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EUROPE

Un mariage princier qui tombe à pic pour la famille royale

Texte par Sylvain ATTAL

Dernière modification : 29/04/2011

Comment et pourquoi le mariage du prince William et de la roturière Catherine Middleton est exactement ce qu'il fallait pour redorer le blason des Windsor...

Le mariage royal célébré à Westiminster Abbey cosntitue le “happy end” d’un drame commencé dans ce même lieu, en 1997 : l’enterrement de Diana, la “princesse du peuple”, selon l’expression de Tony Blair. Ce jour-là, le monde n’a d’yeux que pour les deux petits princes, William et Harry, éplorés.

Les Britanniques se brouillent avec leur reine qui n’a pas su montrer que ce drame la touchait, au-delà du chagrin de ses petits-enfants. Elizabeth II a toujours considéré que Diana ne faisait plus partie de la famille. Erreur ! La colère du peuple et l’ire de la presse - pas seulement les tabloïds - sont si violentes que la question de l’avenir de la monarchie est posée.

On le voit dans le magnifique film de Stephen Frears, “The Queen”, la souveraine ne réagit qu’à contre-coeur (s’accrochant à sa devise : “Never explain, never complain”) et sous la pression de son Premier ministre Tony Blair, qui, lui, avait parfaitement bien senti que quelque chose d’énorme se passait dans le coeur des sujets et électeurs britanniques. La reine a détesté. Sa revanche en 2011 : Tony Blair (ainsi que son épouse, considérée comme l’ennemie intime de la reine) n’est même pas invité aux noces.

Le prince William a le profil qu'il faut

Quatorze ans plus tard, la côte de la reine est remontée au plus haut. Pourquoi ? La pétulante princesse a de beaux yeux, mais il y a surtout la personnalité de William. Il a hérité de sa mère un charme naturel, une simplicité aristocratique qui n’est pas feinte. Le goût des autres sans son côté un peu “nian nian”, larmoyant et cette faiblesse pour les épanchements publics. William est moderne, mais c’est un vrai Windsor. Il n’a pas l’armure du père, le prince Charles, mais fuit la presse comme la peste (il la considère comme responsable de la mort de sa mère). Ce n’est pas un révolutionnaire, loin de là. Dans son cercle d’ami, on ne trouve que du sang bleu - ou presque.

On entend l’objection : N’épouse-t-il pas une roturière? Une copine de fac de surcroit, comme tant de jeunes de son âge ? C’est là le génie de la chose. Car voilà enfin ce qui manquait pour redorer le blason des Windsor et les rapprocher du peuple : un peu de sang neuf dans cette famille où les alliances aristocratiques irréprochables n’ont empêché ni les malheurs ni les scandales.

Mais il y a une explication plus profonde. Ce regain de l’institution monarchique correspond à une vague conservatrice que l’on ne soupçonnait pas à l’époque de la mort de Diana. Stephen Frears (encore lui) avait tourné “My Beautiful Laundrette”, film sur les difficultés d’assimilation d’une famille pakistanaise (on disait à l’époque asiatique) au modèle british. Aujourd’hui, les frères ou les fils des personnages du film sont appelés des musulmans et on n’en finit pas de se demander pourquoi certains d’entre eux, bien que nés sujets de Sa Majesté, éduqués dans les meilleures écoles du Royaume, sont allés poser des bombes dans le métro en 2007 ou partis s'entraîner avec Al-Qaïda pour apprendre à tuer des britanniques “blancs”.

Un Royaume-Uni plus "british" que jamais

L'identité “british” veut-elle encore dire quelque chose ? Non seulement Londres est devenue une ville-monde, mais, outre-Manche, on se considère volontiers Ecossais, Gallois ou Anglais - et de moins en moins britannique. Les lois renforçant les autonomies régionales votées par le New Labour étaient peut-être souhaitées et nécessaires, mais le peuple déchante et se prend à regretter un âge d’or britannique que la couronne est presque seule à incarner désormais, dans toute sa lourdeur parfois et son conservatisme, justement...

Pour toutes ces raisons, William incarne donc l’espoir de régénerescence de l’institution.
Contrairement à son père, il ne culpabilise pas sur le sort de ceux qui ne sont pas de longue lignée britannique. Il aime la chasse, Balmoral, l’église anglicane, l’armée et l’étiquette sans état d’âme, ce qui le distingue de sa mère et signe l’influence de l’éducation de ses grands-parents qui ont joué un grand rôle dans son deuil et celui d’Harry. Il est en phase avec cette nostalgie inquiète qui s’est emparée d’une partie des Britanniques.

Et puis, partout la monarchie montre qu’elle incarne la stabilité. Exemple ? En Espagne, quand les Catalans cultivent jusqu’à l'excès leur particularisme. En Belgique, où la couronne est tout ce qui reste quand il n’y a plus de gouvernement depuis longtemps. Dans les pays arabes, voyez comme les monarchies tiennent mieux le coup que tous ces dictateurs qui voulaient que leurs fils leur succèdent. Bref, la monarchie, avec le minimum de faste, continue d'intriguer par sa capacité à vaincre les procès en anachronisme.
Et puis le monde entier n’envie pas nécessairement une Angela Merkel qui fait ses courses au supermarché ! 

 

Première publication : 28/04/2011

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