Dernière modification : 07/04/2011 

- Affaire Mediator - Justice - Santé - Xavier Bertrand


Le gouvernement veut contraindre Servier à indemniser les victimes du Mediator

Le gouvernement veut contraindre Servier à indemniser les victimes du Mediator

Le ministère français de la Santé a indiqué que le laboratoire Servier sera dans l'obligation de prendre part au fonds d'indemnisation destiné aux victimes de son anti-diabétique qui aurait fait de 500 à 2 000 morts entre 1976 et 2009.

Par Dépêche (texte)
 

AFP - "Une chose est certaine: ce n'est pas le contribuable qui paiera à la place de Servier": le ministre de la Santé Xavier Bertrand a insisté jeudi sur les devoirs du laboratoire français, au lendemain de l'annonce de la mise en place d'un fonds public d'indemnisation.
              
"Qui est-ce qui a produit le Mediator ? Le laboratoire Servier. Je crois que c'est clair", a déclaré le ministre à la presse. "Il faut que les laboratoires Servier passent des paroles aux actes et s'inscrivent maintenant dans ce fonds Mediator créé par la loi".
              
"S'ils continuaient encore une fois à faire preuve d'obstination, ils paieront plus cher" a-t-il averti, appelant le groupe français à s'occuper "un peu moins de ses intérêts financiers" et "un peu plus de l'intérêt des victimes".
              
Anti-diabétique largement détourné comme coupe-faim, le Mediator aurait fait en 33 ans entre 500 et 2.000 morts, avant d'être retiré du marché français en novembre 2009. Plusieurs centaines de plaintes ont été déposées à ce jour.
              
Avec la création de ce fonds, qui devrait être mis en place avant l'été, le gouvernement affiche sa volonté de pas laisser les victimes "en première ligne" face au groupe pharmaceutique. Le dispositif envisagé permettrait de proposer à l’ensemble des victimes sans distinctions un guichet unique, tout en leur garantissant la possibilité d’intenter une action en justice.
              
Les associations de victimes devraient être "associées" à la gouvernance de ce fonds qui sera géré par l’Office national d'Indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (Oniam).
              
Saisi d'une demande de victime, l'Oniam constatera les faits et se tournera vers Servier pour lui demander d'indemniser directement cette personne pour un montant précis. Si le groupe refuse, l'Oniam pourra, après avoir indemnisé la victime, saisir la justice pour obtenir le remboursement assorti d'une pénalité.
              
Le laboratoire français s'est dit "déçu" jeudi par le schéma retenu par le gouvernement, jugeant que de possibles "malentendus" ou "fantasmes" pouvaient avoir conduit au rejet de sa proposition.
              
Servier avait proposé "de combler les lacunes de la loi Kouchner", notamment en indemnisant les victimes du Mediator ayant une incapacité de 5 à 24%, a rappelé Lucy Vincent, directrice des affaires extérieures du laboratoire, n°2 français de la pharmacie.
              
Les victimes souffrant d'une incapacité partielle permanente inférieure à 25% sont exclues des procédures légales prévues par la loi Kouchner de 2002 et des remboursements par la Commission régionale de conciliation et d'indemnisation (CRCI).
              
Les associations avaient vivement rejeté la proposition de Servier. Le Dr Irène Frachon, qui a joué un rôle déterminant dans la mise au jour des méfaits du Mediator, a estimé que les CRCI n'étaient pas faites pour "traiter un drame de cette ampleur".
              
L'annonce de la mise en place de ce fonds a été faite à l'issue d'un ultime échange, mercredi après-midi, entre Servier et Claire Favre, la magistrate chargée par le gouvernement des négociations. La ministère a jugé que, malgré des "évolutions", la dernière proposition du groupe pharmaceutique français, portant sur indemnisation partielle des victimes, restait "inacceptable".
              
Les associations de victimes ont favorablement accueilli la création de ce fonds qu'elles réclamaient haut et fort.
              
Le député PS Gérard Bapt, président de la mission parlementaire sur le Mediator, a de son côté proposé de nationaliser le numéro deux français de la pharmacie, mettant sans détours en avant l'idée d'une "nationalisation-sanction".
              

 

Commentaires (4)

cerbier

le gouvernement parles t'il de la TVA qu'il à prélevé sur ces médicaments et les prescriptions médicales? alors qu'il savait depuis le début, mais à ce moment là cela ne pouvait pas lui servir pour les prochaines éléctions.20 000 morts par an par les médicaments. même le cimetière rapporte à l'état. merci pour toutes les victimes de soutenir l'économie du pays.

médicament qui tue

c'est une bonne idée mais le gouvernement se rend t'il compte qu'il autorise et bénéficie de la vente du tabac en sachant que celui ci fait plus de 60 000 morts par an. et si l'europe obligeait les états à indemniser les familles victimes du tabac ou de l'alcool ou des carburants qui font avancer nos véhicules et qui tuent ou le laxisme qui laisse les assassins en liberté.

le laboratoire qui persiste et signe

Pour avoir été pendant 8 mois conseillère scientifique chez Servier et en être partie de mon propre chef après avoir constaté le mépris de ce laboratoire pour les règles de déontologie et le respect de la vie humaine, je suis heureuse de n'avoir jamais prescrit un seul médicament de ce laboratoire,sachant qu'ils ne vendaient que du vent dans des boites ou des produits qui aux doses efficaces étaient toxiques

prise d'isoméride et de médiator..

Bonjour
J'ai pris de l'isoméride fin des années 80 début des années 90..et j'ai également pris du médiator entre 2001 et 2006. Je n'ai reçu aucun courrier de l'AFSAP (je ne suis pas sure du nom)je fais donc les démarches moi-même et j'aimerai savoir vers qui je dois me tourner pour rejoindre l'association des victimes ?

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