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Afrique

Le résultat du référendum constitutionnel attendu ce dimanche

Vidéo par Sonia DRIDI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 20/03/2011

Dès la fermeture des bureaux de vote, le dépouillement du scrutin a commencé en Égypte. Les électeurs ont massivement voté samedi au cours d'un référendum constitutionnel, premier vote organisé dans le pays depuis la chute d'Hosni Moubarak.

AFP - Les Egyptiens se sont massivement rendus aux urnes samedi pour un référendum constitutionnel, premier vote depuis la chute du régime de Hosni Moubarak durant duquel l'opposant Mohamed ElBaradei a été attaqué à coups de pierres.

Le dépouillement a commencé dès la fermeture des bureaux de vote le soir, selon la télévision publique. Les résultats, dont pourraient dépendre le rythme et les modalités du retour à un pouvoir civil élu promis par l'armée qui dirige le pays, doivent être annoncés dimanche.

De longues files d'attente se sont formées devant les bureaux de vote pour ce scrutin présenté comme un exercice démocratique après des décennies d'élections truquées.

Pour le chef de la commission chargée de l'organisation du référendum, Mohammed Attiya, la participation était "sans précédent".

Mais signe des tensions persistantes, l'opposant Mohamed ElBaradei, partisan d'un rejet des réformes proposées et candidat potentiel à la présidence, a été attaqué par des centaines de personnes qui ont jeté pierres et chaussures dans sa direction alors qu'il allait voter dans un quartier pauvre du Caire.

Ex-chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique et prix Nobel de la Paix, M. ElBaradei a reçu au moins une pierre dans le dos, mais selon son frère, Ali, il n'a pas été blessé. Il a dénoncé un acte de "voyous organisés" et dénoncé comme "irresponsable" la tenue d'un référendum "sans sécurité".

A Alexandrie (nord), certaines files d'attente devant les bureaux ont atteint 300 mètres de long. L'affluence a aussi été forte dans les villes sur les bords du canal de Suez, dans le delta du Nil et le Sinaï.

Le chef de la Ligue arabe, l'Egyptien Amr Moussa, à l'ambition présidentielle affichée, s'est félicité de cette participation.

"Peu importe que les gens votent oui ou non. Ce qui est important, c'est que les électeurs se déplacent. Nous avons besoin d'une nouvelle Egypte", a déclaré M. Moussa, lui-même adversaire de la réforme proposée.

"C'est un jour de joie. Avant, on avait des résultats préparés d'avance. Maintenant, personne ne peut pronostiquer le résultat", a dit le guide du principal mouvement d'opposition du temps du président Moubarak, les Frères musulmans, Mohamed Badie, après avoir voté.

Les partisans de la révision sont favorables à une transition rapide avec des changements limités de la Constitution héritée de l'époque autoritaire de Hosni Moubarak, chassé du pouvoir le 11 février sous la pression d'une contestation populaire sans précédent.

Le camp adverse plaide pour une nouvelle loi fondamentale, quitte à prolonger la période d'incertitude politique.

"Il nous faut une nouvelle Constitution et il faut nous donner du temps pour que les jeunes qui ont fait la révolution puissent former des partis", a affirmé Mohammed Mahmoud, un retraité du Caire hostile à une révision partielle.

"Nous voulons la stabilité. Nous n'avons pas le temps de nous lancer dans l'élaboration d'une nouvelle Constitution", a plaidé à l'inverse Hamdi Mohamed Badri, un enseignant de 46 ans votant à Imbaba, quartier populaire de la capitale.

Les principales modifications concernent la durée d'une présidence, qui pourrait être limitée à deux mandats maximum de quatre ans chacun -contre des mandats de six ans illimités jusqu'à présent- et l'assouplissement des conditions de candidature.

Les amendements ont été préparés par une commission de juristes nommée par l'armée, qui gère le pays depuis le départ de M. Moubarak.

Si la révision l'emporte, l'armée entend passer à l'organisation d'élections législatives et présidentielle, en principe sous six mois.

En cas de rejet, elle compte faire une "déclaration constitutionnelle limitée" pour organiser la suite de la transition promise vers un système démocratique. Elle n'a pas donné plus de détails.


 

Première publication : 20/03/2011

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