Dernière modification : 06/05/2011 

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La crise fait les affaires du crime organisé

La crise fait les affaires du crime organisé

Investissements dans les secteurs légaux, mise en place de systèmes écrans... Dans son rapport bi-annuel sur la criminalité organisée, Europol démontre comment les organisations criminelles ont largement profité de la crise.

Par Sébastian SEIBT (texte)
 

L’Europe en crise est un vaste chantier pour le crime organisé. L’office de police criminelle européen Europol démontre, dans son rapport bi-annuel publié mercredi, comment la criminalité organisée s’est adaptée et a même profité de la crise économique. "Malheureusement, aucun secteur du crime organisé n’a souffert pendant cette période, bien au contraire", confirme à France 24 Soren Petersen, porte-parole d’Europol.

La crise profite aux riches : un adage particulièrement vrai pour ces organisations criminelles. "Elles sont assises sur de grosses sommes d’argent et la situation économique européenne leur offrent un grand nombre d’opportunités", souligne Soren Petersen. Ces criminels investissent ainsi dans l’immobilier, effectuent de bonnes affaires en bourse ou rachètent à faibles coûts des sociétés fragilisées, décrit Europol au fil des 38 pages dudit rapport.

"Ces deux dernières années, le crime organisé a fortement diversifié ses activités notamment dans des secteurs légaux", peut-on lire. Ces organisations s’achètent une sorte de respectabilité sur le dos de la crise. Mais pas seulement puisque "dans certains cas, l’acquisition d’entreprises en difficulté permet de se doter d’un réseau neuf de sociétés écrans", estime Soren Petersen. Pour Europol, c’est l’un des principaux enseignements de cette crise.

Draguer les "cols blancs"

Mais le crime organisé a aussi su tirer profit du climat anxiogène dans lequel vit la population. "Lorsque vous risquez de perdre votre emploi et que quelqu’un vient vous proposer un travail très bien payé, même illégal, ils sont plus nombreux aujourd’hui qu’hier à franchir le pas", remarque Soren Petersen. La grande nouveauté est que les organisations criminelles réussissent, de plus en plus, à faire basculer dans l’illégalité des "cols blancs". Des spécialistes des marchés financiers ou des informaticiens sont devenus des cibles de recrutement de choix pour le crime organisé. Le rapport note même que ces criminels viennent débaucher des étudiants à la sortie de leurs études.

L’incertitude économique pousse également certains patrons d’entreprise à fermer les yeux et à laisser plus facilement entrer le loup dans la bergerie. "En proie à des difficultés économiques, des dirigeants d’entreprise sont tentés d'avoir recours à de la main-d’œuvre clandestine moins chère", a remarqué Europol. L'augmentation de 31% de la falsification de billets de banque, ces deux dernières années, s'explique notamment par un nombre croissant d'entreprises "légitimes" qui se laissent corrompre pour participer à la chaîne de production.

Enfin, le trafic de drogue a également prospéré pendant cette période. "Nul doute que des personnes fragilisées par la crise sont tombées dans la drogue", assure Soren Petersen. Ainsi, le prix de la cocaïne "n’a jamais été aussi fort en Europe du nord-ouest [une zone qui comprend, notamment, la France]", écrit le rapport. Les organisations criminelles - auparavant spécialisées dans un ou deux produits - ont aussi diversifié leur offre afin de pouvoir aussi bien fournir des drogues chères que celles bon marché (comme les drogues synthétiques) dans les pays où le niveau de vie a le plus chuté.

Crédit photo : zenboyde3/Flickr

Commentaires (6)

Incompréhension

Si le crime organisé est aussi bien connu, localisé, que ne fait-on pour le désorganiser?Il y a sans doute des comptes bancaires à contrôler dans les dossiers " noirs" des banques?Pour quelles raisons ne peut-on empêcher la mafia d’investir " honnêtement" quand on sait que c'est de l'argent sale? Quand un loup mange des brebis, une battue est organisée...

Les banques et la mafia.

Pendant de nombreuse années en Italie, si on avait besoin d'argent, on n'allait pas voir sa banque, mais la mafia.
Lorsque l'état est en phase de renoncer à tout et de privatiser tout, les structures fortes, comme celles du crime organisé prennent sa place. C'est ce qui est déjà fait en Italie et voit le jour dans les démocraties néo libérales actuelles comme ce fue le cas dans la Russie des années 90. Pour faire échec aux mafias il faut des états forts et des gouvernements energiques. Ce qui semble manquer en Europe actuellement....

Recruement des ex-étudiants.

Ces techniques de faire du porte à porte aux universités et aux écoles a été copié sur les sergents recruteurs de l'armée américaine.

le monde u crime et les cols blancs

l'envie de gagner de l'argent est légitime mais aujourd'hui le fric est roi et l'exemple ne vient pas des politiques qui abusent de leurs acquis ,ne les remettent pas en question et demandent aux pauvres travailleurs honnêtes de se serrer la ceinture alors que les assistes vivent mieux qu'eux;il n'y a plus aucune moralité ni ds la vie ni ds les institutions

Voilà ...

du grain à moudre pour la prochaine campagne électorale, à force d'affaiblir l'Etat, on donne prise au trafics divers, au libéralisme anti écologique, et même à l'affaiblissement des armées pour lutter contre les dictatures fraîchement émergentes...

lutter

Il faut absolument que chaque pays crée une section de dépistage de tout ce qui est illégal, et qui participe le plus à ces pratiques. Un service à rendre incorruptible pour bien découvrir afin de pouvoir agir... Mais aussi créer une unité de justice incorruptible...

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