Dernière modification : 11/05/2011 

- Finance - Grèce - Zone euro


110 milliards d’euros plus tard, Athènes cherche toujours de l’argent

La Grèce va sans doute avoir besoin d’une nouvelle aide financière pour éviter la banqueroute. L'an dernier pourtant, l’Union européenne et le FMI lui prêtaient 110 milliards d’euros. Pourquoi cette somme n’a-t-elle pas suffi ?

Par Christophe DANSETTE (vidéo)
Sébastian SEIBT (texte)
 

L’Union européenne (UE), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque centrale européenne (BCE) sont de nouveau au chevet de la Grèce. Des représentants de chacune de ces trois institutions sont arrivés à Athènes, ce mardi, pour essayer de comprendre pourquoi les 110 milliards d’euros promis au pays en mai 2010 pour le sortir de la crise financière dans laquelle il est englué ne suffisent pas à le sauver. Une fois cette énigme résolue, ils se pencheront également sur la possibilité de lui accorder un nouveau soutien.

Bien que la Grèce n’ait pas encore fini de toucher l’intégralité des fonds du premier plan de sauvetage qui lui a été octroyé, le scénario est de plus en plus probable, car le pays risque de ne pas pouvoir lever des fonds sur les marchés financiers comme le prévoyait le plan de sauvetage international de 2010.

Athènes devait en effet recommencer à trouver de l’argent sur les places financières à partir de 2012 - environ 24 milliards d’euros -, en plus des 110 milliards d’euros qui lui ont été accordés.  Or, "rien n’indique qu'elle pourra le faire à cette date puisque les taux ont plutôt tendance à augmenter depuis un an", explique Céline Antonin, spécialiste de la Grèce à l’Office français des conjonctures économiques (OFCE), avant de poursuivre : "Si les marchés avaient joué le jeu, le plan d’aide aurait dû fonctionner"...

Et pour cause : le pays n'a pas ménagé sa peine pour tenter de redorer son blason économique afin de rassurer les investisseurs. Il a utilisé l’argent prêté par l’UE pour rembourser une partie de ses dettes et commencer à assainir ses comptes. Les autorités ont également lancé un vaste plan de privatisations qui doit rapporter 15 milliards d’euros d’ici à la fin de 2013 et les Grecs sont soumis à un plan de rigueur draconien qui s’est traduit par des manifestations monstres en 2010 contre le gouvernement. Autant de mesures qui ont permis à Athènes de réduire son déficit de 5 points en un an entre 2009 et 2010 (de 15,4 % à 10,5 % du PIB).

Des marchés "court-termistes"

Ces signaux n’ont pourtant pas suffi. "Les marchés pensent que la Grèce va devoir restructurer sa dette et refusent de lui prêter de l’argent à des taux décents", explique Céline Antonin. L’UE et le FMI espéraient que la Grèce pourrait se financer à partir de 2012 à des taux aux alentours de 5,5%. Ils sont actuellement à 15 %... « Les marchés financiers ne réfléchissent qu’à court terme, alors que le plan de sauvetage permet d’aplanir la situation à moyen terme", juge Céline Antonin. Or, à court terme, le déficit de la Grèce reste très élevé tandis que sa dette publique a bondi de 115 % à 150 % du PIB entre 2009 et 2010.

Cette méfiance des marchés est par ailleurs un coup dur pour l’Europe. Si les plans de sauvetage ne réussissent pas à rassurer les marchés, à quoi servent-ils ? La question est d'autant plus importante que deux autres pays de l'Union, le Portugal et l'Irlande, ont également bénéficié d'un plan d'aide de l'UE et du FMI. "Il doit y avoir à l’heure actuelle en Irlande et au Portugal des responsables qui espèrent que les marchés vont voir un peu plus loin que le bout de leur nez", conclut Céline Antonin.

Commentaires (9)

Dette Grecque

Que l' ensemble des Grecques payent leurs impôts et la dette sera déjà comblée à 50%. Rajouter le remboursement que devrait faire les politiques qui ont gouvernées durant des années avant le crash et la banque qui a falsifiée les comptes et je pense qu' il n' y aura vraiment plus de dette.

Je ne suis pas d'accord, la

Je ne suis pas d'accord, la Grèce est le terrain de jeu des spéculateurs. On ne compte pas les milliards que les banques allemandes ou autres se sont fais en profitant de la situation. Alors ok on abandonne la Grèce à son sort mais l'Europe sa vaut quoi alors? De la merde et puis c'est tout.

A part DSK

Tout le monde et les Grec en premier savaient que le pays allait droit dans le mur. Souhaitons que la France ne suive pas ce brillant économiste en 2012

C'est ton problème, ne le transfert pas

Certains pays, dont la Grèce, ont tiré sur la corde de nombreuses années en jouant à la cigale. Ce n'est pas à ce qui ont joué à la fourmi de payer les pots cassés. Il y a des règles qu'ils ont bafoués en manipulant et trichant, c'est leur problème. Traiter les pays qui vont bien, de profiteur, égoïste ou autres est méprisable. L'Allemagne et autres pays nordiques devraient taper du poing sur la table.

A propos des fonctionnaires ...

juste pour signaler que ce n'est pas leur rôle (s'il est vrai que la Commission dispose de large compétence en matière de contrôle budgétaire, elle ne dispose pas des compétences nécessaires pour vérifier ceux des états-membres).

Ne pas "blâmer les Grecs" serait, dans le fond, continuer à fermer les yeux sur l'incapacité de précédents gouvernement Grec à imposer un véritable rigueur budgétaire ...

S'ils commençaient déjà par imposer une politique fiscale réaliste ils dégageraient probablement de plus amples recettes (ouioui, la fraude fiscale en Grèce atteint des proportions vraiment affolantes). La Grèce vit largement au dessus de ses moyens depuis trop longtemps !

En ce qui concerne le salaire des fonctionnaires, rien ne vous empêche de postuler, de sacrifier toutes vos vacances, période de temps libre, ainsi qu'une bonne partie de votre jeunesse sur les bancs d'une université et de bosser comme un fou pour préparer le concours ...

Je trouve toujours minable cette jalousie récurrente à l'égard de ceux qui ont réussi !

subprimes grecques !

l’europe a mis la méthode de Keynes en application. de la même manière qu’une personne grosse peut faire disparaître ses bourrelets sous un quintal de masse adipeuse, l’état grec s’est endetté pour…. se désendetté…
comble de l’ironie, aucun plan de rigueur n’a abordé le désengagement de l’état et la réduction des taxes, impôts et services. l’état a voulu garder sa vache sacrée en fouettant les citoyens pour que ceux ci dépassent l’étalon. Le libéralisme économique qu’on doit a F.A.Hayek, Adam Smith et autres sont responsables de création de richesse. De plus, le taux est proportionnel au risque, pourquoi prêter à GRAND RISQUE pour de petit rendements.. La grêce ne représentant que 2 % de l’économie européenne et aurait du faire faillite. On aurait du écouter les allemands.

La mise en situation

Avec la mesure préconisée par la grêce, les taux d’emprunt de la grêce seraient fixés aux environ de 8% (+5% du taux de la BCE qui est actuellement de 3% par exemple). C’est un taux similaire à celui offert dans les institutions financières pour un prêt commercial ou personnel avec garantie et côte de crédit. Par contre, quand on fait un prêt en institution financière, il y a une enquête de crédit et plus souvent qu’autrement on doit offrir une garantie. Somme toute, si le coût du crédit dans une banque est plus faible que celui des marchés c’est parce que la banque prend moins de risque puisque ce prêt est conditionnel.

Donc, avec la mesure pro-grêce, le gouvernement aurait accès à un crédit bon marché obligatoire que la BCE et le FMI devraient trouver à la grêce même si le marché doit prendre plus de risque puisque le prêt est fait par l’intermédiaire de l’union européenne.

Les conséquences ?

Puisque le crédit serait moins cher, cette mesure facilitera l’accès au crédit et, par conséquent, on réalisera qu'on a incité le gouvernement à s’endetter. Quand on sait que le taux sur une Debenture BBB ou C sera de 8% au lieu du 20% habituel, on est plus disposé à utiliser ce mode de paiement i.e. moins une chose est cher, plus on a tendance à la sur-utiliser. C’est d’ailleurs l’objectif avoué de cette mesure socialiste-keynesienn, on veut que l’utilisation de l’endettement soit moins douloureux pour "stimuler l'économie par la dette"(hérésie keynesienne avouée)

Qui veut faire l’ange fait la bête

Puisque cette mesure va encourager l’utilisation de l'endettement, il y aura invariablement une augmentation du nombre de défauts de paiements puisque contrairement aux prêts avec garanties(ce qui s'est passé et que j'avais prédit) , cette forme de crédit comporte plus de risques pour les investisseurs et le marché dans son ensemble.

Comment les investisseurs pourraient-ils réagir ?

Le comportement responsable consisterait à réduire de manière significative les marges du gouvernement Grec ou encore donner des marges uniquement aux départements qui représentent un risque minimum et un revenu en rapport avec un service. Mais cette solution irait à l’encontre de la mesure des pro-grecs qui veulent faciliter l’accès à l’endettement étatique, on peut donc imaginer une loi qui obligerait la BCE à émettre un prêt au gvt grec à tout azimut. De plus, les banques, les investisseurs et le marché font de l’argent en prêtant de l’argent, donc en limitant le taux à l’émission du crédit, on limiterait du même coup les profits et la levée de fonds(ce que Mme Antonin ne comprend visiblement pas)

De manière réaliste, la réaction des banques investissant pour aider la BCE dans le marché obligataire Grec serait probablement la suivante: « we are too big to fail » ! Donc, il ne serait pas étonnant que les banques(ou les états) décident de prendre d’énormes risques avec leur endettement dans l’espoir d’encaisser des profits le tout étant assuré par la BCE puisqu’en cas de défauts de paiement massifs, celles-ci pourraient compter sur l’aide de l’État ou de l’union européenne pour les sauver de la faillite.

L’histoire se répète…

Les lecteurs les plus allumés ont probablement déjà compris que la mesure préconisée par Céline Antonin équivaut à la mise en place d’un système de « sub-prime » similaire à celui qui a causé une crise économique aux États-Unis ! N’oublions pas que cette crise a été provoquée par le système de réglementation qui a obligé les banques de faire du crédit risqué aux gens qui voulaient s’acheter une maison, on a vu le résultat (le dossier complet ici). Aux États-Unis la crise est venue du marché immobilier; avec l'europe et la BCE aux commandes d'une politique socialiste, la dette gouvernementale tuera l'épargne.

Mais quand on est devant un journaliste, il est plus facile de faire de la démagogie et du populisme et de blâmer le marché i.e. s’adresser aux émotions des gens, plutôt que d’essayer d’avoir une conservation s’adressant à leur raison.

Keynes approuvé par la BCE

l'europe a mis la méthode de Keynes en application. de la même manière qu'une personne grosse peut faire disparaître ses bourrelets sous un quintal de masse adipeuse, l'état grec s'est endetté pour.... se désendetté...
comble de l'ironie, aucun plan de rigueur n'a abordé le désengagement de l'état et la réduction des taxes, impôts et services. l'état a voulu garder sa vache sacrée en fouettant les citoyens pour que ceux ci dépassent l'étalon. Le libéralisme économique qu'on doit a F.A.Hayek, Adam Smith et autres sont responsables de création de richesse. De plus, le taux est proportionnel au risque, pourquoi prêter à GRAND RISQUE pour de petit rendements.. La grêce ne représentant que 2 % de l'économie européenne aurait du faire faillite. On aurait du écouter les allemands.

La mise en situation

Avec la mesure de de la grêce, les taux d'emprunt de la grêce seraient fixés environ de 8% (+5% du taux de la BCE qui est actuellement de 3% par exemple). C’est un taux similaire à celui offert dans les institutions financières pour un prêt commercial ou personnel avec garantie et côte de crédit. Par contre, quand on fait un prêt personnel en institution financière, il y a une enquête de crédit et plus souvent qu’autrement on doit offrir une garantie. Somme toute, si le coût du crédit dans une banque est plus faible que celui des marchés c’est parce que la banque prend moins de risque puisque ce prêt est conditionnel.

Donc, avec la mesure pro-grêce, le gouvernement aurait accès à un crédit bon marché même si le marché doit prendre plus de risque puisque le prêt est fait par l’intermédiaire de l'union européenne.

Les conséquences ?

Puisque le crédit serait moins cher, cette mesure faciliterait l’accès au crédit et, par conséquent, on a incité le gouvernement à s’endetter. Quand on sait que le taux sur une Debenture BBB ou C sera de 8% au lieu du 20% habituel, on est plus disposé à utiliser ce mode de paiement i.e. moins une chose est cher, plus on a tendance à la sur-utiliser. C’est d’ailleurs l’objectif avoué de cette mesure socialiste-keynesienn, on veut que l’utilisation de l'endettement soit moins douloureus:

Qui veut faire l’ange fait la bête

Puisque cette mesure va encourager l’utilisation de la carte de crédit, il y aura invariablement une augmentation du nombre de défauts de paiement puisque contrairement aux prêts personnels, cette forme de crédit comporte plus de risque pour les investisseurs et le marché dans son ensemble.

Comment les investisseurs pourraient-elles réagir ?

Le comportement responsable consisterait à réduire de manière significative les marges du gouvernement Grec ou encore donner des marge uniquement aux départements qui représentent un risque minimum et un revenu. Mais cette solution irait à l’encontre de la mesure des pro-grecs qui veulent faciliter l’accès à l'endettement étatique, on peut donc imaginer une loi qui obligerait la BCE à émettre un prêt au gvt grec. De plus, les banques font de l’argent en prêtant de l’argent, donc en limitant l’émission du crédit, on limiterait du même coup les profits.

De manière réaliste, la réaction des banques seraient probablement la suivante: « we are too big to fail » ! Donc, il ne serait pas étonnant que les banques(ou les états) décident de prendre d’énormes risques avec leur endettement dans l’espoir d’encaisser des profits puisqu’en cas de défauts de paiement massifs, celles-ci pourraient compter sur l’aide de l’État ou l'union européenne pour les sauver de la faillite.

L’histoire se répète…

Mes lecteurs les plus allumés ont probablement déjà compris que la mesure préconisée Céline Antonin équivaut à la mise en place d’un système de « sub-prime » similaire à celui qui a causé une crise économique aux États-Unis ! N’oublions pas que cette crise a été provoquée par le système de réglementation qui a obligé les banques de faire du crédit risqué aux gens qui voulaient s’acheter une maison, on a vu le résultat (le dossier complet ici). Aux États-Unis la crise est venue du marché immobilier; avec le NPD elle viendrait plutôt du marché des cartes de crédit.

Mais quand on est devant un journaliste, il est plus facile de faire de la démagogie et du populisme et de blâmer le marché i.e. s’adresser aux émotions des gens, plutôt que d’essayer d’avoir une conservation s’adressant à leur raison.

Ce n'est pas un jeu pour bureaucrates

"Les marchés ne jouent pas le jeu"..." ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez" ; autant d'angélismes aveugles : ce ne sont pas les bons sentiments qui mènent la finance mais l'intérêt. Ce court terme n'est que le reflet de la masse insensée de capitaux qui, n'ayant pas d'autre emploi, cherchent à se placer au mieux. Alors seules des actions fortes, incontournables, peuvent avoir un effet. On ne laisse pas circuler les gens dangereux, alors pourquoi les capitaux sont-ils aussi libres!

incompetence des fonctionnaires europeens

Ces fonctionnaires europeeens , grassement remuneres s'averent incapables de verifier soigneusement les comptes des Etats joingnant l'Union Europeenne .
Que de l'incompetence et ce ne sont pas les Grecs qu'il faut blamer !

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