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FRANCE

Les journalistes Ghesquière et Taponier retenus en otages depuis 500 jours

Vidéo par France 2

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 13/05/2011

Les deux journalistes de France 3, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, et leurs trois accompagnateurs, sont détenus par leurs ravisseurs afghans depuis 500 jours. De nombreuses manifestations de soutien se tiennent dans plusieurs villes de France.

C’était il y a 500 jours. Le 29 décembre 2009, les journalistes de France 3 Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière étaient enlevés avec leurs trois accompagnateurs afghans à 60 kilomètres de Kaboul. Ils étaient en train de tourner des images sur les Taliban en Afghanistan pour le magazine “Pièces à conviction”.

Ce vendredi, au 500e jour de leur captivité, des manifestations se déroulent dans toute la France pour appeler à la libération et interpeller l’opinion publique sur la dangerosité de leur métier. La mobilisation est d’autant plus importante que les inquiétudes grandissent quant à leur sort.

"Les négiociations se poursuivent avec les ravisseurs"

En avril, Oussama Ben Laden, chef de file de l’organisation terroriste Al-Qaïda, prévenait dans une vidéo que le refus de Paris de retirer les troupes françaises d’Afghanistan donnait “un feu vert” à leur assassinat. Et la mort de l’ennemi public numéro un, le 1er mai, n’a fait que renforcer les craintes de voir les menaces mises à exécution. Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a admis que la disparition de Ben Laden compliquait les négociations.

L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a demandé au gouvernement de s’impliquer davantage pour la libération des deux journalistes, en plaidant notamment leur cause auprès des autorités du Pakistan, puisque “ceux qui sont en mesure d’obtenir leur libération” s’y trouvent “certainement”, écrit l’organisation dans un communiqué.  

Un journaliste afghan cité par RSF sous couvert d’anonymat estime, lui, que la mort de Ben Laden pourrait au contraire être une source d’espoir pour Taponier et Ghesquière : “les ravisseurs pourraient perdre une partie de leur soutien financier, ce qui pourrait les pousser à abandonner leurs revendications politiques et demander une rançon à la place.”

2010, une année difficile pour les journalistes

Selon RSF, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière sont les deux seuls journalistes retenus en otages à l’heure actuelle dans le monde. Ce qui ne veut pas dire que les conditions de travail des journalistes s’améliorent. En 2010, 57 reporters ont été tués dans l’exercice de leur métier, et 171 ont été emprisonnés. 

"La confiance envers les autorités s'émousse."
En 2011, ces chiffres devraient encore gonfler. Les révolutions dans le monde arabe ont fait de nombreuses victimes parmi les professionnels de la presse. “Il n’y a jamais eu autant de journalistes arrêtés et assassinés dans les pays arabes que depuis le début de l’année”, a souligné le secrétaire général de RSF lors d’une conférence de presse organisée jeudi.

Les reporters de FRANCE 24 n’ont pas été épargnés par cette violence dirigée contre les détenteurs de la carte de presse. Nos envoyés spéciaux en Égypte, Johan Bodin, Adel Gastel et Gallagher Fenwick, ont été arrêtés et violentés par la police quelques jours avant la chute du président Hosni Moubarak, le 11 février. Ils on été remis en liberté après 36 heures de détention.

D’autres journalistes ont connu des situations bien pires. En Libye, le photojournaliste britannique Tim Hetherington et son confrère américain Chris Hondros ont payé de leur vie leur amour du métier en couvrant les violents combats dans la ville libyenne de Misrata.  

Toujours en Libye, les journalistes américains Clare Morgana Gillis et James Foley ont été arrêtés, le 5 avril, par les forces loyales au colonel Kadhafi en compagnie du photographe espagnol Manuel Bravo. Ils n’ont toujours pas été libérés. Et on est toujours sans nouvelles du photographe sud-africain Anton Hammerl, qui aurait été arrêté le même jour en Libye.

De même, le sort de la reporter canadienne Dorothy Parvaz reste incertain. Appréhendée par les autorités syriennes à son arrivé à Damas, le 29 avril, elle aurait été transférée en Iran depuis. Autant de cas qui illustrent le prix à payer pour informer...

FOCUS : retour sur la mobilisation depuis l'enlèvement

Première publication : 13/05/2011

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