Dernière modification : 26/03/2011 

- Canada - Élections législatives


Chute du gouvernement Harper après une motion de censure "historique"

Pour "outrage au Parlement", le gouvernement du Premier ministre canadien Stephen Harper (photo) a été victime d'une motion de censure qui l'a fait chuter. Conséquence : de nouvelles élections législatives auront lieu au mois de mai.

Par Cyrielle ABEHSERA (vidéo)
Dépêche (texte)
 

AFP - Le parlement canadien a voté vendredi une motion de censure contre le gouvernement conservateur minoritaire de Stephen Harper, imposant ainsi sa chute et des élections législatives anticipées début mai.

La motion de censure, qualifiée d'"historique", car motivée par "l'outrage au parlement" reproché au gouvernement, a été appuyée par 156 voix, soit l'ensemble des députés d'opposition présents, contre 145 voix des conservateurs.

Effectivement, il s'agit d'une première dans l'histoire du parlementarisme britannique, dont le modèle est suivi au Canada, pays du Commonwealth dont la reine Elizabeth II est le chef d'Etat en titre.

Refus de fournir des renseignements précis

Pour porter cette accusation d'outrage au parlement, l'opposition avait invoqué notamment le refus du gouvernement de livrer aux députés des renseignements précis sur le coût de son programme de lutte contre la criminalité, de l'achat d'avions de chasse et d'exonérations d'impôts offertes aux entreprises.

Dès la fin de la séance, le Premier ministre sortant Stephen Harper et le chef de l'opposition libérale Michael Ignatieff ont fait des déclarations inaugurant la campagne électorale, l'un attirant l'attention sur l'économie, l'autre sur les questions éthiques et la démocratie.

M. Harper a passé sous silence les raisons invoquées par l'opposition pour censurer son gouvernement.

Il a en revanche défendu son budget, affirmant qu'il n'y avait rien dans ce projet "que l'opposition ne pouvait pas ou ne devait pas soutenir" et invoquant la nécessité de défendre la reprise encore "fragile" de l'économie.

"Malheureusement, a-t-il affirmé, M. Ignatieff et ses partenaires de la coalition, le NPD (Nouveau parti démocratique, gauche) et le Bloc Québécois ont bien fait comprendre qu'ils avaient déjà décidé d'aller aux élections", dont "les Canadiens et les Canadiennes ne voulaient clairement pas".

La démission de Stephen Harper officielle samedi

M. Harper a indiqué qu'il allait se rendre samedi chez le gouverneur général David Johnston pour lui annoncer sa démission et lui demander de dissoudre le parlement. Selon la tradition, en sortant de chez le représentant de la reine d'Angleterre, le Premier ministre sortant annoncera la date des élections, les quatrièmes en sept ans.

De son côté, M. Ignatieff a envoyé une nouvelle volée de bois vert à M. Harper et a affirmé représenter, avec son équipe, "une alternative claire" aux conservateurs.

"Cela veut dire un gouvernement qui respecte la démocratie, qui veut que le Canada devienne un pays vert, un pays fier sur la scène internationale et qui s'occupe des familles et de leurs priorités au lieu des avions de chasse", a-t-il poursuivi, avant d'affirmer que "plus de 60% de la population ne veut pas simplement restreindre (l'action de) M. Harper, mais le remplacer".

Un mal pour un bien pour les conservateurs ?

Si l'opposition est parvenue à surmonter ses divisions pour faire tomber le gouvernement conservateur, il n'est pas du tout certain qu'elle puisse se retrouver au pouvoir à l'issue du scrutin. Et celui-ci pourrait finalement offrir aux conservateurs l'occasion d'obtenir une majorité au parlement, après cinq ans de gouvernement minoritaire.

La formation du Premier ministre sortant est créditée de 43% des intentions de vote, contre 24% pour le Parti libéral, la principale formation d'opposition, selon un sondage publié jeudi par l'Institut Ipsos Reid pour le groupe de presse Postmedia News.

Le Nouveau parti démocratique (NPD, gauche) bénéficie quant à lui de 16% des intentions de vote, selon cette enquête réalisée mardi après la présentation du budget, aussitôt rejeté par l'opposition.
 

Commentaires (5)

Gaspillage

Une motion et des élections ridicules qui ne changeront rien dans le "paysage politique" canadien et qui vont couter 400 millions de dollars. Simplement pour faire plaisir au chef liberal, Michael Ignatieff, qui n'a aucune chance de se faire élir malgré le soutien du Bloc Québécois de Gilles Dudeppe (un parti séparatiste régional limité au Québec) et du NPD de Jack Layton (parti gauchiste avec seulement 36 députés), qui en ont encore moins... Depuis 7 ans, les manoeuvres politiques de l'opposition ont couté plus d'un milliard... Cet argent pourrait être beaucoup mieux utilisé...

à anonyme je suis français et

à anonyme

je suis français et j'habite au québec.

très intéressant votre leçon de français: 'Et on ne dit pas chute mais plutôt renversement'. Et bien en France on parle de chute d'un gouvernement et non pas d'un renversement. Concernant les élections, il est franchement ridicule de donner autant d'importance au Bloc québécois...un parti qui fait seulement campagne pour les élections fédérales au Québec, inexistant en Ontario, Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba. À quoi sert ce parti à Ottawa seulement présent pour défendre les intérêts du Québec?

Le Premier ministre S. Harper

Le Premier ministre S. Harper ne démissionne pas,il se rend à la résidence du gouverneur général du Canada, David Johnston, pour lui demander de dissoudre le Parlement et ainsi déclencher une campagne électorale qui mènera le pays à un scrutin au début de mai.

Et on ne dit pas chute mais plutôt renversement.

Élections fédérales !

Élections fédérales !

Notre petit Georges W. Bush national

Ce que l’article ne dit pas, c’est que les Libéraux et les néo-démocrates vont essayer de former une coalition, avec l’appui tacite du Bloc-Québécois. De plus, les sièges conservateurs au Québec risquent de tomber entre les mains d’autres partis, cela va donc changer fortement les résultats de la prochaine élection. Encore une fois, c’est le Québec qui va se retrouver avec la balance du pouvoir, et vous pouvez être certain que plusieurs d’entre nous en ont déjà assez de Stephen Harper - notre petit Georges W. Bush national.

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