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Asie - pacifique

Un attentat-suicide fait au moins 24 morts dans le sud-est du pays

Texte par Dépêche

Dernière modification : 28/03/2011

L'explosion d'un camion piégé dans l'enceinte d'une entreprise de construction de la province de Paktika a fait au moins 24 morts et 59 blessés, dimanche. L'attaque a été revendiquée par les Taliban.

AFP - Vingt-quatre personnes ont été tuées et 59 blessées dimanche soir dans un attentat suicide au camion piégé revendiqué par les talibans contre une société de construction dans le sud-est de l'Afghanistan, selon les autorités provinciales.

Dimanche "à environ 20H20 (16H20 GMT), un camion rempli d'explosif est entré dans le complexe (abritant l'entreprise) et a explosé", indique un communiqué du gouvernorat de la province de Paktika, où a eu lieu l'attentat.

"Selon nos informations, 24 personnes ont été tuées et 59 blessées", tous des employés de l'entreprise, poursuit le texte.

Le ministère afghan de l'Intérieur a de son côté indiqué que trois kamikazes avaient abattu le garde en faction à l'entrée du complexe, avant d'y pénétrer avec leur camion piégé.

L'attentat s'est produit dans le district de Barmal, frontalier du Pakistan, selon les autorités provinciales.

Les talibans ont revendiqué l'attentat auprès de l'AFP par l'intermédiaire d'un de leurs porte-parole, Zabihullah Mujahid, qui a affirmé que l'attaque avait visé une base militaire abritant des soldats américains et afghans.

Le président afghan Hamid Karzaï a "fermement condamné l'attaque terroriste (...) oeuvre des ennemis de l'Afghanistan qui s'opposent à son développement".

La province de Paktika, comme celles voisines de Paktia et de Khost, est l'un des bastions du réseau Haqqani, l'un des principaux mouvements de la rébellion talibane. Egalement implanté de l'autre côté de la frontière pakistanaise, il est impliqué dans de nombreuses et sanglantes attaques en Afghanistan. Ces provinces sont frontalières des zones tribales pakistanaises, considérées comme une des principales bases arrières des talibans afghans.

De nombreux civils ont été tués depuis le début de l'année dans la province de Paktika, surtout par des bombes artisanales placées sur le bord des routes.

Le 6 mars, douze civils, cinq enfants, deux femmes et cinq hommes, y avaient été tués par l'explosion d'une bombe au passage de leur véhicule. Le 19 janvier, treize passagers d'un triporteur, dont des femmes et des enfants, avaient péri de la même façon.

Le 28 novembre, 13 personnes avaient été tuées dans un double attentat suicide dans un quartier général de la police de Sharan, la capitale provinciale.

Les bombes artisanales et les attentats suicide sont les armes favorites des insurgés afghans qui combattent le gouvernement de Kaboul et les 132.000 soldats étrangers déployés pour le soutenir, depuis que les talibans ont été chassés du pouvoir par une coalition internationale fin 2001.

Par ailleurs, cinq personnes ont été tuées et deux blessées dimanche dans la province de Khost lorsque leur véhicule a été mitraillé par des hommes non identifiés, selon un responsable local de la police, Shir Ahmad Kuchi.

Il n'a pu précisé s'ils avaient été la cible d'insurgés talibans ou "d'ennemis personnels". Selon un chef tribal, Ramazan Kuchi, les victimes sont toutes membres d'une même famille.

Le président afghan Hamid Karzaï a lancé officiellement le 22 mars la première phase du processus dit "de transition" en Afghanistan, dans le cadre duquel les forces internationales vont progressivement transmettre la responsabilité de la sécurité dans le pays aux forces afghanes.

L'Otan entend achever ce processus d'ici fin 2014.

Seules des provinces et des villes relativement sûres ou proches de bases de l'Otan sont concernées par cette première phase.

Première publication : 28/03/2011

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