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FRANCE

Après Airbus, Air France mis en examen pour "homicides involontaires"

Dernière modification : 18/03/2011

La compagnie aérienne française est poursuivie pour homicides involontaires dans le cadre de l'enquête sur le crash en juin 2009 du vol Rio-Paris. Jeudi, le constructeur Airbus a été mis en examen pour le même motif.

AFP - Après Airbus jeudi, la compagnie aérienne Air France a été mise en examen vendredi pour homicides involontaires dans l'enquête sur l'accident en juin 2009 du vol Rio-Paris, à trois jours du lancement de nouvelles recherches des boîtes noires de l'avion.

La juge chargée de l'enquête, Sylvie Zimmerman, a signifié vendredi matin au directeur général d'Air France, Pierre-Henri Gourgeon, la mise en examen en tant que personne morale de la compagnie à laquelle appartenait l'Airbus A330 qui s'est abîmé au large du Brésil, causant la mort de 228 passagers et membres d'équipage.

Dans l'état actuel des investigations, les enquêteurs estiment qu'une défaillance des sondes Pitot, qui servent à mesurer la vitesse de l'avion, est susceptible d'être une des causes de l'accident mais ne peut être à elle seule à l'origine de la catastrophe.

"Nous contestons bien sûr totalement cette mise en examen, nous estimons qu'elle ne comporte pas de fondement", a déclaré à des journalistes M. Gourgeon à l'issue de l'audition par la juge.

Selon lui, la magistrate n'a pas fourni "d'explicitation" à cette mise en examen. "Ce que nous avons compris, c'est que l'instruction à ce stade ne relève pas de manquement et qu'elle n'indique pas de lien de causalité entre les faits indiqués par les experts et l'accident", a ajouté M. Gourgeon.

"Nous allons bien évidemment poursuivre tous les efforts pour trouver les causes de cet accident, nous entendons poursuivre notre coopération avec les enquêteurs", a assuré le dirigeant d'Air France.

Ces poursuites sont intervenues au lendemain de celles intentées pour le même chef contre Airbus, qui a construit l'appareil qui s'est écrasé.

Les experts auraient toutefois jugé "trop tardive et inefficace" la réaction d'Air France à de premières alertes sur la fiabilité des sondes Pitot. "Ce n'est pas du tout notre conviction, c'est même l'inverse", a répondu vendredi le directeur général de la compagnie.

De nouvelles opérations de recherche en mer de l'épave de l'Airbus doivent être lancées lundi sur une nouvelle zone de 10.000 km2. Il s'agira de la quatrième phase de recherche de l'appareil accidenté et de ses boîtes noires, qui pourrait s'étaler jusqu'en juillet, en trois étapes de 36 jours chacune.

Jusqu'à présent, seuls 3% de l'avion et une cinquantaine de corps ont été repêchés dans les jours qui ont suivi la catastrophe aérienne. Quelque 228 personnes, passagers et membres d'équipage, ont trouvé la mort dans cet accident.

"Nos équipes sur place sont convaincues qu'elles ont une chance de trouver des éléments, de trouver l'épave, voire même si tout se passe pour le mieux, les fameuses boîtes noires", a fait valoir M. Gourgeon.

L'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) s'est dite elle aussi prête à témoigner dans cette affaire. Les parties civiles lui reprochent de n'avoir pas tiré la sonnette d'alarme à propos des incidents de givrage rencontrés par les sondes Pitot durant d'autres vols avant la catastrophe et de vouloir faire jouer son immunité européenne.
 

Première publication : 18/03/2011

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