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Moyen-orient

Paris "réfléchit" à la reconnaissance de l'État palestinien

Texte par Dépêche

Dernière modification : 22/04/2011

Paris envisage, avec ses partenaires européens, de reconnaître l'État palestinien afin de relancer le processus de paix. Le président de l'Autorité palestinienne, en visite à Paris, a rencontré le président français.

AFP - La France, qui recevait jeudi le président palestinien Mahmoud Abbas en visite à Paris, réfléchit de plus en plus ouvertement à une reconnaissance de l'Etat palestinien par l'Union européenne pour dépasser la paralysie du processus de paix avec Israël.

"La reconnaissance de l'Etat de Palestine est une option à laquelle nous réfléchissons actuellement avec nos partenaires européens, dans l'optique de créer un horizon politique à même de relancer le processus de paix", a déclaré jeudi à New York l'ambassadeur de France à l'ONU Gérard Araud lors d'une réunion du Conseil de sécurité sur le Moyen-Orient.

L'ambassadeur faisait cette déclaration alors qu'à Paris M. Abbas était reçu par le président français Nicolas Sarkozy pour, a-t-il dit, lui "demander conseil" sur les démarches à suivre en vue de la reconnaissance d'un Etat de Palestine.

Face au blocage des négociations de paix, interrompues après une brève relance en septembre, Paris semble envisager sérieusement une reconnaissance de l'Etat palestinien, même en l'absence d'accord entre les deux parties.

Depuis sa prise de fonction fin février, le chef de la diplomatie française Alain Juppé s'est exprimé à deux reprises en ce sens. "C'est une question à laquelle il faut réfléchir et à laquelle nous réfléchissons. Et elle se posera au mois de septembre ou octobre", a-t-il ainsi déclaré cette semaine.

Nicolas Sarkozy n'a pas pris position récemment sur cette question.

Mais interrogé sur France 24, Mahmoud Abbas a estimé jeudi que les Européens étaient prêts à reconnaître l'Etat palestinien. "Tous les signes de ces organisations et Etats montrent qu'ils attendent le bon moment pour reconnaître" l'Etat, a-t-il dit, admettant toutefois n'avoir reçu aucune promesse.

Le président palestinien a réitéré sa préférence pour un accord négocié avec Israël. "Nous préférons que cela se fasse par la négociation, c'est pourquoi nous voulons revenir à la table de négociations à tout prix pour réaliser la paix", a-t-il dit.

Le choix d'une reconnaissance unilatérale a déjà été fait par plusieurs pays d'Amérique latine, même si la communauté internationale s'est fixé comme objectif la création de l'Etat palestinien à l'automne, au moment de l'Assemblée générale des Nations unies, à New York.

Mais ce calendrier est menacé par des profonds désaccords entre Israéliens et Palestiniens, en particulier sur la question de la colonisation juive en Cisjordanie et à Jérusalem Est, mais aussi par des divergences entre les grandes puissances.

Une réunion ministérielle du Quartette (Russie, UE, ONU, Etats-Unis) sur le Proche-Orient, prévue le 15 avril, a dû être reportée. Washington est à l'origine de l'ajournement de cette rencontre au cours de laquelle les Européens espéraient définir les "paramètres" d'un règlement final, notamment sur les frontières et la sécurité.

M. Abbas a appelé le président américain Barack Obama à faire des propositions pour la paix. "Les Etats-Unis, en tant que grande puissance, ont le devoir de faire des propositions. Ce sont eux qui peuvent convaincre Israël", a-t-il déclaré dans une interview au quotidien Le Figaro à paraître vendredi.

L'Autorité palestinienne avait demandé la semaine dernière aux Etats-Unis de prendre "une position claire sur l'Etat palestinien et sur les frontières de 1967 (avant la guerre des Six jours, ndlr) avec Jérusalem-Est pour capitale".

A l'occasion de cette visite, la France a rappelé qu'elle considérait les Palestiniens "plus que jamais prêts à établir un Etat", selon une déclaration du ministère des Affaires étrangères. Elle a également répété sa disposition à accueillir au mois de juin une conférence des donateurs pour le futur Etat palestinien.

Nicolas Sarkozy a enfin apporté le soutien de la France aux efforts engagés par M. Abbas pour favoriser la réconciliation interpalestinienne, selon l'Elysée.

Première publication : 22/04/2011

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