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FRANCE

L'affaire DSK ébranle la scène politique française

©

Texte par FRANCE 24 avec dépêches

Dernière modification : 17/05/2011

Les réactions politiques à l'inculpation aux États-Unis du patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, pour agression sexuelle et tentative de viol n'ont par tardé à fuser de part et d’autres de l’échiquier politique français. Extraits.

L’arrestation et l’inculpation d'agression sexuelle, de tentative de viol et de séquestration de Dominique Strauss-Kahn, dimanche, par le parquet de New York, a fait l’effet d’une bombe en France.  Les réactions n’ont pas tardé à fuser de part et d’autres de l’échiquier politique français, d’autant plus, que l’ancien ministre socialiste apparaissait comme le favori des derniers sondages pour la présidentielle de 2012.


Prudence à gauche

À gauche, malgré le choc, la prudence est au rendez-vous. Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, s’est dite "totalement stupéfaite" par l’affaire DSK qu’elle a qualifié de "coup de tonnerre".

Elle a appelé "à respecter la présomption d'innocence et à garder la décence nécessaire", devant quelques journalistes à Lille, ville dont elle est maire. Très prudente également, Ségolène Royal, candidate à la primaire socialiste, a évoqué "une nouvelle bouleversante à propos de laquelle tout reste à vérifier". La rivale malheureuse de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007 a déclaré sur Europe 1, que "cet homme doit être respecté, sa famille doit être respectée". François Hollande, lui aussi candidat à la primaire, a parlé de "retenue", évoquant une "terrible nouvelle". Enfin, le député strauss-kahnien Pierre Moscovici a recommandé dimanche "la prudence et la décence", qualifiant cette nouvelle de "choc qui nous bouleverse", dans un entretien accordé à l'AFP.
              
"Attendons la version des faits de DSK. Je le connais depuis 30 ans, ça ne ressemble pas à ce que je connais de lui. J'ai une pensée pour sa famille et pour lui dans cette épreuve", a-t-il ajouté.

De son côté, Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche, a confié à l'AFP qu'il était "consterné". "Je souhaite que ce soit faux car le viol est un crime. Il y aurait alors une victime", a-t-il poursuivi, estimant que "c'est déjà assez de l'humiliation que cette information provoque parmi les siens". "J'appelle à la retenue. Ne jugeons pas avant de savoir", a-t-il conclu.

"Un président qui aurait ressemblé à Berlusconi"

C'est humiliant pour la France, c'est désastreux. Qu'il le veuille ou non, DSK représentait notre pays.

Bernard Debré, député UMP


Sans surprises, l’affaire DSK a provoqué des réactions beaucoup plus tranchées du côté de la droite et de l’extrême-droite. Bernard Debré, député UMP de Paris, a tiré à boulets rouges sur le patron du FMI. "C’est humiliant pour la France, c'est désastreux. Qu'il le veuille ou non, DSK représentait notre pays", a-t-il affirmé sur l’antenne de FRANCE 24. S’il a reconnu que le socialiste était présumé innocent, il a tout de même déclaré que "les faits plaident contre cet homme" dont "on connaît les penchants".

Interrogé sur l’avenir présidentiel de DSK, le député de Paris répond crûment. "Mon Dieu, vous vous rendez compte, on aurait eu un président qui aurait ressemblé à Berlusconi qui faisait des partouzes par-ci et par-là", a-t-il dit. "Si les faits sont avérés, il faut qu’il se soigne pour éviter d’avoir des pulsions incontrôlées et immondes, c’est pathologique", a-t-il conclu.

Seul membre du gouvernement à réagir pour l'instant, le secrétaire d'État au Commerce extérieur, Pierre Lellouche, a déclaré sur i-télé qu'il fallait "accorder à Dominique Strauss-Kahn la présomption d'innocence et laisser se dérouler la procédure. "Si tout cela était avéré, ce serait accablant", a-t-il ajouté.

Le président du MoDem, François Bayrou, y a vu quelque chose "de confondant, navrant et infiniment troublant". Il a également fait valoir que si les faits étaient "vérifiés", il s'agirait de "comportements dégradants à l'égard d'une jeune femme et des femmes en général".

Pour Marine Le Pen, présidente du Front national, le patron du FMI est "définitivement discrédité comme candidat à la plus haute fonction de l'État" alors que, selon elle, "tout Paris, le Paris journalistique, le Paris politique, bruissent depuis des mois des rapports légèrement pathologiques que M. Strauss-Kahn semble entretenir à l'égard des femmes".


 

Première publication : 15/05/2011

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