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Asie - pacifique

Colombo demande à l'ONU de ne pas publier son rapport sur la guerre contre les Tigres

Texte par Dépêche

Dernière modification : 21/04/2011

Dès l'annonce des Nations unies de rendre public un rapport sur les crimes de guerre commis pendant le conflit entre le pouvoir sri lankais et les Tigres tamouls en 2009, Colombo s'est opposé à la publication au nom de la réconciliation nationale.

AFP - Le Sri Lanka a demandé jeudi à l'ONU de ne pas publier un rapport sur des allégations de crimes commis par l'armée sri-lankaise contre les rebelles tamouls lors de la guerre achevée en 2009, affirmant qu'il pourrait nuire aux efforts de réconciliation nationale.
              
Le ministre des Affaires étrangères, G.L Peiris, a déclaré que le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, ne devrait pas publier le rapport rédigé par des experts de l'ONU sur de possibles crimes de guerre commis lors de l'offensive menée par le pouvoir contre les Tigres tamouls.
              
"La publication de ce rapport va causer des dommages irréparables aux efforts de réconciliation du Sri Lanka. Il va nuire aussi au système des Nations unies", a-t-il affirmé à des journalistes à Colombo.
              
"Ce rapport de l'ONU est grotesque", a-t-il ajouté.
              
Les Nations unies ont indiqué que le rapport serait publié cette semaine.
              
Le ministre a souligné que le gouvernement n'avait jamais accepté la nomination de ce comité et qu'il avait mis en garde Ban Ki-moon contre l'ouverture d'une enquête complète concernant les accusations de morts de civils lors des derniers mois du conflit.
              
Il a toutefois décliné tout commentaire sur le contenu du rapport, dont une copie lui a été remise voici neuf jours, même si certains éléments du document de 200 pages ont été dévoilés le week-end dernier par le journal srilankais pro-gouvernemental Island.
              
Le document fait état "d'allégations crédibles" de violations des droits de l'homme par les deux parties au conflit. Certaines violations, si elles étaient prouvées, "pourraient s'apparenter à des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité", selon le journal.
              
"Les conséquences de la publication de ce rapport sont loins d'être favorables aux Nations unies", a prévenu M. Peiris. "Il va ébranler le principe d'égalité souveraine. Un rapport aussi grotesque que celui-ci va infliger un grave dommage au système de l'ONU", a-t-il jugé.
              
Peiris a démenti avoir fait fuité dans la presse le rapport qui écrit que "des dizaines de milliers" de civils sont morts entre janvier et mai 2009, avant la défaite des rebelles tamouls.
              
Le rapport soupçonne aussi les Tigres tamouls, qui ont pris les armes pour réclamer un territoire tamoul indépendant, d'avoir utilisé des civils comme bouclier humain et d'avoir tué ceux qui tentaient de fuir la zone de guerre.
              
Le gouvernement sri lankais affirme qu'aucun civil n'a été tué lors du conflit qui s'est achevé après trois décennies de guerre civile.
              
Le pays a été sévèrement critiqué par des organisations internationales de défense des droits de l'homme pour son échec à enquêter sur les morts lors du conflit.
              
Le président du Sri Lanka, Mahinda Rajapakse, a appelé la population à transformer le traditionnel défilé du 1er mai en manifestation contre le rapport de l'ONU.
             
 

Première publication : 21/04/2011

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