous sommes confrontés à une montée considérable des prix, notamment du pétrole. Les Français n'en peuvent plus. Ils ont déjà un pouvoir d'achat qui s'est effondré, ils ne peuvent plus faire face à cela. J'ai donc dit qu'il fallait abaisser la TIPP de 20 %. La taxe sur les produits pétroliers qui représente en moyenne 60 % du prix de l'essence à la pompe, excusez-moi du peu quand même. Donc, pour pallier cette perte de recettes pour l'Etat, il faut surtaxer les bénéfices des grandes entreprises gazières et pétrolières.
Roselyne FEBVRE.- La taxe Tobin, quoi ?
Marine LE PEN.- Juste un chiffre. Total a fait + 32 % de bénéfice ; 10,4 milliards d'euros de bénéfice l'année dernière. C'est quand même drôle : le pétrole monte, les prix montent ; le pétrole baisse, les prix montent.
Roselyne FEBVRE.- Je voudrais revenir sur le Front national, sur la structure, sur la façon dont vous fonctionnez. Vous pratiquez en quelque sorte l'ouverture à gauche, au centre. Vous aviez dans votre interview au Point il y a quelques semaines déclaré que la Shoah était le summum de la barbarie. On est loin du « point de détail » de votre père. Est-ce que ce n'est pas un premier pas pour intégrer le cercle démocratique ? Est-ce que vous êtes en train de faire un droit d'inventaire avec les vieux caciques du Front national qui ont quand même flirté avec le négationnisme ?
Marine LE PEN.- Madame, encore une fois, je n'ai pas de caution démocratique à donner. Je suis à la tête d'un mouvement qui n'a jamais contesté les résultats des élections, qui n'a jamais organisé une seule manifestation contre un meeting d'un adversaire alors que nous en avons été victimes à de multiples reprises, qui...
Roselyne FEBVRE.- Non mais vous devenez fréquentables.
Marine LE PEN.- ... qui plaide pour le pluralisme politique...
Roselyne FEBVRE.- Est-ce que vous devenez fréquentables ?
Marine LE PEN.- ... là où la classe politique cherche la bipolarisation à tout prix et l'anéantissement de toute voix différente de celle du système. Je m'exprime avec ma sensibilité. Je dis ce que je pense. La politique s'incarne et j'incarne un projet avec la sensibilité qui est la mienne. Je dis qu'on a fait peur à toute une série de gens en France. On leur a dit : « Le Front national vous veut du mal. » Ça n'est pas vrai et je viens leur dire : « Vous n'avez rien à craindre du Front national », qu'ils soient d'ailleurs de différentes religions ou de différentes origines. « Nous sommes là pour protéger tous les Français et par conséquent vous pouvez venir avec nous participer de ce projet et participer de cette vague dont j'espère qu'elle va nous libérer d'un système UMPS dont les Français ont soupé. »
Roselyne FEBVRE.- Vous avez lu l'interview de François Fillon mercredi ? Il disait qu'il craignait un 21 avril pour la droite. Il se fait peur ou il est réaliste ?
Marine LE PEN.- Non, il est réaliste, l'ensemble des études le prouvent mais surtout le terrain le prouve. Moi, ce qui m'intéresse, c'est que les sondages confortent ce que je ressens sur le terrain. Je pense que les Français ont conscience que l'UMP a tout trahi. Le PS d'ailleurs a aussi tout trahi. Par conséquent je crains - pour eux - qu'ils perdent les cantonales, qu'ils perdent les sénatoriales et je ne suis même pas sûre que Nicolas Sarkozy puisse être réellement candidat en 2012.
Roselyne FEBVRE.- Juste un petit mot sur la laïcité. Claude Guéant, le nouveau ministre de l'Intérieur, a dit qu'il était impossible d'interdire les prêches en arabe dans les mosquées
Marine LE PEN.- Oui mais, si on écoute l'UMP, il est impossible de tout.
Roselyne FEBVRE.- Mais vous en pensez quoi ?
Marine LE PEN.- Il est d'ailleurs impossible aussi, semble-t-il, d'empêcher les gens de prier dans la rue puisque, malgré les grandes déclarations de Nicolas Sarkozy, qui datent déjà d'un mois ou d'un mois et demi, tous les vendredis il y a encore des rues - dix-sept ou vingt - qui sont bloquées en France par des prières qui se multiplient parce que ces gens-là bénéficient du laxisme...
Roselyne FEBVRE.- Donc il faut interdire les prêches en arabe ou pas ?
Marine LE PEN.- Je crois qu'il faudrait écouter ce qui s'y dit. Parce que, en l'occurrence, un certain nombre d'imams radicaux prêchent sur notre territoire, en arabe, ce qui rend leur perception plus difficile, et je pense que, contre ces imams-là, radicaux, qui prêchent souvent la haine, rien n'est fait.
Roselyne FEBVRE.- Ce sera un autre débat un autre jour. Venons-en à la chronique de Soumaya Benaïssa sur les livres qui sont parus dernièrement. Aujourd'hui vous nous parlez de séduction mais pas n'importe laquelle et on vous posera la question : la séduction en politique. Soumaya.
Soumaya BENAISSA.- Oui. A l'heure où se profile, à grands coups de sondages et d'images, la prochaine élection présidentielle, il n'est pas inintéressant de parler de cette arme redoutable qu'est la séduction en politique. Christian Delporte, dans Une Histoire de la séduction en politique, nous propose un voyage au pays des séducteurs tel qu'il l'écrit. Alors, avant toute chose, la séduction en politique, c'est quoi ? C'est cet art de plaire pour convaincre mais qui se distingue de l'argumentation dans la mesure où il est exploitation des émotions, des affects et des sentiments. C'est un art, c'est un outil très ancien. On en a les premières traces dans les sociétés antiques, bien sûr, où la parole était centrale et où les politiciens utilisaient beaucoup la parole pour séduire. Et, aujourd'hui, c'est un outil, évidemment, qui s'intensifie puisque, dans les sociétés actuelles, au-delà de la parole, les technologies de communication sont à la grande disposition des hommes et des femmes politiques. Alors, dans ce pays des séducteurs, on croise qui ? Alors, sans détour et sans transition Jules César, Napoléon que l'auteur classe dans la catégorie des héros adulés qui entretiennent la fascination des peuples en cultivant les récits mythiques. On croise Hitler et Mussolini que l'auteur classe dans la catégorie des dictateurs hypnotiques qui envoûtent les foules à force de propagande monstre en tentant de s'humaniser, en vantant...
Roselyne FEBVRE.- Et toutes les paroles se valent alors ?
Soumaya BENAISSA.- Oui. Alors non, toutes les paroles ne se valent pas.
Roselyne FEBVRE.- Oui, c'est ça la question.
Soumaya BENAISSA.- Oui, toutes les paroles ne se valent pas et là, on passe du domaine technique au domaine éthique. C'est pour ça que je vous renvoie au livre de Philippe Breton, La Parole manipulée. Si De Gaulle ou Churchill ont puisé dans le registre de l'affectivité pour séduire les foules, on ne peut pas les mettre du même côté qu'Hitler et Mussolini. Et c'est ce qu'il développe : il faut garder cette frontière, c'est cette frontière qui conditionne la viabilité de notre espace démocratique.
Roselyne FEBVRE.- Donc la séduction en politique, est-ce que c'est une arme ? Est-ce que, quand vous faites de la politique, vous pensez à séduire ?
Marine LE PEN.- Non, je pense à convaincre. Je préfère...
Roselyne FEBVRE.- Oui mais ça fait partie... La séduction... Je parle pas de la séduction, on va dire...
Marine LE PEN.- Non mais je préfère beaucoup plus convaincre que séduire parce que la séduction est un parfum qui s'estompe en quelque sorte. J'use assez peu, je pense que vous avez pu le voir, de la séduction telle qu'elle peut être entendue quand en général on est une femme en politique.
Roselyne FEBVRE.- Cela dit, ça change quand même quelque chose d'être une femme en politique ? Dans la perception qu'on a de vous ?
Marine LE PEN.- En même temps, la personnalité est importante en politique parce qu'on ne fait de la politique, on n'est capable d'agir que si on a aussi un certain nombre de qualités. Si vous manquez de courage, si vous manquez vous-même de conviction, eh bien je pense que cela à un moment donné se ressent. Dieu merci puisque les Français ont été, par exemple, séduits par Nicolas Sarkozy et ils se sont vite rendu compte que la réalité, c'est qu'il n'appliquait pas du tout ce qu'il avait promis. Voilà un des effets négatifs de la séduction en quelque sorte.
Roselyne FEBVRE.- Vous dites « convaincre » mais, pour convaincre, il faut avoir une forme de séduction aussi.
Marine LE PEN.- Il faut se faire entendre. Il faut être lucide, il faut être courageux, il faut appeler un chat un chat, il ne faut pas tenter de manipuler les Français, de leur cacher la réalité, il faut leur proposer des solutions qui sont applicables et ne pas chercher à plaire. Parce que le problème, c'est qu'on est dans une société...
Roselyne FEBVRE.- Il ne faut pas chercher à plaire ?
Marine LE PEN.- ... totalement compassionnelle. Chacun se balade avec son cœur en bandoulière ou sa boîte de Kleenex, ça dépend des situations, alors même...
Roselyne FEBVRE.- Vous, vous ne jouez jamais ? Vous n'êtes jamais dans un jeu de séduction ?
Marine LE PEN.- Non mais surtout j'essaie de ne pas tomber dans le compassionnel en permanence parce que les responsables politiques sont obligés de prendre des décisions qui parfois sont difficiles à prendre pour protéger l'intérêt de leur peuple et qui sont parfois en contradiction effectivement avec les élans du cœur.
Roselyne FEBVRE.- Merci.

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Commentaires (16)

marine le pen

marine presidente de la republique francaise vive le fn vive marine vive la france

social

M.LEPEN . JE SUI VOTRE PARTIE ET JE VOUS ENCOURAGE DE VOTRE POLITIQUE MES QUE FERAI VOUS POUR LES TRAVAILLEUR DES METIER PENIBLE . QUE FERAIS VOUS AV TOUS LES PRIX QUI FLEMBLE CEREAL CARBURENT L4ALLIMENTATION ECT... . QUE FERAIS VOUS POUR TOUS CES MEDICAMENT QUI NE SON PLUS REMBOURCEZ . QUE FERAIS VOUS POUR LES TARIF GAZ EDF . NOUS PARTIE OUVRYE NOS MUTUEL TOUS NOS CHARGE QUE L4ONT SUBIT NOUS AVEC UN SALAIRE N'ARIVENT PAS A FINIR LE MOIS GALERE POUR SURVIVE ESPERENT QUE VOUS FERAIS MIEUX QUE UMP ET PS QUI NOUS A DETRUIS LE PEUT D'ECONNOMIE QUE L'ONT AVEZ ON NES A GENOUT ET PERSONNE NE DIT RIEN ON LAISSE TOUS FAIRE MEME LES SYNDICAT NE BOUGE PAS ILS TOUS DU COTE UMP ET PS MERCI DACSEPTE MES QUESTION MARC

Marine...

...defend son pays, sa patrie.
Je ne suis pas Francais mais si j'oubliais pour un moment sa casquette FN je dirais que son discours est en effet tres seduisant, tres nationaliste sinon populiste. C'est son droit.

En fait elle a raison sur plusieurs points dont ceux sur l'immigration. A mon avis elle serait prete a tout faire, par example aider l'Afrique economiquement, afin d'empecher toute volonte d'immigrer. Elle comprend les enjeux.

Notre futur chef d'etat c'est Marine !

Cette 2eme partie est aussi prenante et intéressante que la 1ere. Pour anonyme 17/03/2011 18h09 :

http://www.france24.com/fr/20110317-japon-catastrophe-nucleaire-lampedus...

Marine,
je vous écouterai pendant des heures,je vais encore et encore dans votre sens et j'espère ô combien que la majorité des Français vous fera confiance en 2012 car vous êtes digne de nous gouverner et de nous représenter avec fierté !
Marine Le Pen : première femme présidente de la République Française !

Marine le pen

Moi je suis Africain noir je partage son point de vue et je l'a trouve très intelligente que le groupe de 22 excepte Angela Merkel a la réunion de paris ou est prise cette décision barbare au lieu de dialoguer avec Me Gadafi qui en a demander la présence de l'onu.

interessante...

je ne suis pas francais mais cette femme est tres intelligente et interessante a suivre ...je lui accorde du crédit

Une étoile montante...

Si vous voulez mon avis, Marine Le Pen est vraiment une étoile montante. Je ne sais pas si DSK saura l’arrêter... Je suis même tenté de dire que ce sera une nouvelle Jeanne d'Arc. Si tout va bien, elle fera plus que 'l'effet Obama' en 2012. Si moi qui suis africain je suis prêt a voter pour elle, je ne vois pas pourquoi les français ne feront pas autant. En tout état de cause, 2012, ce sera au-delà des clichés... A bon entendeur, salut!

Non pas seduit mais convaincu...

Mais Marine a le profile vraiment très haut. Elle tranche nettement avec Sarkozy qui ne m'a jamais convaincu d'ailleurs. Elle va faire la différence et redorer le blason de la politique française. Elle a certainement un QI plus élevé qu'Obama et Angela Merkel... Seulement convaincu? Je suis peut-être aussi séduit!!!

D'ici 2012 ,si Dieu le veut ?!

Après le "car cher" ! pour certaines de nos cités dortoirs,le bienvenu sera pour un nettoyage urgent de cette "boulitique" d'un passé tsunamique !
L'heure est à la retenue et au respect mutuel, entre dirigeants et dirigés de cette nation,France du savoir vivre et de l'élégance, sans maquillage ni séduction,mais de valeurs tant bafouées jusqu'ici..
Signé par un humilié du système actuel,celui-la même qui ne voulait plus jamais voter !

Bonjour, Je dois avouer que

Bonjour,

Je dois avouer que le discours de Mme Le Pen est convainquant. Je ne suis pas une spécialiste des questions politiques, économiques ou sociales mais elle a le mérite de faire des propositions claires et compréhensibles là ou la gauche n a rien de concret à proposer et ou la droite prend des décisions qui suivent l'émotion du moment. Par ailleurs, je suis moi même africaine et on ne peut reprocher à la France de vouloir maitriser ses flux migratoires si elle estime que sa situation socioéconomique s,en trouve menacée. Reste maintenant à nous en faire la démonstration.

Encore Bravo Marine

Chapeau, rien à rajouter, ses arguments sont implacables.
Marine est actuellement bien au-dessus de la mélée.
J'espère qu'elle saura être comprise et entendue. C'est ce qui semble être le cas en ce moment, mais les français sont tellement bizarres parfois, que je crains qu'au dernier moment il se tournent à nouveau vers la Droite ou Gauche traditionnelles : on prend les mêmes et.... on recommence !! ça doit les rassurer... Ils veulent du changement mais ils en ont peur aussi ! Tout est pourtant à modifier et à remettre à plat dans notre pays. Depuis tant d'années, les autres partis nous ont prouvé qu'ils étaient incapables de se remettre en question, scandales à répétition, et surtout soucieux de leurs intérêts personnels. Le changement ne peut venir que d'un parti renouvelé qui apporte propositions et idées nouvelles avec des têtes nouvelles. Marine, avec sa sensibilité de femme mais aussi sa force et son bon sens, incarne pour moi ce changement possible.

Première partie.

Bonjour,

Je voulais juste savoir ou l'on pouvait trouver la première partie de la vidéo ?

Merci !

whaou

Excellente Marine encore une de gauche qui va voter pour toi !

Mais quel est cette grimace à la fin de Madame Benissa ?

COHERENT

Marine Le pen a un discours cohérent malgré la volonté de la journaliste à vouloir lui faire dire autre chose que ce que la présidente du FN exprime depuis le début de sa campagne. Il faut choisir entre un dirigeant qui fait passer l'intêret général d'un peuple à la place de la politique compassionnelle des candidats de gauche ou de droite qui pour se faire élire sont prête à verser quelques larmes sur la misère des citoyens -

interview de Marine Le Pen par Roselyne Febvre

Madame,Où est passé la complaisance et la complicité dont vous faites preuve,dans vos interviews de personnalités de Gauche!!!??.Ce n'est pas en posant des questions à Marine Le Pen avec un air dégouté,que vous faites preuve d'un esprit républicain!!!Continuez comme cela,Marine Le Pen sera élue en 1 TOUR!!.En tant qu'ancienne électrice de Gauche,vous m'avez convaincue un peu plus de voter pour MARINE LE PEN.

MErci

Merci a cette journaliste qui grâce a ces questions et son parti pris aides le FN. Les orientations directs sont tellement claires que j'ai arrêter avant la fin de l'émission Non a causse de Marine LE PEN mais a cause de Roselyne FEBVRE qui de toute evidence a oublier le métier de journaliste pour faire elle-meme campagne. UN journaliste est théoriquement objectif....

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