Dernière modification : 17/03/2011 

- France - Immigration - Libye


Marine LE PEN, Présidente du Front National

Marine LE PEN, présidente du Front National et candidate à l'élection présidentielle de 2012. Elle s'exprime dans le cadre de cette partie sur les thèmes centraux de l'actualité internationale et nationale de la semaine. Entre autres Le Japon et les conséquences de la catastrophe nucléaire, la Libye et le rôle de la France, Lampedusa et la questions des flux migratoires.

Roselyne FEBVRE.- Bonjour et bienvenue dans « Politique » avec notre invitée, aujourd'hui Marine Le Pen. Bonjour.
Marine LE PEN.- Bonjour.
Roselyne FEBVRE.- Présidente du Front national, vous êtes avec nous pour ces deux parties. Nous allons parler, bien sûr, de l'actualité internationale mais aussi nationale. Mais peut-être une première question sur le Japon et cette catastrophe naturelle : le tremblement de terre. Des Japonais qui vivent la destruction mais aussi la menace nucléaire. Comment peut-on aider aujourd'hui, nous et les autres, le Japon ?
Marine LE PEN.- D'abord, on n'a pu que tous avoir une admiration absolument sans bornes pour ce peuple d'un sang-froid et d'un courage vraiment remarquables. Nous avons des leçons à tirer de la manière dont le Japon s'est préparé aussi et a préparé sa population à ce type de catastrophes parce que je crois que la France, en l'occurrence, est très mal préparée. Moi, j'ai fait un certain nombre de propositions.
Roselyne FEBVRE.- Mal préparée à des catastrophes de ce type ?
Marine LE PEN.- Oui. Moi, je pense qu'il faut d'abord mettre en place une grande campagne de sensibilisation à destination des Français, peut-être même dès les écoles, pour que les Français apprennent ce qu'ils doivent faire en cas de catastrophe.
Roselyne FEBVRE.- Il y a peu de risques sismiques en France.
Marine LE PEN.- Oui mais on ne sait pas. N'importe quoi peut arriver. Je vous signale que nous avons vécu tout de même des inondations extrêmement graves qui ont démontré que nous étions très mal préparés à cela. Vous avez vu, tous les mercredis matins à midi de chaque mois, les sirènes sonnent. Moyennant quoi on dit : « Tiens, il est midi ! » mais on ne sait pas du tout quoi faire si jamais il y a véritablement une catastrophe. Donc il faut une campagne de sensibilisation. Je pense qu'il faut également mettre en œuvre maintenant la création d'une garde nationale civile avec des réservistes, avec éventuellement des retraités brancardiers qui puissent intervenir. Elle pourrait être constituée, par exemple, de cent mille personnes qui puissent intervenir immédiatement en cas de catastrophe naturelle. Ça me paraît essentiel à la préservation et à la protection de notre peuple.
Roselyne FEBVRE.- Ça va être une proposition, ça ?
Marine LE PEN.- Oui, tout à fait. Je crois que c'est essentiel à la protection, à la préservation, à la sécurité de notre peuple en cas de catastrophe.
Roselyne FEBVRE.- Deuxième conséquence. Nous allons parler du risque nucléaire dans quelques instants mais quelles sont les conséquences pour l'économie japonaise et pour l'économie mondiale ?
Marine LE PEN.- Evidemment, cette catastrophe participe déjà, dans la situation mondiale, du chaos qui est en train de frapper le système monétaire international et risque de contribuer à accélérer en quelque sorte ce chaos. Ce chaos sera peut-être positif puisqu'il permettra, je l'espère, de pouvoir mettre en œuvre un autre système monétaire international que celui qui a démontré son incapacité à assurer la prospérité des peuples du monde, tant d'ailleurs occidentaux que, en l'occurrence, africains. Un certain nombre pensent que la reconstruction permettra au Japon de s'en sortir. Moi, je crois que le Japon a une grande capacité de sursaut économique.
Roselyne FEBVRE.- Un peu comme les Américains ? Cette capacité à rebondir ?
Marine LE PEN.- Probablement. C'est en tout cas ce que j'espère, évidemment, pour le peuple japonais.
Roselyne FEBVRE.- La catastrophe nucléaire est, bien sûr, suspendue comme l'épée de Damoclès au-dessus de la tête de Japonais. Ce drame relance aujourd'hui en France le débat sur le nucléaire. Quel est votre avis là-dessus ? Parce que, quand on regarde votre programme, au chapitre « Energie », il est écrit : « Poursuivre l'effort sur l'énergie nucléaire ». Ça veut dire que, selon vous, il ne faut pas réduire cette dépendance que la France a envers le nucléaire ?
Marine LE PEN.- Non, je pense que le choix qui a été fait du nucléaire en France était un bon choix. La preuve, d'ailleurs, c'est que ce choix limite évidemment la dépendance de la France à l'égard de monarchies pétrolières dont on voit que leur situation n'est pas stabilisée. Demain, on pourrait voir un pétrole qui augmente dans des proportions qui seraient insupportables et inabordables pour les Français. Par conséquent, quand on voit les écologistes surfer en quelque sorte sur la peur du nucléaire au bénéfice de cette catastrophe pour demander la réduction...
Roselyne FEBVRE.- C'est électoraliste ?
Marine LE PEN.- Mais évidemment que c'est électoraliste parce qu'ils n'ont rien d'autre à proposer que cela. Et même ils ont une responsabilité parce que, depuis des années, ils s'opposent à tout investissement dans le nucléaire, or ces investissements avaient pour vocation d'abord de moderniser les centrales françaises qui, incontestablement, sont vieillies et, en les modernisant, de renforcer la sécurisation de ces centrales nucléaires. Je vous rappelle que c'est eux qui, au passage, ont fait capoter Iter. Bon. Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne chose. Ce qui ne veut pas dire que l'on ne doit pas engager des recherches et des investissements dans d'autres sources d'énergie. Moi, ça fait de nombreuses années que je défends les recherches sur l'hydrogène parce que je pense que les recherches avancent et que l'hydrogène est une énergie totalement propre. L'eau, ça repart en eau en quelque sorte, même s'il faut de l'électricité. Donc on peut réfléchir à tout cela. Mais dire aujourd'hui : « Il faut réduire le nucléaire » alors même que les Français n'arrivent même plus à mettre de l'essence dans leur voiture tellement l'essence est chère m'apparaît complètement absurde.
Roselyne FEBVRE.- La catastrophe japonaise a occulté la situation en Libye avec les forces du colonel Kadhafi qui reprennent petit à petit les bastions, notamment Benghazi, qui est prête à tomber. Faut-il intervenir, selon vous, en Libye ou comprenez-vous l'immobilisme de la communauté internationale ?
Marine LE PEN.- Intervenir comment exactement ? Faire la guerre à la Libye ?
Roselyne FEBVRE.- Les frappes aériennes.
Marine LE PEN.- Faire la guerre à la Libye ? Rentrer dans une guerre en Libye ? Alors que nous sommes déjà embourbés dans une guerre en Afghanistan. Alors que l'Irak est loin d'être stabilisé et quasiment en guerre civile. Moi, je crois que c'est un très mauvais choix.
Roselyne FEBVRE.- Donc Nicolas Sarkozy a tort ?
Marine LE PEN.- Oui, il a tort, bien sûr. Il joue les va-t-en-guerre contre la Libye, omettant d'ailleurs au passage de dire que la situation de notre armée est tellement catastrophique, elle est tellement éparpillée dans l'ensemble du monde que probablement nous n'aurions même pas les moyens matériels de pouvoir mener ces opérations militaires. Mais surtout, la responsabilité d'un président de la République, c'est de penser d'abord à l'intérêt du peuple français et à l'intérêt de la France. M. Kadhafi vient de nous menacer d'engager des attaques terroristes contre notre pays au cas où nous interviendrions.
Roselyne FEBVRE.- Il menace Nicolas Sarkozy de révéler l'argent qu'il lui aurait donné pour sa campagne.
Marine LE PEN.- Oui. Ça, à la limite, ça touche Nicolas Sarkozy, c'est son problème.
Roselyne FEBVRE.- Vous croyez à ces menaces ?
Marine LE PEN.- Oui, j'y crois. Bien sûr. M. Sarkozy était très proche de M. Kadhafi, il me semble, avant de changer totalement son fusil d'épaule. Et puis M. Kadhafi a menacé d'arrêter de maîtriser l'immigration clandestine qui part de Libye, or il y a un million et demi, je crois, d'immigrés en Libye. Si ceux-ci montent sur des bateaux pour venir dans l'Union européenne, eh bien nous seront absolument submergés. Une autre chose, c'est que la Ligue arabe semble opposée à des frappes militaires en Libye. Alors qu'est-ce qu'il va se passer ? Si nous intervenons, nous allons nous mettre à dos...
Roselyne FEBVRE.- Elle commence à changer d'avis.
Marine LE PEN.- Oui, elle change d'avis au moment où les frappes aériennes n'ont plus aucun intérêt puisque en réalité l'avancée de M. Kadhafi se fait avec des moyens terrestres. Nous ne sommes tout de même pas dupes. Nous risquons de nous mettre les opinions publiques arabes à dos en intervenant. Je crois que, très honnêtement, Nicolas Sarkozy...
Roselyne FEBVRE.- Alors il faut faire quoi ?
Marine LE PEN.- Il eût fallu peut-être agir par la diplomatie. Et il faut forcer la Ligue arabe...
Roselyne FEBVRE.- La diplomatie, avec Kadhafi, ça n'avait pas l'air de marcher.
Marine LE PEN.- Et la Ligue arabe, que fait-elle ? Parce qu'après tout je suis désolée de vous rappeler qu'il y a quand même une communauté géostratégique, une communauté de culture, une communauté de langue, une communauté de religion entre un certain nombre de pays et la Libye. C'est plutôt à eux quand même, dans le cadre des bassins civilisationnels, d'intervenir. Moi, je crois que la diplomatie doit être régionale. Pourquoi c'est toujours l'Union européenne qui doit intervenir, qui doit intervenir militairement, qui doit accueillir les clandestins qui arrivent ? Après tout, le Maroc, l'Algérie, la Turquie, les monarchies pétrolières qui...
Roselyne FEBVRE.- Ils n'ont pas les moyens ?
Marine LE PEN.- Les monarchies pétrolières n'ont pas les moyens ? Excusez-moi !
Roselyne FEBVRE.- Ah si ! Mais le Maroc...
Marine LE PEN.- Elles regorgent de pétrodollars. Le Bahreïn, le Qatar, l'Arabie saoudite devraient...
Roselyne FEBVRE.- Oui, bien sûr, ces pays-là. Les monarchies du Golfe, oui.
Marine LE PEN.- C'est à eux de régler diplomatiquement les problèmes dans cette partie du monde.
Roselyne FEBVRE.- Mais le Maroc...
Marine LE PEN.- Si demain il y avait une catastrophe naturelle, par exemple, en Italie, il serait tout à fait légitime que ce soit la France qui accueille les réfugiés italiens.
Roselyne FEBVRE.- Donc les voisins, en gros ?
Marine LE PEN.- Ben oui. Non seulement, sur le plan géostratégique, ça me paraît sage mais, de surcroît, ça me paraît être de bon sens.
Roselyne FEBVRE.- Est-ce que Nicolas Sarkozy a eu raison de reconnaître le Conseil national de transition libyen, l'opposition libyenne ?
Marine LE PEN.- Ecoutez, même son ministre des Affaires étrangères n'était même pas au courant ! BHL, toute chemise ouverte, revient de Libye avec quelqu'un sous le bras dont personne ne sait qui il est et il dit : « Voilà le gouvernement légitime de la Libye » et on reconnaît ce gouvernement de transition. Mais jamais personne n'a vu cela dans aucune partie du monde. Une fois de plus nous nous sommes totalement déconsidérés en matière de diplomatie et Nicolas Sarkozy est d'ailleurs obligé...
Roselyne FEBVRE.- En voulant faire mieux que pour la Tunisie et être le premier, on a...
Marine LE PEN.- Non mais d'accord mais...
Roselyne FEBVRE.- Il fallait faire quelque chose.
Marine LE PEN.- Non mais faire n'importe quoi dans un sens ou n'importe quoi dans l'autre, ça reste du n'importe quoi. M. Juppé a été obligé de rétropédaler en disant que non, non, en fait, on ne les reconnaît pas comme un gouvernement de transition mais comme des interlocuteurs politiques. Enfin, tout ça...
Roselyne FEBVRE.- Ça vous inspire quoi, tout ça, alors ?
Marine LE PEN.- Tout ça me donne un sentiment d'amateurisme total. Je pense que l'Etat français est en situation d'effondrement à cause d'un président de la République qui ne dirige plus rien, qui fait de la politique à coups de menton ou à coups de cœur, ça dépend des fois. Et l'intérêt et l'image de la France en ressortent durablement affaiblis.
Roselyne FEBVRE.- Cette semaine, vous étiez en Italie, à Lampedusa, porte d'entrée de l'Europe pour les candidats à l'immigration. Vous avez déclaré : « Ce n'est pas un coup de com'. » Alors franchement c'est quoi ? Vous n'êtes restée que deux heures sur place. Est-ce que là vous n'appliquez pas les méthodes de Nicolas Sarkozy qui a souvent fait des coups médiatiques ?
Marine LE PEN.- Pas du tout. Je suis allée sur place. J'ai été le seul député européen non Italien à venir sur place, à Lampedusa, pour m'entretenir avec les carabinieri, pour m'entretenir avec la douane, pour m'entretenir avec le maire de Lampedusa, qui m'a d'ailleurs accueillie très chaleureusement, qui était très heureux qu'un député européen étranger vienne voir ce qu'il se passe à Lampedusa.
Roselyne FEBVRE.- Et ça a changé quoi ?
Marine LE PEN.- D'abord ça m'a permis de savoir dans quelle situation se trouvent les autorités là-bas. Elles sont totalement abandonnées de tous, obligées de gérer des flux qui commencent à devenir massifs. Elles en sont réduites à espérer en quelque sorte le mauvais temps pour éviter que les bateaux partent de Tunisie pour venir s'échouer à Lampedusa. Le jour où je suis partie, 1.800 clandestins...
Roselyne FEBVRE.- Vous voulez dire qu'ils souhaitent des tempêtes pour que les bateaux n'arrivent pas ?
Marine LE PEN.- Non, pour qu'ils ne partent pas de là-bas. Mille huit cents clandestins, le jour où j'étais à Lampedusa, sont arrivés sur l'île alors même que le centre de rétention était déjà surchargé.
Roselyne FEBVRE.- Mais ils en font quoi alors de tous ces...
Marine LE PEN.- Eh bien voilà. Ils arrivent et puis, après avoir vu leur identité, ils leur donnent un ticket en disant : « Dans cinq jours il faut avoir quitté le pays. » Eh oui, ils quittent le pays, ils viennent pour la plupart en France. Soixante-dix pour cent des jeunes qui sont à Lampedusa veulent venir en France. Et ces jeunes...
Roselyne FEBVRE.- Mais ils veulent ou ils viennent ?
Marine LE PEN.- Ils viennent. Ils sont en train de passer la frontière qui n'existe pas entre l'Italie et la France à Vintimille et notre propre police est submergée, débordée.
Roselyne FEBVRE.- Donc vous, vous dites... Est-ce qu'il faut aller chercher dans le champ lexical de l'UMP, comme dit Chantal Brunel, les remettre dans les bateaux ?
Marine LE PEN.- Non. L'UMP n'a aucune solution. Aucune. L'UMP est pour la politique du chien crevé au fil de l'eau, c'est-à-dire laisser faire en espérant que les Français ne verront pas. Moi, j'ai proposé une chose très claire. D'abord, retrouver la maîtrise de nos frontières, mettre en application l'article 2-2 de Schengen qui nous permet en cas d'urgence de maîtriser par des douaniers nos frontières entre l'Italie et la France.
Roselyne FEBVRE.- Oui mais il faut que les Vingt-Sept soient d'accord.
Marine LE PEN.- Non. Pas du tout. On l'a fait pour un certain nombre de sommets européens, notamment pour protéger l'Allemagne des gens d'extrême gauche. C'est parfaitement faisable immédiatement. Deuxièmement, passer un accord bilatéral avec l'Italie et peut-être demain avec l'Espagne si la situation s'aggrave pour que nos marines nationales arraisonnent les bateaux au plus près des côtes de départ pour les convoyer en toute sécurité vers leurs côtes de départ. On m'a insultée pour cela. On m'a accusée de toute une série de maux pour avoir osé proposer cette solution. Que s'est-il passé ? La nuit où je suis partie de Lampedusa, un ferry de 1.850 clandestins est arrivé, a essayer d'aborder Malte et a été arraisonné par la marine italienne au large de la Sicile et reconvoyé dans les eaux territoriales libyennes.
Roselyne FEBVRE.- Vous voulez dire que tout le monde doit faire ça ?
Marine LE PEN.- Ça veut dire que le ministre italien de l'Intérieur a appliqué la solution Marine Le Pen parce qu'il n'y en a pas d'autre. Voilà. Et moi, j'ai le courage de dire cela. Moi, je suis absolument effarée de voir que ni le Parti socialiste, ni l'UMP ne proposent la moindre solution face à un danger qui risque de s'aggraver. Car quelques milliers, c'est une chose. Mais si demain ce ne sont plus quelques milliers mais quelques centaines de milliers, qu'est-ce que nous allons faire ?
Roselyne FEBVRE.- Et, puisque nous parlons d'Europe, vous dites : « Il faut sortir de l'euro. » Ecoutez cette question posée pour vous par Raphaël Kahn, spécialiste d'économie.
Raphaël KAHN.- Marine Le Pen, bonjour. Alors ce projet de sortir la France de l'euro, on le sait, risque de se heurter à deux difficultés, à la fois des taux d'intérêt plus élevés et puis également une dévaluation de la monnaie. Ma question : comment vous faites, du coup, pour financer le déficit public et l'endettement de l'Etat ? On le sait, ce sont deux très gros enjeux pour les années à venir. La hausse de l'impôt ? C'est ma question. Je suis allée sur votre site pour regarder. Malheureusement, je suis tombé sur une feuille blanche. Est-ce que vous avez la réponse ?
Marine LE PEN.- Oui, bien sûr que j'ai des réponses. D'abord, je tiens à dire - et c'est dommage qu'il ne soit pas en face de moi - qu'il y a beaucoup d'institutions financières, beaucoup d'Etats et beaucoup de grands patrons du CAC 40 qui sont déjà en train de travailler sur le krach de l'euro parce qu'il y a un grand risque que l'euro s'effondre. Et moi, mon rôle comme responsable...
Roselyne FEBVRE.- Mais justement : dévaluation...
Marine LE PEN.- Ecoutez-moi. Comme responsable politique, mon rôle est d'anticiper la sortie de l'euro plutôt que de la subir. Parce que si nous la subissons, là, effectivement, la catastrophe économique et sociale est annoncée. J'ai donc proposé une sortie groupée de l'euro. Pourquoi ? Parce que, incontestablement, l'euro n'a pas démontré sa viabilité et n'a pas apporté, comme on nous l'avait promis, la croissance et la prospérité et la lutte contre le chômage aux peuples européens. Au contraire, il a contribué à enfoncer nos économies, les rendant durablement affaiblies et malades. La Grande-Bretagne vient de faire une dé...
Roselyne FEBVRE.- Oui mais la question est : comment gérer nos déficits et la dette s'il y a une dévaluation ?
Marine LE PEN.- Non mais retrouver une monnaie nationale permettra de sortir de la loi de 1973. La loi de 1973 est celle qui nous a obligés à emprunter sur les marchés financiers internationaux avec des taux d'intérêt qui n'ont eu de cesse de monter au fur et à mesure que nous empruntions. Si nous retrouvons notre monnaie nationale, nous pouvons...
Roselyne FEBVRE.- Mais il y a un risque de dévaluation.
Marine LE PEN.- Non mais attendez. Si nous retrouvons notre monnaie nationale, nous pouvons rendre à la Banque de France sa prérogative de prêter au Trésor quasiment sans intérêts et sortir ainsi de la spirale du surendettement que nous vivons depuis des années. Voilà un moyen de résorber la dette. Moi, j'ai proposé un plan de résorption de la dette à l'horizon 2025. Si on continue à emprunter sur les marchés financiers et si on continue sous la coupe de l'euro, notre dette ne pourra pas être remboursée avant 2130, et encore au prix d'une régression sociale absolument massive. Parce que, pour sauver l'euro, on sacrifie les peuples. Une dévaluation peut être compétitive.
Roselyne FEBVRE.- Oui mais ça sera la course : tout le monde la fera et ça arrive à des crises.
Marine LE PEN.- La Grande-Bretagne vient de dévaluer sans que cela pose le moindre problème. Pourquoi ? Parce que la dévaluation oxygène l'économie. D'ailleurs le FMI de M. Strauss-Kahn vient de conseiller aux Etats-Unis de dévaluer leur monnaie justement pour faire baisser les déficits et pour relancer l'économie. Alors c'est bon pour les autres mais, si je comprends bien, ce n'est pas bon pour nous.
Roselyne FEBVRE.- Merci, Marine Le Pen. On se retrouve dans quelques instants. On continue, on parle des sondages, de la politique française et d'économie. A tout de suite.
 


Commentaires (25)

à Marine LE PEN

désolé, je ne sais comment vous contacter: Votre intervention télévisée sur FRANCE 2 hier: Remarquable! La tête de Laurent JOFFRIN, blanc de rage! Quel bonheur!
Daniel CANNESON, conseiller municipal de SANTES.

à lire pas de messages, on

à lire pas de messages, on dirait de la promo pour une marque de lessives... ça en devient pathétique tous ces "on a besoin d'elle s'il n'est pas trop tard !!!!!!!! " ou ces " la maitrise de tous les domaines fait d'elle une candidate présidentiable sans concurence aucune ". Merci aux frontistes d’arrêter de polluer tous les forums.

discours lamentable

Marine Le pen tient un discours simpliste, dont l’argumentation est d’une bêtise qui ne résiste pas à une simple recherche des faits…exemple, intervention de soutien aérien à l’insurrection en Lybie :
« Il joue les va-t-en-guerre contre la Libye, omettant d'ailleurs au passage de dire que la situation de notre armée est tellement catastrophique, elle est tellement éparpillée dans l'ensemble du monde que probablement nous n'aurions même pas les moyens matériels de pouvoir mener ces opérations militaires. » dit-elle à propos de Sarkozy et de notre armée.

Certes notre armée ne dispose pas de moyens exceptionnels mais tout d’abord celle de Kadafi est quasi inexistante, ensuite l’aviation française n’est pas la seule engagée, Angleterre, Etats- unis…nous ne pourrions pas faire face ?? Bêtise, exagération coupable ou ignorance ?? Dans tous les cas ce discours approximatif, illogique sur la vision des moyens de notre armée et de la coalition est lamentable.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_de_l'air_(France)

Lamentable la vision géostratégique qui voudrait que le monde se découpe en « bassin civilisationnel », l’occident contre l’orient ?? Bêtise économique lorsque l’Algérie, la Lybie entre autre, nous fournissent pétrole et gaz, nos intérêts sont liés. L’aide de la France, des alliés, permet de mettre la Chine à distance d’une ressource incontournable comme le pétrole libyen.

http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?ref_id=NATTEF11310

Et voilà maintenant que les immigrés de Lybie nous tomberaient dessus à coup d’un million cinq milles ?? Avec quels moyens ? Par barque de 300, 1000 ?? Ne sont-ils pas concentrés aux frontières Tunisienne et égyptienne ? Exagération et ignorance voici les deux mamelles d’un discours dont le seul intérêt est l’espérance d’une prise de pouvoir pour le pouvoir et rien d’autres.

http://www.france24.com/fr/20110305-evacuation-port-zarzis-travailleurs-...

http://www.nordeclair.fr/Actualite/2011/01/18/l-impact-de-l-immigration-...

Si les solutions de Marine Le pen et de son futur gouvernement fantôme (trop bon sans doute pour nous être présenté tout de suite…de la famille sans doute, à la Ben Ali ?) sont du même tonneau, nous aurons perdu la démocratie et le cœur de la France.

dernier scrutin

Je suis inscrit électeur à Caen III . Avant d'entrer dans l'isoloire et après avoir satisfait à mon identité, je me suis muni des bulletins de vote, dont 1 aurait dû être glissé dans l'enveloppe. Il n'en a rien été !JE N'AI PAS TROUVE DE BULLETIN MARQUÈ DU FRONT NATIONAL !!! j'ai donc déposé une enveloppe vide dans l'urne. C'est grand dommage! Si les "éligibles" n'ont pas le COURAGE de se démarquer, autant qu'ils laissent leur place à d'autres. Cela augure mal pour la présidentielle !!!

Roselyne TRUC, arrêtez de couper la parole

Roselyne TRUC, arrêtez de couper la parole à Marine LE PEN, sinon il fallait laisser quelqu'un d'autre faire cette entrevue !!

Marine LE PEN a raison, mais nous savons que la plupart des journalistes ont des consignes pour essayer d'enrayer la montée du FN !!!

Marine Lepen sera une bonne dirigeante

à l'heure ou Nicolas sarkozy continue d'écorner l'image de la France avec une décision aberrante qui est de reconnaitre les rebelles comme force légitime en Libye et en Cote d'ivoire ,je pense sincèrement qu'il doit partir.faisons confiance au FN.

réponse à Marie le PEN

Marie le PEN a raison et la FRANCE est dirigée par un vrai clown.Lui aussi doit dégager.En cas d'attaque terroriste dans le sol Français notre clown en assumera l'entière responsabilité.Et si kaddafi disait vrai, que les rebelles font partie d'el qaida qu'en pensera notre clown qui les a reconnu?

n'importe quoi !

les 1850 "clandestins" n'étaient pas dans une barque ... ils étaient dans un paquebot Marocain, rempli de citoyens Marocains, le Mistral. Il voulait accoster TEMPORAIREMENT pour se raviatller en carburant. Le paquebot est d'ailleurs reparti au Maroc, sa destination final.

tres concluant

c la personne qu il nous faut franche et sans lange de bois je croise les doigts deja pour les canto et de plus ^pour 2012

tres concluant

c la personne qu il nous faut franche et sans lange de bois je croise les doigts deja pour les canto et de plus ^pour 2012

Voilà une dimension de candidat (e) présidentiable

L'impécabilité, la maitrise de tous les domaines fait d'elle une candidate présidentiable sans concurence aucune. En tout cas, elle est plus que son père J.M. Le Pen.

Marine la salvatrice des Français

Le discourt de Marine est compréhensible pour tous,sa simplicité,son charisme fait d'elle une personne que l'on a envie d'écouter.

J'ai hâte de voir sa campagne présidentielle.

Elle va droit au but sans contourner la situation dans tous les sens et elle apporte des réponses crédibles.
Je pense et j'espère qu'elle sera notre future présidente de la république Française.

Je pense qu'elle peut apporter beaucoup à notre pays et nous rendre notre dignité.
En tous cas,mon bulletin de vote sera bleu Marine.

bravo!

Vive Marine Le Pen! Enfin quelqu'un qui est sincère et qui touche les points dit "sensibles". Ses réponses sont pertinentes et démontrent un peu plus dans quel pays de dingue on vit. Si elle ne devient pas présidente en 2012, on est perdu...

Marine LE PEN a entièrement

Marine LE PEN a entièrement raison dans ce qu'elle dit

yes side

elle a raison ces la seul parti qui défend les français moi mème je suis pas d origine française mais je vie ici et j aime la France

Intervieuw de Marine le Pen

Madame,
Je n'ai pu m'empêcher de sursauter lorsque j'ai connu votre opinion sur l'aide que l'UE (pas à la majorité) veut apporter aux ressortissants Lybiens. Pas plus tard que la semaine dernière, j'ai fait à mon époux, les mêmes réflexions que vous !
Pourquoi ne sont-ce pas les pays Arabes qui vont aider leur "frères" ?
Pour ce qui est de l'immigration, vous regardez les choses en face ! Je ne suis pas "contre" l'immigration en général mais elle devrait être dûment contrôlée.....
Pour ce qui est des centrales nucléaires, il est vrai aussi que de façon réaliste, cela nous rendrait encore plus dépendant du pétrole....dont les réserves d'ailleurs diminuent..... Je n'aime pas le nucléaire car le risque zéro n'existe pas. Mais il faut reconnaître, qu'à l'heure actuelle, d'autres solutions écologiques ne sont guères probantes. Ce qui m'indispose beaucoup est le fait qu'il allait de soi qu'un jour viendrait où les centrales deviendraient "obsolètes". Comment n'a-t-on pas profité pour lancer le fameux "ITER" qui reste en partie du domaine nucléaire mais avec infiniment moins de danger ? Bien sûr, il faut des cerveaux, des fonds, et une volonté politique.
Pourquoi n'a-t-on pas mis en place le plan de sauvegarde pour la population dûment éclairée.....
Comme vous le voyez, mes préoccupations rejoignent les vôtres.
Cependant, je serais curieuse de connaître votre point de vue sur bien d'autres sujets ! Tel que la liberté religieuse, séparée de l'Etat (ce qui est déjà la cas) et respectueuse de la démocratie. Proposer mais sans plus....je suis croyante vous vous en doutez à présent. Cela ne m'empêche pas d'avoir un esprit parfois cartésien. Il y a moyen de vivre en bonne entente dans un monde véritablement démocratique et civilisé.
Je voudrais voir le monde politique tenir ses promesses et être intègre. Le monde en a assez des discours foireux et des retournements de vestes. Sans compter le manque de transparence à beaucoup de niveaux. Une sécurité sociale et une solidarité me semble indispensable, un niveau de revenu minimum et un chômage aussi. Mais encourager au maximum toutes les personnes en état de travailler et parfaire leurs connaissances. Pas un pays uniquement d'assistés.
Tout est une question : de bon sens, de responsabilité, de devoir, de charité, de solidarité mais tout cela dans un contexte clair et bien établi.
J'ai horreur de l'injustice que nous subissons mais j'ai tout autant en horreur de faire subir une injustice. Equilibre !!!
En ce qui concerne l'économie et l'euro....c'est une "mort annoncée" ce n'est pas moi qui le dit, mais des économistes, des financiers.....je ne suis pas assez "ferrée" dans ce domaine mais reste dubitative à ce sujet......
Je pense, en écrivant ceci, dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas......
Le reste de votre programme est flou et vague....j'aimerais beaucoup plus de clarté et de précision sur ce sujet.
Merci.

Noir du matin

les beaux discours des gens ( Sages??? ) se sont parfois transformés en apocalypse quand il s'agit de leur application..je reste méfiant...!!!

bien vu que de la maitrise et

bien vu que de la maitrise et de bonne idées

est-ce vrai?

Son discours pour l’instant est tres admirable, mais une fois elue, appliquera t-elle ses propos?

Niveau d'un chef d'état

La clarté, la lucidité, et la modération de ses propos, comme on le constate sur cette vidéo, font non seulement de Marine Le Pen une personnalité politique d'un niveau de chef d'état, mais plus encore, du niveau d'un chef d'état tel que l'on en avait plus vu depuis plus de 30 ans.

Mon ami l'expert économique

Il faudra que d'ici 2012, les sympathiques journalistes spécialistes de l'économie se mettent à potasser leurs contradictions, car elle a raison : le RU et les USA dévaluent, et il n'y a pas d'apocalypse. Pourquoi en serait-il autrement de la France ?

lucide

Excellente! Elle parle avec son coeur ! Aucune feuille devant elle, c'est une pro !

la suite please

la suite please

seule cette femme nous

seule cette femme nous sortiras d'affaires.............s'il n'est pas trop tard!!!

Sensé

Elle est en tout cas plus sensée que Sarkozy en matière de politique étrangère! Et de loin! Faut reconnaître qu'lle a du Punch et des arguments!

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