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Afrique

La coalition réclame le départ du colonel Kadhafi

Vidéo par Philippe GASSOT

Texte par Dépêche

Dernière modification : 15/04/2011

Dans une tribune commune publiée dans plusieurs quotidiens, David Cameron, Barack Obama et Nicolas Sarkozy appellent à la poursuite des opérations militaires en Libye afin d'accélérer le départ de Mouammar Kadhafi.

AFP - Nicolas Sarkozy, Barack Obama et David Cameron ont jugé vendredi dans une tribune commune "impossible d'imaginer que la Libye ait un avenir avec Kadhafi", dont la chute est désormais l'objectif avoué des alliés de l'Otan qui s'étaient réunis la veille à Berlin.
              
Les trois dirigeants ont souligné la nécessité de continuer les opérations militaires pour accélérer le départ de Mouammar Kadhafi et permettre une transition.

"Il ne s'agit pas d'évincer Kadhafi par la force. Mais il est impossible d'imaginer que la Libye ait un avenir avec Kadhafi (...) il est impensable que quelqu'un qui a voulu massacrer son peuple joue un rôle dans le futur gouvernement libyen", écrivent les présidents français et américain et le Premier ministre britannique dans quatre quotidiens.
              
Pour accélérer le départ du numéro un libyen, ils estiment que "l'Otan et les partenaires de la coalition doivent maintenir leurs opérations afin que la protection des civils soit maintenue et que la pression sur le régime s'accroisse".
              
Les Etats-Unis ont toutefois refusé jeudi de revenir en première ligne en Libye.
              
Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a indiqué à la presse qu'il en avait parlé à la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, en marge de la réunion des chefs de la diplomatie de l'Otan à Berlin.
              
Mais les Américains, qui ont retiré une cinquantaine de chasseurs-bombardiers des missions d'attaque au sol le 4 avril, ont répondu qu'"ils continueront sur la même ligne, c'est-à-dire fournir des avions pour des interventions ponctuelles lorsque les moyens dont ils disposent sont particulièrement utiles", a expliqué M. Juppé.
              
Le commandant en chef de l'Otan en Europe, l'amiral James Stavridis, a confirmé aux ministres avoir demandé il y a déjà plusieurs jours aux alliés de lui fournir "quelques avions", a indiqué le secrétaire général de l'Alliance atlantique Anders Fogh Rasmussen.
              
Les Etats-Unis soutiennent notamment l'opération Protecteur unifié avec leurs moyens d'écoute et de surveillance, selon un responsable de l'Otan.
              
Avant la réunion de Berlin, Paris et Londres avaient claironné leur intention de presser les alliés d'"intensifier" les raids aériens en fournissant plus d'avions pour les raids.
              
Aucun pays européen n'a répondu à cette demande bien que six Etats membres de l'Otan seulement sur un total de 28 autorisent leurs avions à effectuer des frappes air-sol.
              
"Nous allons faire tout ce qu'il faut pour protéger les civils, et pas seulement en parole mais aussi en actions", a dit M. Rasmussen, en soulignant que l'Otan avait déjà effectué 2.000 missions depuis qu'elle avait pris en main les opérations le 31 mars.
              
Les chefs de la diplomatie ont adopté une déclaration en trois points, qui devront être satisfaits avant qu'il puisse être question d'un cessez-le-feu.
              
Toutes les attaques contre les civils doivent cesser. Les militaires doivent retourner dans leurs casernes et se retirer de toutes les villes où elles sont déployées ou qu'elles assiègent, telles Ajdabiya, Brega, Misrata et neuf autres dans l'ouest comme dans l'est du pays. Enfin, une aide humanitaire doit pouvoir être fournie en toute sécurité à tous ceux qui en auraient besoin.
              
Dans cette même déclaration, l'Otan a "endossé fermement" l'appel au colonel Kadhafi à se retirer, lancé par le Groupe de contact chargé du pilotage politique de l'intervention internationale, réuni mercredi à Doha.
              
C'est la première fois que l'Otan se prononce aussi clairement et unanimement sur la nécessité du départ du pouvoir du leader libyen.
              
Aisha Kadhafi, fille du dirigeant libyen, a affirmé jeudi soir devant des centaines de jeunes partisans du régime que demander le départ de son père du pouvoir était une "insulte pour tous les Libyens".
              
"Vous voulez tuer mon père sous prétexte de protéger les civils. Où sont ces civils? S'agit-il de ceux qui portent des mitraillettes, des RPG et des grenades?", a-t-elle lancé en allusion aux insurgés.
              
A Washington, le président des Etats-Unis Barack Obama a loué jeudi l'émir du Qatar pour son aide essentielle dans le dossier libyen et son soutien au développement de la "démocratie au Moyen-Orient" en recevant le dirigeant de cette monarchie héréditaire.
              
Le Qatar a été le premier pays arabe, suivi par les Emirats, à participer aux opérations militaires pour faire respecter la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU en Libye.
              
Le numéro deux d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, a de son côté appelé les musulmans à se lever à la fois contre le régime libyen et contre les forces de l'Otan en Libye, dans une vidéo manifestement enregistrée avant l'intervention militaire de la coalition.
              
Sur le terrain, des avions ont survolé jeudi la capitale libyenne Tripoli, où de fortes explosions ont été entendues, suivies de tirs de défense anti-aérienne, selon des journalistes de l'AFP.
              
Lors d'un raid de la coalition, Mouammar Kadhafi a effectué une sortie dans les rues de Tripoli. Lunettes noires et chapeau, à moitié sorti de sa voiture par le toit ouvrant, il a salué les passants en levant les poings, selon les images diffusées par la télévision.
              
A Ajdabiya (Est), un violent échange de tirs a lieu entre les forces fidèles à Kadhafi et des rebelles, selon un journaliste de l'AFP, tandis que 13 personnes ont été tuées dans une offensive des pro-Kadhafi sur Misrata (à l'est de Tripoli), selon la rébellion.



 

Première publication : 15/04/2011

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