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Afrique

Pierre Marziali, fondateur de la société de sécurité privée Secopex

Vidéo par Lise Pressac

Texte par Dépêche

Dernière modification : 13/05/2011

Pierre Marziali, le Français tué jeudi à Benghazi lors d'un contrôle de police était le président fondateur de Secopex, une société de sécurité privée. Habituée à opérer dans les zones en guerre, la société était en contact avec les rebelles libyens.

AFP - Le Français tué jeudi à Benghazi est un ancien militaire, fondateur et responsable d'une société de sécurité privée française employant d'anciens militaires, a-t-on appris de sources spécialisées dans les milieux de sécurité privée.

Agée de 47 ans, la victime avait fondé en 2003 la Secopex, qui se présente sur son site internet comme une "société d'appui stratégique et opérationnel" et est installée à Carcassonne.

Contactée par l'AFP, la Secopex a reconnu avoir des hommes présents à Benghazi mais s'est refusée à tout autre commentaire. Quatre autres Français ont été arrêtés.

La victime, Pierre Marziali, fut sous-officier chez les parachutistes du troisième RPIMa de Carcassonne. Parmi les quatre Français arrêtés, figurent également deux anciens sous-officiers de ce régiment d'élite.

Selon les sources spécialisées dans les milieux de sécurité privée, les activités de la société ont à plusieurs reprises suscité l'intérêt des services de renseignement français, la Direction centrale du Renseignement intérieur et la Direction de la Protection de la Sécurité de la Défense.

En 2008, dans un entretien avec l'AFP, Pierre Marziali affirmait que sa société était capable de "lever 2.000 personnes mobilisables" dans une quarantaine de métiers allant des plongeurs, linguistes ou pilotes d'avions et infirmiers.

Il avait alors annoncé avoir conclu un contrat avec les autorités somaliennes pour lutter contre la piraterie maritime, avec notamment "la création d'une unité de garde-côtes" et "la formation de la garde" du président Abdullahi Yusuf Ahmed. Mais aucune activité concrète ne semble en avoir découlé, a affirmé une des sources interrogées par l'AFP.

Secopex avait par ailleurs conclu un "juteux contrat", quelques jours avant sa chute, avec l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo.

Selon une de ces sources, Pierre Marziali avait un rendez-vous avec des responsables des rebelles libyens à Benghazi, rendez-vous auquel il ne s'est jamais rendu.

Si les activités de conseil et de formation militaires sont autorisées, la fourniture de mercenaires à l'étranger est interdite par la loi française depuis 2003.

Dans une interview à France 24 en octobre 2010, Pierre Marziali expliquait que "notre théâtre d'opérations, ce sont avant tout les zones déstabilisées, les zones en guerre ou les zones post-crises" et que "nous n'avons pas de prestations en France parce qu'en France, ça ne se justifie pas".

"C'est du conseil militaire privé et du soutien opérationnel, mais nous sommes amenés également plus largement à fournir des prestations de sécurité", ajoutait-il, relevant qu'il y a un "vide juridique en France" sur les Sociétés militaires privées.

L'autre problème, assurait alors Pierre Marziali, concerne la réglementation sur l'emploi des armes à feu en France, d'où l'installation d'une base d'entraînement au tir de la Secopex en République tchèque.

Première publication : 13/05/2011

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