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FRANCE

Le Parti radical de Borloo se sépare de l'UMP

Texte par Dépêche

Dernière modification : 14/05/2011

Adoptée par 93 % des votants du Parti radical, une motion décide de l'indépendance du mouvement à l'égard de l'UMP, de son entrée dans la Confédération des centres, et presse Jean-Louis Borloo, son leader, de se porter candidat à la présidentielle.

AFP - Le Parti radical a voté samedi à Paris lors de son 111ème congrès son entrée dans la Confédération des centres et son indépendance vis-à-vis de l'UMP, tout en ménageant l'avenir, en attendant l'éventuelle candidature de son leader Jean-Louis Borloo à la présidentielle.

Le millier de délégués radicaux a adopté une motion décidant "dès à présent l'indépendance du Parti radical à l'égard de l'UMP" et "la constitution d'une Alliance républicaine, écologique et sociale".

Le texte, adopté par 93% des votants (4% se prononçant contre et 3% s'abstenant), demande également à "Jean-Louis Borloo de se porter candidat à l'élection présidentielle de 2012". Il valide enfin des orientations d'un manifeste qui constituera l'apport des radicaux à la nouvelle alliance.

"Je suis serein car je n'ai jamais vu le PR manquer un rendez-vous avec l'histoire", avait lancé Jean-Louis Borloo avant le vote.

Après le scrutin, il a salué une décision "qui vous oblige et m'oblige". "Oui, il y a à compter d'aujourd'hui une nouvelle offre politique française", a-t-il dit.

Sur sa candidature à la présidentielle, Jean-Louis Borloo a annoncé qu'il se prononcerait entre l'été et l'automne.

"J'ai bien entendu le message. Laissez-moi y réfléchir encore un peu car ce sont des choses graves, des responsabilités importantes qui n'engagent pas que moi-même", a-t-il ajouté.

"Mais ne comptez pas sur moi pour renier les neuf années de gouvernement, j'assume la solidarité gouvernementale de cette époque-là, comme nous assumons la majorité et ce qui a été fait de nécessaire pour le pays", a également déclaré l'ex-ministre de l'Ecologie.

Le Parti radical était associé à l'UMP depuis sa création en 2002.

S'il est toujours resté un parti de plein exercice, son financement était constitué pour l'essentiel de subventions versées par l'UMP (1 million d'euros) et les investitures électorales étaient communes.

La double adhésion (radical-UMP) a également été de règle jusqu'en 2007 où elle est devenu optionnelle. Résultat: aujourd'hui, 50% des membres du PR qui revendiquent 12.000 adhérents, ne sont déjà plus à l'UMP.

Pour les autres, dont les parlementaires, le PR a prévu la possibilité de conserver la double appartenance jusqu'au 31 décembre 2011, date de la fin du contrat les liant à l'UMP. De son côté, la Confédération a prévu d'accepter des UMP sous le statut de "membres associés".

De quoi rassurer certains députés inquiets du virage stratégique pris par Jean-Louis Borloo.

D'ici fin 2011, les parlementaires devraient être fixés sur la volonté de leur président de s'engager dans la présidentielle. C'est cette décision qui engagera la vraie rupture des radicaux avec l'UMP.

Sans attendre, le député Yves Jégo a annoncé la création à l'automne d'un groupe parlementaire autonome de 40 à 50 députés pour la future confédération qui prendrait le nom de "l'Alliance".

Le Nouveau Centre, membre de la future Confédération, a salué la prise d'indépendance de son partenaire, "conséquence de la droitisation" de l'UMP.

Le président du MoDem, François Bayrou, qui tenait le même jour un conseil national, a ironisé sur "la danse du centre" et fustigé "l'ambiguïté" et la confusion au sein de la galaxie centriste.

"On ne peut pas être en même temps dedans et dehors, on ne peut pas être en même temps contre et pour, on ne peut pas dire on se sépare et pourtant conserver ce qu'ils appellent pudiquement la double appartenance", a ajouté l'ex-patron de l'UDF.

Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, s'est également amusé du "clownesque feuilleton médiatique" des radicaux.

Première publication : 14/05/2011

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