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Afrique

Pour les ressortissants français, "aujourd'hui, tout rentre dans l'ordre"

Texte par Charlotte BOITIAUX

Dernière modification : 11/05/2011

Un mois après l’arrestation du président sortant Laurent Gbagbo, le quotidien reprend progressivement ses droits à Abidjan. Les ressortissants français qui avaient fui les combats retournent chez eux les uns après les autres.

La crise post-électorale ne serait presque plus qu'un lointain souvenir. Un mois après l’arrestation de Laurent Gbagbo par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) fidèles à Alassane Ouattara qui a mis fin à quatre mois de conflit meurtrier entre les partisans des deux hommes, la vie semble reprendre progressivement son cours à Abidjan. Pour les ressortissants français en tout cas...

FRANCE 24 a recontacté plusieurs d'entre eux qui, il y a quelques semaines encore, témoignaient du climat d’insécurité qui régnait dans la capitale économique ivoirienne.

"Je n'ai plus peur"

"Aujourd’hui tout semble rentrer dans l’ordre", affirme Nadine Arzouni, qui est rentrée dimanche du Sénégal. Elle et ses deux petites filles, "coincées à Marcory [un quartier d’Abidjan, NDLR]" avaient finalement pu fuir les combats le 8 avril. Prises en charge par la force française Licorne, elles avaient été évacuées vers Dakar avant de prendre la décision de revenir à Abidjan. "Je n’ai plus peur, confie-t-elle. Je n’entends plus de coups de feu et ne ressens plus cette pression infernale qui électrisait les rues d’Abidjan." L’eau et l’électricité ont par ailleurs été rétablies et les stations-service, les supermarchés et les banques rouvrent. "Tout reprend le chemin de la normalité", se rassure-t-elle.

Un enthousiasme partagé par Jean-Pierre Gayrard. Le 7 avril, celui-ci affirmait ne pas vouloir quitter le pays, même au plus fort des combats. Aujourd'hui, lui aussi estime que l'heure est à l'accalmie politique et à la reprise économique. "Jusqu’à la semaine dernière, il y avait encore des combats à Yopougon mais, à l’heure où je vous parle, tout est rentré dans l’ordre, même dans ce bastion pro-Gbagbo." Le quotidien reprend ses droits. "Les magasins sont réapprovisionnés, les étals des marchés sont de nouveau achalandés ", explique-t-il. Jean-Pierre a perdu 10 kilos le mois dernier. "Il n’y avait plus grand-chose à manger, mais aujourd’hui tout a changé. Il y a de la nourriture et je n’ai plus peur du tout", raconte-t-il. Directeur artistique, celui-ci a repris son activité professionnelle la semaine dernière, à l’instar des deux filles de Nadine qui retournent à l’école depuis le 26 avril dernier.

"Ne pas traîner trop tard dans la ville"

Carte d'Abidjan (source : RFI)

Toutefois, derrière l'optimisme se cachent encore les stigmates du conflit ivoirien. Selon l’ONU, quelque 900 personnes ont été tuées dans les violences qui ont suivi le refus de Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre. Alors, même si les rues ne sont plus le terrain de violents affrontements entre pro- et anti-Gbagbo, Nadine confesse cependant faire "rapidement" ses courses pour "ne pas traîner trop tard en ville". Cette mère de famille a toujours du mal à croire à la "réconciliation nationale" prônée aujourd’hui par Alassane Ouattara. "À partir de 17h, il y a toujours beaucoup de militaires dans les rues. Je n’arrive pas encore à savoir s’il s'agit de vrais soldats ou bien de miliciens déguisés", explique-t-elle.

Même son de cloche chez Jean-Pierre qui regarde d’un mauvais œil ces nombreux militaires qui patrouillent. "On les voit parfois en train de boire dans les cafés, ce n’est pas franchement rassurant", raconte-t-il.

Mais finalement, seul Thomas, lui aussi contacté début avril par FRANCE 24, n’est pas rentré à Abidjan. Ce ressortissant, qui s’était dit "dégoûté" par la prise en charge des autorités françaises début avril, a décidé de rester à Paris. "Imaginez que les affrontements reprennent, il est hors de question que je revive l’enfer duquel je viens de sortir", explique-celui-ci.

La vie économique reprend en Côte d'Ivoire, un mois après la chute de Laurent Gbagbo

Première publication : 10/05/2011

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