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L'impasse budgétaire menace de paralyser les services publics

Texte par Guillaume LOIRET

Dernière modification : 08/04/2011

Démocrates et républicains ont jusqu'à ce vendredi minuit (heure de Washington) pour adopter le budget fédéral 2011. Sans accord, la plupart des services publics (administration fiscale, touristique, etc.) devront baisser le rideau.

- Pourquoi le vote du budget américain est-il un casse-tête ?

Le budget 2011 de l’État américain – ou budget fédéral, d’un total de 3 800 milliards de dollars (2 600 milliards d'euros) - aurait dû être voté en novembre 2010, juste après les élections de mi-mandat. Mais six mois plus tard, aucun accord n’a été trouvé entre républicains et démocrates. Des budgets provisoires ("stop-gap" en anglais) ont été adoptés pour éviter la banqueroute aux services publics, mais le dernier d’entre eux arrive à échéance ce vendredi soir à minuit (heure de Washington). Jeudi soir, le président Barack Obama a reçu pour la quatrième fois en trois jours des représentants des deux partis, sans résultat.

 

- Sur quoi s’opposent républicains et démocrates ?

Le parti républicain entend imposer un régime sévère au budget de l’État, qui se traduirait par quelque 61 milliards de dollars (42,5 milliards d'euros) d’économie. Objectif : s’attaquer au déficit budgétaire, qui devrait atteindre 1 600 milliards de dollars (1 114 milliards d'euros) cette année. Les coupes touchent tous les domaines, principalement la recherche, les sciences, et l'action sociale (voir ici une analyse par poste budgétaire).

Mais les républicains ne parlent pas que d’une voix. Les représentants du Tea Party, la mouvance ultra-réactionnaire et populiste du parti, allergique aux dépenses sociales et aux impôts, fraîchement élus aux élections de mi-mandat en octobre 2010, veulent plus : 100 milliards de dollars (69,6 milliards d'euros) de coupes, comme l’avait promis le parti républicain pendant la campagne présidentielle de 2008.

À l’inverse, les républicains modérés pourraient accepter les 33 à 35 milliards de dollars (23 à 24,4 milliards d'euros) de coupes budgétaires proposées par les démocrates, soit la plus importante restriction budgétaire que l'État américain n'aura jamais adoptée en une année. C’est là-dessus que portent les négociations actuelles. Selon le "Washington Post", les deux partis sont tombés d’accord sur 10 milliards de dollars de coupes, reste à négocier les 23 à 25 milliards restant.

 

-Le débat budgétaire peut-il plomber la candidature d’Obama en 2012 ?

Si les républicains acceptent finalement le budget proposé par les démocrates, le pas en avant aura un prix : rediriger les coupes vers des programmes sociaux chers à Barack Obama. Le planning familial et la facilitation des avortements seraient ainsi menacés, de même que les fonds de la National Public Radio (NPR), ou encore la politique de protection environnementale. Les républicains veulent en effet amputer le budget de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) et tailler dans le programme en faveur de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables.

Autant de programmes auxquels la base du parti démocrate reste profondément attachée. Si le président accepte de les sacrifier, ses électeurs pourraient lui en tenir rigueur lors de l'élection présidentielle de 2012 à laquelle il vient d'officialiser sa candidature.

 

-Que se passera-t-il si aucun accord n’est trouvé vendredi à minuit ?

Un certain nombre de services publics, considérés comme "non essentiels", devront tout simplement baisser le rideau, faute de financement. Quelque 800 000 employés fédéraux devront cesser le travail, couper leurs BlackBerry de fonction et oublier leurs courriels professionnels. Autres incidences possibles  :

  • fermeture de centaines de sites touristiques (statue de la Liberté, Grand Canyon, prison d'Alcatraz...) ;
  • fermeture de tous les parcs nationaux, notamment les grands parcs de l’ouest du pays comme Yellowstone ;
  • impossibilité de délivrer des visas ;
  • fermeture des services fiscaux ;
  • suspension du versement de la paie des 2,3 millions de soldats américains, notamment ceux déployés en Irak et en Afghanistan

Les employés fédéraux qui assurent des services vitaux comme la police, les gardiens de prison, les contrôleurs aériens ou les employés de sécurité aux aéroports continueront de travailler.

Faute d’accord, même la capitale américaine se réveillera, samedi matin, avec un service public grippé. Il y sera effectivement impossible de renouveler un permis de conduire ou une plaque d’immatriculation, impossible d’émettre des permis de construire. Les bibliothèques publiques, les musées et les zoos seront fermés, le ramassage des ordures suspendu...

 

-Et si un accord est trouvé ?

Les services publics fédéraux seront correctement financés et pourront fonctionner, mais le combat pour la réforme budgétaire promet d’être long. Un député néo-conservateur, Paul Ryan (voir la vidéo ci-dessous), a proposé, le 5 avril, un plan de restriction budgétaire radical pour les dix prochaines années. Cet élu, proche du Tea Party, veut réaliser plus de 6 000 milliards de dollars (4 177 milliards d'euros) d’économies en supprimant l’assurance-maladie des plus de 65 ans (programme Medicare), en plafonnant l’aide aux plus pauvres, en réduisant le nombre de fonctionnaires, tout en ménageant de confortables baisses d’impôts pour les ménages les plus fortunés.

Paul Ryan, le "tronconneur" autoproclamé du budget américain

Première publication : 08/04/2011

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