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Afrique

L'opposition conteste la réélection du président Boni Yayi

Texte par Dépêche

Dernière modification : 19/03/2011

Principal opposant au président sortant Boni Yayi, Adrien Houngbédji conteste sa réélection à la tête du Bénin dès le premier tour de la présidentielle du 13 mars. "Nous n’allons pas accepter tout ceci les bras croisés", a-t-il notamment déclaré.

AFP - La réélection du président béninois Boni Yayi, annoncée vendredi, a aussitôt été contestée par l'opposition, son principal adversaire à la présidentielle, Adrien Houngbédji, annonçant samedi qu'il n'allait pas rester "les bras croisés".

Samedi matin, les rues de la capitale économique Cotonou étaient calmes au lendemain de l'annonce par la Commission électorale des résultats qui doivent encore être approuvés par le Conseil constitutionnel, avant d'être définitifs.

Le président sortant, 58 ans, dont le mandat de cinq ans s'achève le 6 avril, a été officiellement déclaré vainqueur avec 53% des voix dès le premier tour contre 36% à M. Houngbedji.

"Il est clair que nous n’allons pas accepter tout ceci les bras croisés. Nous allons nous faire entendre de toute manière", a réagi samedi M. Houngbedji, un avocat de 69 ans, vétéran de la vie politique béninoise.

"Je ne prendrai pas de décision tout seul. Nous allons nous réunir ce jour et nous allons prendre des décisions et faire connaître notre position dans l’immédiat", a-t-il déclaré à l'AFP.

Quatorze candidats étaient en lice à la présidentielle du 13 mars qui avait été reportée deux fois en raison d'une préparation chaotique du scrutin.

Vendredi soir, des partisans de l'opposition, membres de la Commission électorale, avaient physiquement tenté d'empêcher le président de cette instance, Joseph Gnonlonfoun, de proclamer les résultats. Des cris et des bousculades s'étaient produits avant l'arrivée de la police.

"Nous ne reconnaissons pas les résultats qu'il veut annoncer. Gnonlonfoun et sa bande veulent simplement mettre le pays à feu et à sang", avait déclaré Edouard Aho, membre de la Commission.

M. Gnonlonfoun avait dû ensuite annoncer les résultats depuis son bureau.

En visite à Cotonou vendredi, le président nigérian Goodluck Jonathan qui exerce la présidence de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cédéao), a demandé que tout contentieux électoral soit réglé par les canaux officiels.

Il a déclaré que son pays n'accepterait pas un conflit post-électoral chez son voisin béninois au moment où la Côte d'Ivoire se trouve au bord de la guerre civile avec deux présidents proclamés élus.

Samedi, Marcel de Souza, le porte-parole de M. Yayi, a remercié les électeurs et annoncé "des mesures énergiques de lutte contre la pauvreté".

"Nous allons nous attaquer à la pauvreté à la base. Plus que jamais le président au cours de ce mandat va entrer en proximité avec son peuple", a déclaré M. de Souza à l'AFP. "Mon candidat par ma voix remercie tout les Béninoises et Béninois qui ont accepté, malgré toute la calomnie et la délation qui ont eu cours, de lui accorder leur voix", a-t-il ajouté.

"C'est un plébiscite! a-t-il encore commenté. Le peuple s'est exprimé et comme il est souverain, nous ne pouvons que nous incliner devant son choix. Nous sommes dans la joie mais ne perdons pas de vue le fait que ce vote est un nouveau chèque qu’il nous délivre, que nous devons utiliser à bon escient".

Initialement prévu le 27 février, le premier tour avait été décalé d'une semaine pour permettre la compilation du fichier électronique, utilisé pour la première fois dans ce pays d'Afrique de l'Ouest de 9,2 millions d'habitants.

Il avait été à nouveau reporté le 4 mars à la demande de la Commission électorale mais aussi de l'ONU et de l'Union africaine.

Malgré ces problèmes d'organisation qui ont persisté le jour du scrutin avec des retards dans l'ouverture de bureaux de vote, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a salué "le déroulement dans le calme et de façon ordonnée" du premier tour et l'Union africaine a qualifié l'élection de "libre et transparente".

Première publication : 19/03/2011

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