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Economie

Google ajoute un bouton "+1" à son arsenal anti-Facebook

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 31/03/2011

Même si le géant de l’Internet s’en défend, le nouvel outil permettant d’apprécier le résultat d’une recherche ressemble furieusement au bouton "Like" de Facebook. S’attaquer de cette manière à Facebook est un pari stratégique audacieux.

Facebook a son bouton "Like" qui permet de partager des liens ? Qu'à ce la ne tienne,  Google a dégainé mercredi soir son “+1". Une nouvelle arme pour le géant de l’Internet dans sa croisade sur le Web social qui a le goût du "Like", l’aspect du "Like", mais qui, d’après Google, n’a rien à voir avec le petit bouton qui fait la force de frappe de Facebook.

La nouvelle trouvaille est censée, selon Google, "améliorer les résultats des recherches". Pour l’instant, seuls les internautes américains peuvent jouer avec. Il s’agit d’un petit bouton "+1" qui apparaît à côté des résultats des recherches. D’un simple clic, du moment que l’on est connecté à son compte Google, on peut alors signifier au moteur de recherche que tel ou tel lien est pertinent. Pas fou, Google a même pensé à intégrer son joujou aux publicités – sa principale source de revenus - qui s’affichent à droite de sa page de résultats afin de "mieux personnaliser les annonces".

Mais ce nouveau bouton ne sert pas seulement à indiquer un lien jugé pertinent au moteur de recherche. Google y ajoute une dimension sociale. En effet, le nom du profil Google d’un internaute qui a aimé un résultat apparaît si l’un de ses amis tombe lors d’une recherche sur le lien en question. Un système qui s’apparente alors davantage à des recommandations. Exactement comme les "Like" de Facebook ?

Bis repetitae

Pas du tout, selon Matt Cuts, ingénieur en chef de Google. "Lorsqu'un internaute clique sur le bouton '+1', son appréciation ne va pas directement être envoyée sur le profil de tous ses contacts", se défend-il dans un entretien avec le site du magazine français Le Point daté de ce jeudi. Reste que la démarche de promotion des pages Internet via des recommandations est similaire à celle de Facebook.

Ce n’est pas le premier "effort social" que le géant de l’Internet a entrepris. S’attaquer – même sans le dire ouvertement - au "Like" de Facebook est en tout cas un pari audacieux. En effet, c’est grâce à lui que le numéro 1 des réseaux sociaux a construit sa toile sur le Net en dehors de son site. Le bouton "Like" est en effet présent sur un nombre grandissant de sites et permet à la star du Web 2.0 de savoir ce que font ses utilisateurs même lorsqu’ils ne sont pas sur Facebook. A condition bien sûr de cliquer sur le "Like".

Une vaste collecte d’informations qui intéresserait aussi Google. Il s’y est déjà essayé en février 2010 avec son réseau social Buzz intégré à sa messagerie Gmail. Mais la sauce sociale n’a jamais réellement pris et Buzz s’est davantage fait connaître pour des problèmes d’intrusion dans la vie privée que pour son succès fulgurant.

Depuis lors, les spéculations vont bon train sur la stratégie du géant de l’Internet pour contrer Facebook. Certains estiment qu’un projet de réseau social baptisé Google Me serait dans les tuyaux. D’autres pensent qu’il est trop tard pour lancer un clone de Facebook et que Google ferait mieux d’ajouter des pincées sociales à ses nombreux produits. Le tout nouveau "+1" qui vient se greffer au moteur de recherche semble aller dans ce sens...

Première publication : 31/03/2011

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