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Asie - pacifique

La police se lance à la recherche des corps des victimes autour de Fukushima

Vidéo par Kéthévane GORJESTANI , Maureen GRISOT

Texte par Dépêche

Dernière modification : 14/04/2011

Quelques 330 policiers japonais équipés pour se protéger de la radioactivité ont commencé à rechercher les corps des victimes du tsunami dans un rayon jusqu'à présent inexploré : autour de la centrale nucléaire de Fukushima-Daishii.

 
AFP - La police japonaise a commencé jeudi à rechercher des victimes du tsunami autour de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima (nord-est) où les travaux de pompage de nappes d'eau contaminée se poursuivaient.
 
Pour la première fois depuis le 11 mars, jour du séisme de magnitude 9 et du raz-de-marée géant sur les côtes Pacifique du Tohoku (nord-est du Japon), quelque 330 policiers vêtus de combinaisons et de masques vont fouiller les décombres dans une zone jusqu'ici inexplorée de 10 kilomètres de rayon autour du site atomique.
 
Après la catastrophe nucléaire survenue à la centrale Fukushima Daiichi (N°1), les autorités ont fait évacuer la population habitant une ceinture de 20 km alentour, en raison des rejets radioactifs. Le 3 avril, la police avait mené des recherches uniquement dans la zone distante de 10 à 20 kilomètres.
 
"Les recherches ont débuté vers 10H00 (01H00 GMT) et s'achèveront au coucher du soleil", a déclaré un porte-parole de la police de la préfecture de Fukushima.
 
"Il est difficile d'estimer le nombre de personnes encore portées disparues dans la région. On doit les retrouver le plus vite possible", a-t-il ajouté. "Si les corps dégagent un taux trop élevé de radioactivité, nous devrons les laver avant de les autopsier et de les emporter à la morgue", a-t-il souligné.
 
Le bilan des morts devrait donc encore s'alourdir. Selon les chiffres toujours provisoires de la police, 13.349 personnes ont été tuées par le séisme et le tsunami, alors que 14.867 autres sont toujours portées disparues.
 
Soixante mille tonnes d'eau radioactive dans les souterrains de la centrale
 
Dans l'enceinte de la centrale, submergée le 11 mars par une vague de 14 mètres qui a endommagé l'alimentation électrique et les circuits de refroidissement, les ouvriers de l'opérateur Tokyo Electric Power (Tepco) s'activaient encore jeudi pour pomper des milliers de tonnes d'eau radioactive infiltrée dans les installations et les galeries souterraines.
 
"Nous avons jusqu'ici retiré quelque 700 tonnes d'eau de la galerie du réacteur 2", a déclaré Takeo Iwamoto, un porte-parole de Tepco.
 
"Cela va prendre plusieurs semaines avant de pouvoir évacuer toutes les nappes à l'intérieur et à l'extérieur des installations", a-t-il toutefois souligné.
 
Les techniciens estiment que quelque 60.000 tonnes d'eau radioactive ont inondé les souterrains, les canalisations et les salles des machines de trois des six réacteurs de la centrale, entravant le travail des ouvriers.
 
Cette tâche délicate, compliquée par les répliques sismiques qui se succèdent dans la région, est indispensable pour que les travaux de rétablissement des systèmes de refroidissement puissent reprendre.
 
Tepco envisage par ailleurs de retirer les barres de combustible usé mises à refroidir dans les piscines de désactivation des réacteurs et va utiliser un petit hélicoptère sans pilote pour vérifier l'état de ces bassins.
 
Située au bord de l'océan Pacifique, Fukushima Daiichi est l'une des plus anciennes centrales du Japon, son premier réacteur ayant été construit au début des années 1970.
Plus de 400 répliques de magnitude 5 et plus ont été enregistrées depuis le "méga-séisme" du 11 mars et, selon les experts, les bâtiments de la centrale, déjà fragilisés par des explosions et des incendies, pourraient subir de nouveaux dégâts en cas de fortes secousses répétées.
 
L'Agence de sûreté nucléaire japonaise a demandé à Tepco de vérifier d'urgence la structure et de procéder aux travaux nécessaires.
 
Afin de réduire la dissémination d'eau radioactive dans l'océan tout proche, l'opérateur a par ailleurs installé à la sortie du réacteur 2 trois grandes plaques d'acier et une barrière à sédiments, sorte de rideau descendant jusqu'au fond de la mer et maintenu en surface grâce à des flotteurs.
 
L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a affirmé qu'il n'y avait "pas besoin de nouvelles mesures de santé publique" au Japon, soulignant que les risques pour la santé "pour une zone au-delà des 40 km" de la centrale ne sont pas plus "élevés aujourd'hui qu'hier".

 

Première publication : 14/04/2011

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