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Asie - pacifique

Tepco déverse 11 500 tonnes d'eau radioactive dans l'océan

Vidéo par Stéphanie DE SILGUY

Texte par Dépêche

Dernière modification : 04/04/2011

Le gouvernement japonais et Tepco, l'exploitant de la centrale nucléaire de Fukushima accidentée depuis le séisme du 11 mars, annoncent le rejet de 11 500 tonnes d'eau "faiblement radioactive" dans l'océan Pacifique.

AFP - L'opérateur de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima a commencé lundi à rejeter 11.500 tonnes d'eau faiblement radioactive dans l'océan afin de permettre la réparation des circuits de refroidissement des réacteurs et éviter une catastrophe pire que Tchernobyl.

Le Japon a d'autre part laissé entendre lundi que le désastre survenu le 11 mars dans le nord-est et l'accident nucléaire pourraient avoir un impact sur sa politique climatique et la réduction des gaz à effet de serre.

Plus de trois semaines après cette tragédie, le bilan toujours provisoire de la police s'établit à 12.157 morts confirmés et 15.496 disparus, dont les corps ont très probablement été emportés au large par le raz-de-marée.

Les habitants de Tokyo et l'eau contaminée

La centrale Fukushima Daiichi (N°1), située au bord de l'océan Pacifique à quelque 250 km au nord de la mégapole de Tokyo et de ses 35 millions d'habitants, n'a pas résisté à une vague géante de 14 mètres.

Le système d'alimentation électrique des six réacteurs est tombé en panne, stoppant net les pompes de refroidissement du combustible nucléaire. Quatre réacteurs ont alors commencé à chauffer dangereusement, provoquant des explosions et des dégagements de fumée radioactives.

Après avoir déversé des dizaines de milliers de tonnes d'eau sur les installations jour et nuit, les ouvriers, pompiers et soldats sont parvenus à empêcher les barres de combustible d'entrer en fusion et éviter une catastrophe nucléaire beaucoup plus grave que celle de Tchernobyl en 1986.

Mais ce "lessivage" a provoqué d'énormes inondations dans les bâtiments et les galeries souterraines, qui sont envahis par des milliers de tonnes d'eau radioactive, ce qui entrave les travaux de remise en état du réseau électrique et des circuits de refroidissement.

Le porte-parole du propriétaire de la centrale, Tokyo Electric Power (Tepco), a rappelé que de l'eau hautement contaminée s'était accumulée dans les salles des machines, en particulier dans celle du réacteur 2, avec un taux de radioactivité supérieur à 1.000 millisieverts par heure, ce qui empêche toute activité humaine.

"Il est nécessaire de la transvaser dans des réservoirs prévus pour le traitement des déchets. Mais ils sont actuellement remplis de 10.000 tonnes d'eau faiblement radioactive. Il faut rejeter cette eau afin de faire de la place", a-t-il expliqué.

Le représentant de Tepco a affirmé que ces rejets, prévus de s'étaler sur cinq jours, n'auraient pas de conséquence sur la santé.

Une partie de l'eau contaminée provenant du réacteur 2 s'écoule dans l'océan par une brèche de 20 cm découverte dans une fosse surplombant la mer.

Deux tentatives de colmatage à l'aide de ciment, puis d'un mélange de polymères, de papier journal et de sciure, ont déjà échoué. Lundi, les ouvriers ont décidé d'injecter du colorant blanc dans les nappes d'eau en amont afin de voir d'où provient cet écoulement.

"c'est très très inquiétant"
Greenpeace a jugé lundi "parcellaires et contradictoires" les informations données par les autorités sur les risques radioactifs et annoncé qu'elle allait mener des relevés plus poussés, notamment sur les légumes et le lait. "Nous espérons être capables de fournir une analyse indépendante et des conseils clairs aux populations", a indiqué Rianne Teule, experte des radiations auprès de Greenpeace.

Alors que les travaux s'éternisent à Fukushima Daiichi, les grandes entreprises japonaises s'inquiètent de l'impact de la catastrophe sur la troisième économie mondiale.

Selon les données publiées lundi par la Banque du Japon, la prévision de confiance des importantes sociétés manufacturières nippones pour le trimestre d'avril à juin est tombé à -2 points, contre +3 avant ce drame.

Le vice-ministre en charge des Affaires environnementales, Hideki Minamikawa, a de son côté laissé entendre que cette série de catastrophes pourraient influer sur la politique climatique du Japon.

"Il est trop tôt pour évaluer l'impact des récents développements sur l'offre et la demande énergétique, l'économie japonaise en général ou nos politiques en matière de changement climatique à l'avenir", a déclaré M. Minamikawa, à la reprise des négociations sur le climat à Bangkok.

"Ce qui est clair, c'est que le gouvernement japonais doit d'abord se concentrer sur les efforts immédiats à fournir pour soulager les survivants, la reconstruction et toutes les mesures possibles pour contrôler à nouveau la centrale nucléaire endommagée", a-t-il ajouté.

Première publication : 04/04/2011

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