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Economie

Les banques irlandaises toujours en mal d'argent

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 29/03/2011

Quelques mois après avoir reçu une première aide financière de l’Union européenne, les banques irlandaises risquent de nouveau d’avoir besoin d’argent. Pourquoi ces établissements ne parviennent-ils pas à redresser la barre ?

C’est le grand retour des banques irlandaises. Ce jeudi, Dublin doit publier les résultats des tests de résistance ("stress-tests") auxquels se sont soumis quatre des principaux établissements financiers du pays (Bank of Ireland, Allied Irish Banks, Irish Life & Permanent et Educational Building Society). Des évaluations qui seront scrutées à la loupe par l'Union européenne (UE), qui, en cas de mauvaises notes, pourrait être amenée à débloquer une aide d’urgence.

Encore ? En novembre 2010, l’UE et le Fonds monétaire international (FMI) avait déjà accordé à l'Irlande 85 milliards d’euros de prêts à des taux avantageux, dont 35 milliards d'euros essentiellement destinés aux banques. Mais, à cette époque, Bruxelles n'avait autorisé Dublin à n'en emprunter que 10 milliards dans l'immédiat, le reliquat de 25 milliards d'euros étant censés constituer un matelas de secours. Sans vouloir préjuger des résultats des "stress-tests", la plupart des analystes estiment que l'Irlande risque d'en avoir besoin...

Depuis 2009 pourtant, les institutions financières irlandaises vivent sous perfusion. L’État leur a déjà prêté 45 milliards d’euros, sans compter l’apport européen. Les sommes versées en 2010 représentaient 22 % du produit intérieur brut (PIB) du pays. L’Irlande a même dû nationaliser certaines banques.

Effet boule de neige

Un gouffre financier qui ne finit pas de se creuser. Mais pourquoi les banques ont-elles aujourd’hui encore besoin d’argent ? "Les autorités européennes ont dû agir rapidement à l’époque et ont probablement sous-estimé les besoins réels des banques irlandaises", analyse Céline Antonin, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) de Sciences-Po-Paris.

En réalité, les banques irlandaises sont victimes d'une double peine. La première est liée à un problème structurel persistant. "Avant la crise, ces établissements ont prêté sans compter au secteur de l’immobilier", rappelle Céline Antonin. Durant des années, les banques ont accumulé des créances. À tel point qu’en 2010, le total des actifs, incluant les prêts alloués, de ces banques équivalait à 11 fois le PIB de l’Irlande. Lorsque la bulle immobilière a éclaté, leur trésor de guerre ne valait plus grand-chose étant donné qu’une partie de ces nouveaux propriétaires ne pouvaient plus rembourser. Une addition beaucoup plus salée que prévu pour le secteur bancaire.

À cela s’ajoute la défiance des partenaires qui fait effet boule de neige. "Les Irlandais ne font plus confiance à leur banque et retirent leurs dépôts tandis que les banques étrangères rechignent à commercer avec des institutions financières montrées du doigt", explique à FRANCE 24 Gunther Capelle-Blancard, directeur adjoint du Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii). Difficile dans ces conditions de trouver de l’argent frais, sauf à se tourner une nouvelle fois vers Bruxelles.

Première publication : 29/03/2011

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