Dernière modification : 05/05/2011 

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Cent trente-sept Tunisiens expulsés manu militari d'un squat parisien par les forces de l'ordre

Cent trente-sept Tunisiens expulsés manu militari d'un squat parisien par les forces de l'ordre

Plus d'une centaine de migrants tunisiens, qui ont pour la plupart transité par l'Italie, ont été expulsés mercredi d'un immeuble insalubre appartenant à la Ville de Paris. Placés aussitôt en garde-à-vue, ils risquent l'expulsion.

Par Sarah LEDUC (texte)
 

Peu après 14 heures ce mercredi, 137 ressortissants tunisiens ont été violemment évacués, d’un immeuble insalubre du 19e arrondissement parisien qu’ils squattaient depuis trois jours.

Plus de 200 CRS, équipés de casques, boucliers et matraques, ont embarqué 137 Tunisiens, ainsi qu’une vingtaine de militants. Plusieurs témoins font état de violences policières gratuites à l’égard des squatteurs.   
 
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"Des membres de comités de soutien ainsi que des élus ont fait une chaîne humaine devant le bâtiment. Mais ils ont été bousculés sans ménagement par les forces de l’ordre qui ont défoncé la porte avant d’y pénétrer", explique à FRANCE 24 Ariane Calvo, adjointe au maire du 20e arrondissement, présente lors de l’évacuation.
 
"Les 137 Tunisiens ont été sortis les uns après les autres, molestés et certains plaqués au sol sans aucune utilité. Ils étaient morts de peur. Beaucoup sont mineurs, ils seraient montés dans le camion de toute façon", continue l’adjointe Ariane Calvo.
 
Détention pour "dégradation de bien public"
 
Ces Tunisiens ont été immédiatement placés en garde-à-vue dans trois commissariats des 18e, 19e et 20e arrondissement. Sept seulement ont été relâchés. Les 130 autres ont été maintenus en détention après avoir eu droit à la visite d'un avocat ainsi qu’à une visite médicale.
 
D’après plusieurs sources, le parquet s’est emparé du dossier. Les migrants, en situation irrégulière, sont poursuivis pour "dégradation de bien public en réunion".
 
À 19 heures, mercredi soir, nul n'était en mesure d'en dire plus sur le sort qui allait leur être réservé. Mais vu la détermination du gouvernement dans sa volonté de contenir les flux migratoires en provenance de Lampedusa, les associations comme les élus de gauche mobilisés par cette évacuation craignaient un renvoi pour tous ses détenus en centre de rétention administrative (CRA) suivi d’une expulsion.
 
"Nous demandons que le gouvernement respecte l’accord de coopération signé entre la France et la Tunisie en 2008 prévoyant l'accueil de 9 000 tunisiens souhaitant travailler en France. Et nous réclamons la mise en place d'un plan adapté pour aider ceux qui souhaitent rentrer en Tunisie", déclare à FRANCE 24 Pascale Boistard, adjointe au maire de Paris chargée de l’intégration et des étrangers non communautaires.

Hébergement précaire d’urgence 

Les jeunes migrants dormaient depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines, dans des jardins parisiens, notamment au Parc de la Villette ou  le Parc de Belleville. Survivant dans la plus grande précarité et dans des conditions d'hygiène minimales, les migrants recherchaient  un toit à tout prix. 
 
"J’ai visité le Parc de la Villette mardi matin avec Eva Joly et c’était vraiment indécent. Une épidémie de gale était en train de se propager. Un autre avait une leucémie. C’était vraiment non assistance à personne en danger", raconte Julien Bayou, membre du collectif Jeudi noir.
 
Ils ont donc investi l’immeuble, situé au 51 avenue Simon Bolivar, dans la nuit de dimanche à lundi. Selon la police, entre 80 et 100 Tunisiens ont occupé le bâtiment de l'avenue Bolivar, tandis que certains occupants évoquent un chiffre de 200, dont plusieurs mineurs.              
 
"Ils étaient harcelés sans cesse par la police, dormaient à la belle étoile depuis des nuits et des nuits. Ils voulaient juste avoir un toit", raconte Oumeya Sedik, membre de la Fédération des Tunisiens des deux rives (FTRD), à leur côté depuis dimanche soir.
 

Mauvais choix cependant. Le bâtiment, à l’abandon depuis plusieurs années, est dangereux. Les risques d’incendie et d’écroulement avaient fini de convaincre le collectif Jeudi noir de quitter les lieux qu’ils avaient investis à la mi-avril.

 
Echec des négociations
 
Estimant le lieu "dangereux et nullement conçu pour servir d’hébergement", selon un communiqué, la Ville de Paris a fait la demande d’évacuation après 48 heures de négociations qui se sont soldées sur un échec.

"La situation s’est vraiment tendue après avoir échoué dans les négociations. Face à une telle situation, nous avons pris nos responsabilités et demandé une évacuation. Mais on le regrette", explique à FRANCE 24 Pascale Boistard.

Dans la journée de mardi, des élus et représentants de la ville avaient tenté de convaincre les Tunisiens de quitter l’immeuble pour rejoindre des hébergements financés pas la Ville : 100 places avaient été mises à disposition immédiate dans trois centres d’hébergement, avec une promesse de 50 places supplémentaires.
 
Une proposition insuffisante par rapport au nombre de demandeurs, toujours plus nombreux. Craignant d’être séparés, arrêtés ou pris dans un guet-apens lors du transfert, les Tunisiens ont refusé de quitter l’avenue Bolivar. 
 
"Les migrants se sont retrouvés dans une situation impossible à devoir choisir qui allait rester et qui allait partir, explique Oumaya Sedik. Il n’était pas question que certains soient logés et d’autre jetés à la rue. En plus, ils n’ont pas risqué leur vie pour arriver là et mendier un logement pour SDF", s’insurge Oumeya Sedik qui souligne que certains avaient un titre de séjour émis en Italie.
 
"Il ne suffit pas d’avoir une autorisation de séjour pour venir en France", avait prévenu Claude Guéant, lors de sa rencontre avec son homologue italien, le 8 avril dernier à Milan. D’après plusieurs sources, le ministre de l’Intérieur se trouvait dans le commissariat du 19e arrondissement ce mercredi, l'après-midi même où les forces de police ont procédé à cette évacuation musclée.

(Crédit photo : Pierre Morel)

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(10) Réactions

concernant les clandistants

bah cé dommage de voir ces jeunes ent train de perdre leur vie leur futur au pays occidental vraiment cé dommage
Meme q chui une étudiante tunisienne et je reve de voyager et découvrir le monde entier mé pa passer tt ma vie hor mon pays je comprend plu comment ils pensent ces mecs là?????!!!!! franchement ca me fé trop de mal de les voir vivre dans ces MERDES

Honte à notre France !

Le gouvernement actuel, comme le prochain devrait en de telles circonstances exceptionnelles faire preuve de compréhension: ces tunisiens n'espèrent qu'une chose: pouvoir retourner au + vite en LEUR pays et non s'installer en France comme tant d'autres étrangers! Accordons un délai de quelques mois à ces pauvres gens qui n'ont rien fait de mal que demander un peu + de démocratie en leur Afrique natale!Ne confondons pas tout!Notre pays regorge d'appartements vides et de chambres ADOMA vides aussi et payées aveuglément par la CAF !Ne soyons pas des bêtes de sang! Même le FN réagira plus humainement!
"Face à une telle situation, nous avons pris nos responsabilités et demandé une évacuation. Mais on le regrette"
Ces émigrés ne sont pas des profiteurs!Merci pour notre compréhension!

migrant expulsé

Je suis désolée, pour ces jeunes tunisien, et je conviens que les forces de l'ordre n'ont jamais fait dans la dentelle que ce soit pour ces jeunes ou d'autres, on a régulièrement envie de crier au scandale. mais sur le fond on peut aussi ce poser la question, avons nous des réserves financières suffisantes pour venir en aide à tous ces migrants?
On nous prive de nos acquis sociaux sous prétexte de faiblesses financières, on diminue nos prestations sociales, etc....
Etre solidaire c'est bien, mais en avons nous les moyens? Je ne crois pas !!
Il faut que les gens ouvre les yeux, de la misère il y en a aussi chez nous, et bien plus que l'on ne pense.C'est ça que je ne comprend pas, les gens sont prêt à venir en aide aux migrant,financièrement et affectivement, mais ils ne voient pas la mère de famille avec ces 2 ou 3 enfants qui sont à la rue, ou un ancien salarié qui a tout perdue et qui ce retrouve à dormir dehors !!!!!!
Ouvrez les yeux, messieurs dames, la misère est partout malheureusement!!!!

Je suis un emigre

Personnellement je suis un emigre hors de France et je me plie aux lois du pays qui m'accueille.

Il n'y a pas de racisme a faire respecter la loi, par contre il y en a la violer.

Au lieu de mettre le souc dans un autre pays il serait peut-etre preferable de se retoruner les manches pour redresser son pays quand on y a mis le feu.

La France n'a pas vocation a accueillir le surplus des revolutions arabes.

en reponse aux propos

en reponse aux propos racistes sur ce sujet je tiens a leur rappeler que un tres grand nombre de soit disant francais sont d origine etrangere y compris votre president,de pologne ,d italie,espagne ,armenie ,russie ,et la liste est longue.

tunisiens expulsés

trop de migrants sur le teritoire français qui compromettent la sécurité du pays ...le sfrançais ont du mal a trouver du travail & un logement ..il ne faut pas que le gouvernement laisse ses frontières devenir des "passoires"

Aller jusqu'au bout de son action

Il ne suffit pas de changer un régime dans pays et s'en laver les mains sans penser aux dommages collateraux !
Le faire est une simple preuve que la politique française de nos jours, surtout celle menée par sarko n'est pas bien pensée ni même bien murie avant l'action.
Il me semble bien que les gens réagissent à l'émotion chez Obama comme chez Sarko.Comment peut-on reconnaitre un rebellion en Lybie et plus tard songer à l'organiser?!
Précipitation ou amateurisme?

Et pourtant, la Chine, la Russie et et tout le reste du monde assistent aussi aux evènements dans le monde arabe...
Il faut le dire tout net, La France doit accepter tous les gens qui viennent des pays arabes mais aussi de la Côte d'iVoire où il n'y avait vraiment pas péril avant leur intervention trop interessée même si on s'évertue dans l'hexagone à prouver le contraire sans convaincre.Ils (Sarko, ONU ,OBAMA) ont créé les conditions de précarité avec leur interventionnisme aveugle et partial.
Il faut maintenant accepter de recevoir ceux qu'on prétendaient sauver en Tunisie, en Egypte mais qui préfèrent s'installer aujuord'hui chez leur sauveur Sarko :) la juste mesure de la chose, n'est-ce pas?
Et dire que les choses ne font que commencer...alors pas de panique, surtout ne pas tripatouiller le fameux traité shengen que les prédecesseurs ont mis du temps à préparer pour une Europe ouverte et plus structurée.
PREVOIR AGIR & CONTROLER et non agir par emotion et se retracter comme la nouvelle politique française entraine toute l'Europe par ces temps-ci exceptée bien entendu l'Allemagne de la lucide Angela Merkel qui garde un oeil bienveillant sur l'histoire, l'histoire de l'Allemagne mais aussi et surtout de l'Europe...

J'espère que vous publierez mon post.
Sincères salutations
Merci

Peu après, au commissariat du

Peu après, au commissariat du 20e...

http://www.youtube.com/watch?v=Vy8rADY9OGQ

migrants

J'approuve la réaction déposée le 5/05/11.
ceux qui s'offusquent n'ont qu'à les prendre en charge à 100 %
C' est regrettable, mais nous ne sommes pas l'hôpital du monde.

migrants

Bonjour, à lire votre article nous les Français et le gouvernement nous sommes coupables, et devrions avoir honte. Mais je vous prie de relire votre article car d'après photo à l'appui ces personnes ne sont pas montés dans un camion mais dans un voir plusieurs bus. Ensuite qui a demandé l'expulsion si ce n'est autre que des personnes de la mairie de Paris, et maintenant ils rejettent le tout sur le gouvernement. Pendant la guerre les "Juifs" avaient beaucoup moins de moyens , de considérations, eux montaient sous les menaces, les coups, les armes dans des camions. Ne faites pas de comparaison SVP. De plus ces personnes arrivent en masse dans notre pays, mais ils savent déjà avant d'y être tous les avantages qu'ils peuvent obtenir. Nous devrions plutôt nous occuper de nos concitoyens dans le besoin et la précarité.Pourquoi ne restent-ils pas chez eux maintenant qu'ils ont obtenu un changement de gouvernance, ils ont beaucoup de choses à faire, je pense qu'il serait plus sage, qu'ils restent dans leur pays pour aider à la reconstruction de celui-ci. Cela serait citoyen et beaucoup plus utile.

 
 
 
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