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Afrique

Laurent Gbagbo confie à Desmond Tutu son désir de voir le pays "panser ses plaies"

Vidéo par Ludovic de Foucaud

Texte par Dépêche

Dernière modification : 03/05/2011

L'archevêque sud-africain Desmond Tutu a rendu visite à Laurent Gbagbo, capturé le 11 avril et désormais assigné à résidence à Korhogo (nord). L'ex-président lui a fait part de son désir de voir le pays revenir à "une situation normale".

AFP - L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo a "insisté pour dire qu'il fallait panser les plaies" de la Côte d'Ivoire, a déclaré lundi à la presse l'archevêque sud-africain Desmond Tutu, après avoir rencontré M. Gbagbo à Korhogo (nord), dans sa résidence surveillée.
              
"Nous avons eu un échange bref mais chaleureux, nous avons été heureux de constater que l'ancien président (Laurent Gbagbo) a exprimé le désir de voir le pays retourner à une situation normale", a déclaré Mgr Tutu, après avoir rencontré le président déchu pendant 45 minutes.
              
L'archevêque était avec l'ex-secrétaire général de l'ONU Kofi Annan et l'ancienne présidente d'Irlande et ex-Haut commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Mary Robinson.
              
"Dans son intervention, (M. Gbagbo) a insisté pour dire qu'il fallait panser les plaies du pays. C'est ce que nous sommes venu encourager. Comme vous l'avez vu, il a l'air en bonne santé, il nous l'a dit lui-même. Il a l'air détendu et il a demandé une bible", a ajouté le prix Nobel de la Paix.
              
Il s'agit de la première visite connue d'officiels auprès de M. Gbagbo depuis qu'il est en résidence surveillée à Korhogo.
              
Vêtu d'une chemise bleue et d'un pantalon noir, souriant, l'ex-président a serré la main des trois membres du groupe dit des Elders (Anciens) et leur a dit "merci d'être venus", a constaté un journaliste de l'AFP, alors que la presse avait été autorisée à assister au tout début de la rencontre.

Promouvoir "l'apaisement et la réconciliation"
              
Les membres des Elders sont arrivés dimanche à Abidjan avec l'objectif de promouvoir "l'apaisement et la réconciliation" en Côte d'Ivoire après une crise post-électorale de plus de quatre mois qui s'est soldée par l'arrestation de Laurent Gbagbo et l'arrivée au pouvoir d'Alassane Ouattara, vainqueur du scrutin du 28 novembre.
              
Arrêté avec sa femme Simone et une centaine de personnes, puis détenu au Golf Hôtel d'Abidjan, le quartier général de M. Ouattara, M. Gbagbo a été transféré le 13 avril à Korhogo, où il est depuis en résidence surveillée.
              
Sa femme a pour sa part été transférée le 22 avril à Odienné (nord-ouest).
              
Les auditions par la justice ivoirienne de l'ex-chef d'Etat, de son épouse et de quelque 200 anciens responsables de son régime assignés à résidence à travers le pays, doivent débuter mercredi.
              
Toutefois, le ministre ivoirien de la Justice Jeannot Kouadio Ahoussou, qui a aussi fait le déplacement lundi à Korhogo, a déclaré à l'AFP que la date du début de l'audition de l'ex-président n'était pas "certaine", M. Gbagbo lui ayant indiqué que ses avocats n'étaient "pas disponibles".
              
Le chef d'Etat déchu est notamment accusé d'être responsable d'exactions, de concussion et d'appels à la haine.
              
Près de 3.000 personnes ont été tuées lors des plus de quatre mois de crise et de combats en Côte d'Ivoire, selon les autorités. Les Nations unies font état de plus de 1.000 morts.

 

Première publication : 02/05/2011

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