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Asie - pacifique

À Tokyo, Nicolas Sarkozy rend hommage aux victimes du séisme

Texte par Dépêche

Dernière modification : 31/03/2011

Alors que le Japon se débat en pleine catastrophe nucléaire trois semaines après un violent séisme suivi d'un tsunami, le président français est arrivé à Tokyo. Il y a réaffirmé le choix du nucléaire fait par la France.

AFP - Le président français Nicolas Sarkozy est allé exprimer jeudi le soutien des pays du G20 aux autorités japonaises en pleine urgence nucléaire, mais a réaffirmé son choix en faveur de cette énergie qu'il juge incontournable, au prix toutefois d'un renforcement de la sécurité.

Trois semaines après le séisme et le tsunami gigantesques qui ont ravagé le nord-est du Japon et provoqué le plus grave accident nucléaire depuis Tchernobyl en 1986, M. Sarkozy a fait étape quelques heures à Tokyo en provenance de Nankin, dans l'Est de la Chine, où il a ouvert un séminaire du G20 sur la réforme du système monétaire international.

Devant la communauté française établie au Japon, puis devant le Premier ministre nippon Naoto Kan, le chef de l'Etat a d'abord rendu hommage au "courage exceptionnel" des Japonais face à la catastrophe et, pour faire face à l'urgence, promis toute l'aide de la France.

Dans cette panoplie, il a notamment cité les robots du numéro un mondial du nucléaire Areva, "qui permettent d'intervenir dans les zones contaminées". Ces engins sont entrés en action à la centrale de Fukushima, à 250 km au nord de Tokyo, pour traiter les eaux fortement radioactives ayant servi à refroidir les réacteurs.

Naoto Kan s'est réjoui en retour de pouvoir "bénéficier de l'expertise et du matériel de la France" et, même si sa présence l'a momentanément détourné de l'urgence, "remercié sincèrement" son invité de sa visite.

Comme il l'a déjà fait, Nicolas Sarkozy a profité de son séjour japonais pour réaffirmer le choix nucléaire de la France. "Nous avons pris des engagements de réduction des gaz à effet de serre. Pour les remplir, il n'y a pas 150 solutions, il y a le nucléaire", a-t-il martelé dans un message limpide aux écologistes français partisans de son arrêt.

Dans la foulée, M. Sarkozy a dénoncé ceux qui, à l'inverse du Premier ministre japonais, mais comme la chancelière allemande Angela Merkel, ont pris des décisions sur l'avenir de la filière nucléaire dans l'urgence.

"L'heure n'est pas aux choix précipités qui ne marquent qu'une seule chose, le manque de sang-froid", a-t-il jugé.

Seule concession à l'émotion suscitée dans le monde par le drame de Fukushima, le chef de l'Etat a souligné que l'avenir du nucléaire passait par un indispensable renforcement de sa sécurité. "Le problème est un problème de norme de sûreté plus que de choix de l'énergie nucléaire, pour laquelle il n'y a pas d'alternative à l'heure actuelle", a-t-il tranché.

M. Sarkozy a ainsi proposé la réunion en mai à Paris des autorités de sûreté nucléaire des pays du G20, qu'il préside, afin d'imposer les mêmes normes de sûreté des installations dans le monde entier.

"Il est absolument anormal que ces normes de sûreté internationales n'existent pas (...), ce qui compte, c'est qu'avant la fin de l'année il y ait des normes internationales", a-t-il insisté, "le nucléaire n'est possible qu'avec des normes de sûreté exceptionnelles".

Comme il l'avait fait mercredi avec son homologue chinois Hu Jintao, le président français n'a pu s'empêcher de vanter devant M. Kan le "niveau de sûreté maximal" des réacteurs français EPR.

Selon une source française, ce renforcement des normes internationales devrait d'ailleurs bénéficier commercialement aux réacteurs géants d'Areva, qui avait essuyé un cinglant échec fin 2009 aux Emirats arabes unis face à leurs concurrents sud-coréens, nettement moins chers.

Même si Nicolas Sarkozy a confié jeudi qu'il aurait "préféré venir au Japon dans d'autres conditions", ce bref séjour lui a permis de combler un vide de son bilan diplomatique. S'il s'est déjà rendu à cinq reprises en Chine, il n'avait jusque-là pas encore visité le Japon depuis son élection, hormis pour le sommet du G8 à Toyako en 2008.

 

Première publication : 31/03/2011

  • CHINE

    À Pékin, Nicolas Sarkozy défend un nouvel ordre monétaire international

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