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Amériques

Le repêchage des corps des passagers du vol AF 447 a débuté

Vidéo par Cécile GALLUCCIO

Texte par Dépêche

Dernière modification : 05/05/2011

Deux jours après la remontée de la seconde boîte noire du vol AF 447 Rio-Paris qui s'était abîmé en mer en juin 2009, un navire dépêché sur la zone du crash a commencé l'opération de repêchage des corps.

AFP - L'opération destinée à repêcher des corps de passagers du vol Rio-Paris d'Air France, engloutis dans l'Atlantique en juin 2009, a débuté mercredi.

Pour l'heure, "à ma connaissance", aucun corps n'a été repêché, a précisé à l'AFP une source proche des recherches, en annonçant le début de l'opération menée par les gendarmes.

Mardi, cette même source, qui avait annoncé que des recherches seraient engagées "d'ici 24 à 48 heures", s'était montrée très prudente quant à leurs résultats, soulignant en particulier la durée d'immersion des corps des victimes de cette catastrophe aérienne, survenue au large du Brésil le 1er juin 2009.

Les raisons de l'accident de l'Airbus A330, toujours inexpliqué et qui avait coûté la vie à 228 personnes, pourraient être connues après l'analyse des deux boîtes noires, repêchées dimanche et lundi. Les débris de l'appareil avaient été localisés début avril à 3.900 mètres de profondeur, sur une zone de 600 mètres sur 200.

La ministre de l'Ecologie et du Développement durable, en charge des Transports, Nathalie Kosciusko-Morizet, avait alors annoncé que "la phase de remontée de l'avion pourra être lancée d'ici trois semaines, un mois", ainsi que celle de "la remontée des corps".

L'état des corps, un problème "épineux"

"Le problème des corps est un peu épineux. Il y a un aspect traumatisant", "on ne sait pas dans quel état ils sont", avait alors tempéré Robert Soulas, vice-président de l'association française des familles de victimes Entraide et Solidarité AF447.

Les familles brésiliennes des victimes du vol d'Air France ont indiqué pour leur part mercredi vouloir que tous les corps des victimes soient remontés à la surface et que les boîtes noires repêchées soient décryptées hors de France.

"Il faut remonter tous les corps", quel que soit leur état, a déclaré à l'AFP le président de l'Association des victimes brésiliennes, Nelson Faria Marinho.

Sur le plan judiciaire, Airbus et Air France ont été récemment mis en examen pour homicides involontaires.

Une explication qui pourrait être imminente

Pour ce qui est de l'enquête technique, menée par le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), l'explication de l'accident pourrait être imminente grâce au repêchage des deux boîtes noires, qui semblent être en bon état et dont les enregistreurs phoniques (Cockpit Voice Recorders, CVR) ont été mis sous scellé judiciaire.

Le président d'Airbus, Tom Enders, espère que les données seront lisibles, une attente partagée par les familles.

"Si on arrive à lire les deux enregistreurs, on arrivera à comprendre ce qui s'est passé", a commenté le directeur du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), Jean-Paul Troadec.

Cela dépendra du phénomène de corrosion qui a pu endommager une partie des données.

La lecture de tout ou partie des données prendra de quelques jours à quelques semaines.

Le repêchage de pièces de l'avion doit aussi démarrer "très prochainement", selon M. Troadec.

A ce jour, les enquêteurs ont déterminé que la défaillance des sondes de vitesse, dites Pitot (fabricant Thales), était l'une des causes de la tragédie. Mais ils estiment que ce dysfonctionnement (givrage à haute altitude) ne peut expliquer à lui seul l'accident.

Les enquêteurs avaient localisé début avril les débris de l'appareil à 3.900 mètres de profondeur, non loin de sa dernière position connue, avant de lancer la semaine dernière les ultimes investigations.

Crédit photo : BEA / www.bea.aero

Première publication : 05/05/2011

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