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Asie - pacifique

Tepco continue de rejeter de l'eau radioactive en mer et plonge à la Bourse

Texte par Dépêche

Dernière modification : 05/04/2011

Tepco, l'exploitant de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, a poursuivi mardi le rejet des 11 500 tonnes d'eau radioactive dans l'océan Pacifique. L'action de l'opérateur plonge à un niveau historique à la Bourse de Tokyo.

AFP - L'action de Tepco, propriétaire de la centrale en péril de Fukushima, a plongé à un niveau historique à la Bourse de Tokyo mardi, en raison du déversement dans l'océan Pacifique de milliers de tonnes d'eau radioactive provenant des réacteurs nucléaires.

Après 25 jours d'une lutte ardue pour éviter une fusion incontrôlée des combustibles présents dans les installations accidentées, le danger d'une catastrophe majeure n'était toujours pas écarté et la pollution de l'environnement s'aggravait.

Le titre de Tepco Electric Power (Tepco) a dévissé de 11,53% à la mi-séance, les investisseurs doutant de plus en plus de la capacité de la compagnie d'électricité à verser les gigantesques compensations qui lui seront réclamées.

L'action a abandonné 51 yens mardi à la mi-journée pour tomber à 391 yens. Il est même descendu en début de matinée à 376 yens, soit des prix inférieurs à son plus bas niveau de fin de séance depuis près de 60 ans.

"Les compensations à verser vont probablement exploser avec ces rejets d'eau radioactive", a commenté un courtier.

Le cours de Tepco a dévissé de plus de 80% depuis le 11 mars en clôture, plombé par la cascade d'explosions et de fuites contaminantes enregistrées à Fukushima Daiichi (N°1).

Le groupe a par ailleurs décidé mardi de reporter à une date indéterminée l'annonce de ses résultats financiers pour l'année budgétaire d'avril 2010 au 31 mars dernier, du fait des conséquences du désastre déclenché par le séisme et le tsunami dévastateurs dans le nord-est du Japon, a expliqué à l'AFP un porte-parole.

En face de la centrale, les opérations de déversement en mer de 11.500 tonnes d'eau radioactive se poursuivaient mardi, après avoir débuté la veille à 19H00 (10H00 GMT).

Prévus pour s'étaler sur cinq jours, ces rejets à 250 kilomètres au nord de la conurbation de Tokyo et de ses 35 millions d'habitants, concernent une eau faiblement contaminée, a assuré Tepco.

L'évacuation de cette eau dans l'océan où les radioéléments sont censés se diluer, toujours selon Tepco, est impérative afin de libérer des cuves de stockage destinée à être remplies d'eau hautement radioactive.

La pêche a été interdite dans un rayon de 20 kilomètres autour de la centrale, correspondant à la zone d'exclusion sur terre.

Tout le système d'alimentation électrique des six réacteurs de Fukushima est tombé en panne le 11 mars, stoppant net les pompes de refroidissement du combustible nucléaire qui s'est mis à chauffer dangereusement.

Les techniciens qui s'escriment à réparer ces matériels sont enfermés dans un cercle vicieux: il est vital de refroidir le combustible des réacteurs et le combustible usé stocké dans des bassins, mais plus ils utilisent d'eau, plus les nappes radioactives augmentent. Et moins ils injectent d'eau, plus la température augmente dans les réacteurs.

Le "lessivage" a provoqué d'énormes inondations dans les bâtiments et les galeries techniques souterraines, qui sont envahis par des milliers de tonnes d'eau radioactive, ce qui retarde l'avancée des travaux pour remettre en état le réseau électrique.

Même si l'évacuation de l'eau polluée semble avoir éclipsé le refroidissement, celui-ci se poursuivait mardi, notamment grâce à d'immenses pompes à béton envoyées de l'étranger.

Les techniciens continuaient par ailleurs de tenter de colmater une fuite d'eau très contaminée qui s'est accumulée dans une fosse technique située près du rivage et se déverse directement dans l'océan.

Ils tentent de comprendre par où s'infiltre cette eau, présumée venir du bâtiment du réacteur 2.

"Tepco va procéder à des forages pour suivre les flux d'eau et injecter du verre soluble (silicate de sodium)" pour boucher l'accès à la cuve fissurée, a expliqué mardi Hidehiko Nishiyama, porte-parole de l'Agence de sûreté nucléaire japonaise.

Plus de trois semaines après la tragédie, le bilan toujours provisoire de la police s'établit à 12.321 morts confirmés et 15.347 disparus.


Première publication : 05/04/2011

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