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Afrique

À Londres, le "groupe de contact" fait bloc contre Mouammar Kadhafi

©

Vidéo par Stéphanie DE SILGUY

Texte par Dépêche

Dernière modification : 30/03/2011

Réuni à Londres mardi, le "groupe de contact" sur la Libye a affiché son unité contre le Guide libyen. Washington et Paris ont également évoqué la possibilité de fournir des armes aux insurgés, qui perdent à nouveau du terrain face aux pro-Kadhafi.

AFP - Le "groupe de contact" sur la Libye a affiché son unité mardi à Londres autour du constat que le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi doit partir, tandis que Washington et Paris évoquaient un armement des insurgés pour l'y contraindre.
              
Sur le terrain, les forces du chef libyen ont réussi à faire reculer les rebelles dans l'Est.
              
Mardi soir, le président Barack Obama s'est dit persuadé que Mouammar Kadhafi finirait par quitter le pouvoir.
              
Interrogé sur NBC sur un éventuel armement des rebelles, M. Obama a répondu: "Je ne l'exclus pas. Mais je ne dis pas non plus que cela va se faire".
              
Auparavant, à Londres, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, avait déclaré que la France était prête à discuter avec ses alliés d'une aide militaire aux rebelles, tout en reconnaissant que ce n'était pas prévu par les récentes résolutions de l'ONU.
              
Dans la capitale britannique, une quarantaine de pays et d'organisations régionales ont confirmé officiellement la création d'un "groupe de contact" sur la Libye chargé du pilotage politique de l'opération internationale, dont l'Otan doit prendre en main le volet militaire jeudi à 6H00 GMT.
              
"Kadhafi et son régime ont perdu toute légitimité et seront tenus responsables de leur action", a insisté le communiqué final, tout en précisant que "seuls les Libyens" pouvaient choisir leur avenir.
              
A l'ouverture de la réunion, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, avait prévenu: les frappes de la coalition continueront "jusqu'à ce que Kadhafi remplisse pleinement les conditions de la résolution de l'ONU", soit un cessez-le-feu immédiat et un accès pour l'aide humanitaire.
              
En marge de la réunion, le Conseil national de transition (CNT) de l'opposition libyenne a enregistré plusieurs avancées. Mahmoud Jibril, son responsable des affaires internationales, a rencontré les ministres des Affaires étrangères américaine, britannique et français.
              
Un émissaire américain était attendu mardi ou mercredi à Benghazi, fief de la rébellion, où un diplomate français, Antoine Sivan, a pris ses fonctions en fin de journée auprès de l'opposition libyenne.
              
Ainsi conforté, le CNT a promis des "élections libres et justes" et souligné ses "aspirations à un Etat uni, libre et moderne". Il a aussi insisté pour que "les crimes" commis par le colonel Kadhafi ne restent "pas impunis".
              
Un porte-parole du CNT à Benghazi a déclaré que la rébellion cherchait à se procurer des armes lourdes auprès de "nations amies".
              
L'amiral James Stavridis, commandant des forces américaines en Europe, a souligné que l'Otan n'avait "pas de représentant" en Libye pour assurer une liaison avec les rebelles.
              
Lundi, le Pentagone avait reconnu ne "pas savoir" grand-chose des rebelles. L'amiral a par ailleurs affirmé qu'il y avait des "signes" de présence possible de militants d'Al-Qaïda ou du Hezbollah dans les rangs rebelles, tout en jugeant que les chefs de l'opposition semblaient "responsables".
              
"L'Otan, ce n'est pas bon. Ils ne veulent pas nous aider (...). Nous ne voulons que la France et l'Angleterre. Eux, ce sont les vrais amis de la Libye. Ils attaquent les hommes de Kadhafi avec leurs avions", a déclaré Ramadan Berki, un vendeur de vêtements à Benghazi, volontaire de la rébellion.
              
Dans la matinée, Mouammar Kadhafi a appelé la coalition à arrêter son "offensive barbare et injuste contre la Libye".
              
Le dirigeant libyen a désigné un proche du président nicaraguayen Daniel Ortega pour le représenter à l'ONU, a annoncé mardi la présidence à Managua. Miguel D'Escoto "est autorisé" à parler au nom de la Libye aux Nations Unies, Tripoli étant convaincu que Washington n'accordera pas de visa à son nouvel ambassadeur désigné, Ali Triki, a expliqué la présidence.
              
Mardi en fin d'après-midi, des avions ont survolé Tripoli et de fortes explosions ont secoué la ville peu après, dont deux dans le secteur de la résidence du colonel Kadhafi, selon un journaliste de l'AFP.
              
Et sept fortes détonations ont retenti à Tajoura, un secteur visé presque chaque jour par la coalition. Selon des témoins, un site de radars a été touché.
              
A 200 km plus à l'est, les forces pro-Kadhafi continuaient de progresser dans Misrata, ville rebelle assiégée par l'armée régulière, selon les rebelles à Benghazi, qui redoutaient "un massacre".
              
Un médecin de l'hôpital de la ville joint par téléphone a déclaré que l'offensive avait déjà fait au moins 142 morts et 1.400 blessés depuis le 18 mars. Un ferry turc était en route pour Misrata pour évacuer des blessés.
              
Dans l'Est, après avoir rapidement progressé ces derniers jours, les rebelles visaient Syrte, ville natale de Mouammar Kadhafi, mais ils ont reculé sous le feu des forces régulières, à plus d'une centaine de kilomètres de leur objectif, selon des journalistes de l'AFP.
              
Aucune frappe aérienne n'a eu lieu contre l'armée libyenne sur la route de Syrte depuis plus de 24 heures. L'appui aérien est essentiel aux rebelles, plus des manifestants en armes qu'une véritable force combattante.
              
Le Pentagone a annoncé quatre sorties aériennes au cours des dernières 24 heures ainsi que le tir de 22 Tomahawk contre des entrepôts de missiles Scud libyens, portant à 214 le nombre de missiles de croisière utilisés depuis le début des opérations.
              
Quelque 200 sorties aériennes ont par ailleurs été conduites par la coalition pendant cette période, dont 60% par des avions américains, une proportion stable par rapport aux jours précédents.
              
Les opérations ont été lancées le 19 mars pour faire cesser plus d'un mois de répression d'une révolte populaire entamée le 15 février.

 

Première publication : 30/03/2011

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